21 février, 2017

Gonzague de REYNOLD : Comment Nicolas Omli, de Stans, perdu dans la montagne, en hiver, vécut plus de six jours sans prendre de nourriture

Classé dans : lecture, ecriture — unpeudetao @ 5:14

« Nicolas Omli, c’est mon nom. Je suis né et j’ai vécu honnêtement à Stans, dans le Nidwald. Je gagnais ma vie avec mon petit domaine. Je vendais au marché, le mercredi et le samedi, quand c’était la saison, les légumes de mon jardin. Je vendais aussi, à domicile, du vin en cruche.

Au commencement de l’hiver, en l’an du Seigneur mil six cent vingt et sept, il me fallut entreprendre un voyage à Rivaz, sur le Léman, dans le Pays de Vaud, canton de Berne, car je n’avais plus de vin. Je me préparai : je mis de l’argent dans ma bourse, je revêtis un habit chaud et je n’oubliai pas mon bâton de montagne.

Je mis aussi le bât à mon cheval, avec, à droite et à gauche, deux tonneaux vides, et je commandai au garçon de m’accompagner, pour tenir le cheval et veiller aux tonneaux.

Je dis à la maison : « Dans deux semaines je serai de retour avec la provision. » Hélas ! Nul ne songeait au malheur, car le malheur arrive quand on y pense le moins, mais lorsque Dieu le veut.

Nous allons à Sarnen, nous passons le Brunig, nous longeons les deux lacs. Le cinquième de novembre, nous faisons halte à l’auberge de Gessenay : nous voulions franchir la montagne le lendemain, pour redescendre du côté des Velches. Avant de monter dormir, j’appelai mon compagnon : « Je partirai de bonne heure ; j’irai seul en avant par un sentier plus court. Toi, tu me rejoindras avec le cheval par la grand-route. »

Ni le garçon, ni le cheval, ils ne devaient plus me revoir. Ils me dirent encore adieu : ah ! qu’ils avaient raison ! Je suivis un moment la grand-route, je pris le sentier, je passai le pont sur la Sarine. Le froid piquait au nez, il y avait beaucoup de neige. Je pensais traverser le col.

Et comme ça, je marchai longtemps. Je m’arrêtai pour manger mon pain et ma viande séchée et, quand j’eus tout mangé, je continuai droit en avant. Je ne voyais plus de sentier et je brassais la neige : j’en avais bien jusqu’aux genoux. J’étais si fatigué que je dus m’asseoir : alors, moi, Nicolas Omli susnommé, je compris que je m’étais égaré.

Je me dis : « Tenons à droite. » Je tins à droite, au milieu des rochers, et j’entrai dans une petite vallée. Ce n’était pas le col ; la nuit tombait et tout gelait autour de moi.

Ce qui m’est arrivé, je le sais trop moi-même pour ne pas vous le raconter : j’ai voulu escalader la pente pour voir si de là-haut, je ne découvrirais pas le bon chemin ; j’ai glissé, j’ai roulé ; en arrivant en bas, je me suis cassé la hanche.

Chrétiens qui m’écoutez, je suis demeuré là cinq jours. Mon sang s’était pris autour de moi et j’étais collé aux pierres. Je coupai ma chemise pour me faire un bandage. J’avais mon chapelet bénit à Notre-Dame des Ermites : je priai Je rosaire et, sans la grâce et le secours de Dieu, je serais bien mort tout de suite. Mais, le sixième jour, il me vint une soif que je ne pouvais plus endurer.

Je rampai sur mes mains, je rampai jusqu’en haut. Il y avait un lac, il était gelé : or, j’avais mon couteau et je fendis la glace. Je bus avec délices ; c’est pourquoi je remerciai Dieu de Sa bonté.

Mais l’eau était si froide qu’elle me donna la fièvre. Je trouvai une étable à cochons pour abri. Elle était vide, elle n’avait plus de porte, le vent soufflait dedans et je grelottais sur une planche. Ma blessure me brûlait, mais je ne sentais plus mon ventre, ni mes jambes. J’avais les ongles et les doigts bleus.

La nuit, j’eus une sueur et je me mis à parler tout seul. Je croyais que j’étais à Stans, dans mon jardin : je coupais des choux avec mon couteau et je les jetais dans mon panier, car c’était matin de marché, et je disais à mon garçon de grimper à l’arbre pour secouer les pommes.

Et puis, je croyais que j’étais à l’auberge. Le landaman déclarait qu’on aurait la guerre, et je voulais boire à mon gobelet, mais il était si lourd que je n’arrivais point à le soulever, et les amis se moquaient de moi en disant : « Tu as le bras gelé. »

Et puis, je me croyais à Notre-Dame des Ermites, devant la sainte chapelle. Je priais la Vierge noire : elle était revêtue d’une robe de soie rouge à franges d’or ; il y avait tant de cierges autour d’elle que j’étais ébloui, que les yeux me piquaient et que la tête me faisait mal. J’étais à genoux, je la suppliais de me sauver ; je lui promettais une chandelle verte et un cœur d’argent ; je promettais aussi des messes. Elle me répondait : « Cela va venir, encore un peu de patience et tu seras délivré. » Alors, je ne vis plus rien et je n’entendis plus qu’un bourdonnement.

Le lendemain, Andréas Trüthardt me découvrit : c’était le douzième jour de novembre. J’étais vivant encore : cela démontre bien que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais surtout de la grâce de Dieu, et que la parole du Seigneur nourrit l’âme et le corps.

Andréas Trüthardt fut charitable à l’exemple du bon Samaritain : il me conduisit dans sa maison, il me frotta lui-même avec du vin et de la graisse, il me fit boire chaud. Lorsque je pus causer, je lui dis qui j’étais, d’où je venais : alors, il posa sur son traîneau un duvet, de la paille, et il m’étendit entre le duvet et la paille, et il me ramena d’une traite à Gessenay, dans l’auberge que j’avais, alerte et content, quittée la semaine avant.

Le trésorier Mani, un homme plein d’honneur, me vint rendre visite. Il commanda qu’on eût soin de moi comme de lui-même. J’étais dans un bon lit, je buvais à ma soif, j’essayais de manger, mais la fièvre me serrait la gorge.

Quand on sut dans le Simmenthal, – car les nouvelles s’apprennent vite, même à la montagne en hiver, – qu’il y avait à Gessenay un homme resté à jeun six jours et cinq nuits dans la neige, cela fit du bruit, et cela me fit faire aussi des connaissances : Matthieu Knubel, de Zweisimmen, attela, car de ses propres yeux il voulait me voir. Il me vit, il me serra la main en me souhaitant un prompt rétablissement ; on monta du vin, il but à ma santé et je bus à la sienne. C’était un vaillant montagnard.

Le vingtième de novembre, il me transporta chez lui : ce fut mon dernier voyage en voiture. Il me donna la plus belle chambre. Je serais un ingrat si je ne lui avais pas beaucoup de reconnaissance, mais il était fier de me posséder et de me montrer. Sa femme et ses filles s’occupaient de mon service. Mais de tous ses bons soins, je n’ai pas joui longtemps.

Le gel m’avait rongé tout le corps, qui était devenu noir. Les frictions, ni les remèdes n’y pouvaient rien. Car le Dieu Tout-Puissant, de toute éternité, avait marqué mon heure ; Il ne me laissa point dans ce bas monde une minute de plus. C’est pourquoi, doucement, je m’endormis dans le Seigneur, le jour de mon patron, le grand saint Nicolas.

Et comme les miens ne réclamèrent pas ma dépouille, on m’enterra décemment au cimetière de Zweisimmen, chef-lieu de bailliage, dans le Simmenthal, lequel est une belle vallée du louable Canton de Berne. »

Gonzague de REYNOLD (1880-1970), suisse.

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20 février, 2017

Albert GÉRARD : Dix-huit ans !

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:21

J’ai dix-huit ans ! Mon cœur bat vite ;

J’ignore où mène mon chemin ;

Je vais où le bonheur m’invite ;

Je cède à qui me prend la main.

Viens, frère, entonnons mon aurore !

Viens, jouons comme des enfants !

N’est-ce pas ? C’est permis encore

À dix-huit ans ?

Aux tendresses de la famille

Mes jours empruntent leur clarté.

Père, ne gronde pas ta fille,

Si sa vertu c’est la gaîté.

Je veux être ton Antigone,

S’il vient plus tard d’obscurs instants ;

Mais aujourd’hui je ris… Pardonne !

J’ai dix-huit ans.

Je passe au monde, je l’admire

Et lui souris en liberté ;

Mais tu m’appris que le sourire,

Mère, n’est rien sans la bonté.

Est-ce donc vrai, ma bonne mère,

Qu’on souffre et pleure avec le temps ?

Est-ce vrai que c’est éphémère,

Nos dix-huit ans ?

Heureux le front à qui Dieu laisse,

Pour se reposer ici-bas,

Une aïeule que la jeunesse

Égaie et n’effarouche pas !

C’est si bon de valser, grand’mère !

Si doux d’aspirer le printemps !

T’en souviens-tu, toi qui naguère

Eus dix-huit ans ?

J’ai dix-huit ans ! Mon cœur bat vite ;

J’ignore où mène mon chemin ;

Je vais où le bonheur m’invite ;

Je cède à qui me prend la main.

Souvent, le soir, ma fantaisie

Se berce de rêves charmants,

Ô rêves d’or ! Ô poésie !

Ô dix-huit ans !

Albert GÉRARD (XIXe siècle).

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19 février, 2017

Léon HÉLY : À ceux qui souffrent

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 8:14

Ô vous, parias de ce monde,

Apôtres sacrés du devoir,

Votre douleur est si profonde

Que nul humain ne peut la voir.

Sous le couvert de l’apparence,

Qui, seule, suffit ici-bas,

Vous déguisez votre souffrance,

Et l’on vous croit heureux, hélas !

Tandis que tout votre être saigne,

Que vos pieds rompus sont meurtris,

Votre âme si noble dédaigne

La plainte propice au mépris.

C’est une lutte de toute heure,

Que soutient votre dignité,

Contre le tourment qui demeure

Et triomphe en réalité.

Et dans vos grands yeux impassibles

Qu’un faux pleur n’a jamais souillés,

Passent des mondes impossibles,

Où souvent vous vous oubliez…

Léon HÉLY (XIXe siècle).

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18 février, 2017

Laurent DAVEZIES : Le pèlerinage

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:26

Sur le Maître-Autel d’or, mille roses trémières

Unissent leurs parfums aux parfums de l’encens ;

Le prêtre, en oraisons, pâlit dans les lumières

Des cierges blonds et des vitraux éblouissants :

Les pèlerins pieux disent, haut, leurs prières ;

Des cantiques d’amour, subtils, attendrissants,

Montent vers le ciel bleu, de la Grotte où les lierres

Reverdissent, mêlés aux églantiers naissants ;

De grands Christs dans l’azur ouvrent leurs mains trouées ;

Les foules, à genoux et les lèvres clouées

Au roc miraculeux, versent des pleurs. Je crois

Qu’au fond des cœurs chrétiens ces nouvelles croyances

Survivront, comme en nous les intimes souffrances

Qui s’endorment toujours aux pieds des saintes croix.

Laurent DAVEZIES (XIXe siècle).

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17 février, 2017

A. FINK AÎNÉ : Pour elle

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 7:10

Oh ! si vous pouviez lire, une heure seulement,

Jusqu’au fond de mon cœur, vous y verriez, mignonne,

Ma tendresse pour vous ; et votre œil qui rayonne

Aurait pour moi peut-être un doux regard aimant.

Mais saurez-vous jamais, vous si belle et si bonne,

Et dont le gai sourire est un enchantement,

Qu’un timide rimeur vous aime éperdument,

Et que son âme entière, à vous seule, il la donne ?

Qu’importe !… Chaque jour je demande au Seigneur

De mettre sous vos pas la paix et le bonheur,

Et de chasser bien loin les ennuis, la souffrance.

Vous voir toujours heureuse est mon plus grand désir,

Mais triste, solitaire, et fuyant le plaisir,

Mon cœur attend la mort comme une délivrance.

A. FINK AÎNÉ (XIXe siècle).

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16 février, 2017

J. FONTANEL : L’étoile filante

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 8:44

La nuit silencieuse a jeté sur la terre

Son manteau de velours constellé de saphirs,

Et bientôt, dans la paix de l’ombre et du mystère,

Tout s’endort sous le souffle embaumé des zéphirs.

Tout à coup du zénith se détache une étoile

Qui semble revenir d’un rivage lointain,

Vestale de l’azur laissant flotter son voile

Sur le sable d’argent du céleste jardin.

Elle a vu vaciller une flamme éperdue

Dans les larges courants des vents de l’infini :

– « Oh ! dit-elle, une sœur en l’espace perdue

Ou, peut-être, du ciel un vieux monde banni !

« Oh ! comme je voudrais, fixant sa course errante,

Le suspendre aux rayons de mon globe vermeil !

Il y ranimerait sa lumière mourante,

Et nous graviterions vers le même soleil. »

Et l’astre radieux dans les champs de l’espace

Vers ce monde inconnu glisse comme un trait d’or.

Mais ne dirait-on pas que son aile se lasse

Ou qu’un effroi soudain l’arrête en son essor ?

Un bruit, un sourd tumulte, une clameur immense,

Chaos affreux de cris, de plaintes, de sanglots,

Monte, monte, et des airs déchirant le silence,

Les remplit de la voix hurlante de ses flots.

« Ah ! Dieu ! c’était la terre ?… Oh ! l’horrible géhenne ! »

Dit l’astre épouvanté qui recule et s’enfuit,

Sans ramasser les plis de sa robe qui traîne

Et dont les bords brillants s’effacent dans la nuit.

J. FONTANEL (XIXe siècle).

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Virginie Grimaldi : Tu comprendras quand tu seras plus grande

Classé dans : lecture, ecriture — unpeudetao @ 8:43

Résumé.

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme. Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au coeur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ? C’est l’histoire de chemins qui se croisent. Les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire. C’est une histoire d’amour(s), une histoire de résilience, une ode au bonheur.

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15 février, 2017

Georges FRANÇOIS : À l’athée

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:22

(À mon ami et maître Frédéric Bataille).

D’aucuns m’ont dit que Dieu, certes, n’existe pas,

Et goûtant par leurs sens les fruits de la matière

Ont nié devant moi toute cause première

Et refusé la vie à l’Auteur d’ici-bas.

– À sonder l’univers on est bien vite las,

Et devant l’infini l’âme la plus altière,

Oubliant son orgueil, murmure une prière ;

Car l’esprit s’épouvante à chacun de ses pas.

– Tu refuses de croire, athée au front morose ?

Que te sert de braver ? tu n’es pas le plus fort,

Et par la Mort demain ta bouche sera close !

Mais dans ta vanité tu t’insurges à tort ;

Car ton être a pâli, devant l’ouvrage immense

Qui nous parle de Dieu dans un vaste silence !

Georges FRANÇOIS (XIXe siècle).

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14 février, 2017

Suzanne CASTAGNIER : Épithalame

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:20

(À mes amis).

Je rêvais de bonheur un soir ; non sans souffrance,

Comme on rêve de vous à qui l’on ne croit plus,

Enchanteurs tout-puissants des contes de l’enfance,

Que l’on n’a jamais vus !

C’était à l’heure exquise où la nuit, en ses voiles,

Des mortels affligés vient endormir les pleurs,

Où les anges gardiens errent sous les étoiles,

Cherchant les âmes sœurs.

Un indicible émoi dans mon cœur se fît place,

Tout mon être, en l’azur, sembla nager soudain :

Vos deux anges venaient, dans les champs de l’espace,

De se donner la main.

Un bruit aérien, comme un frôlement d’ailes,

Puis je les vis passer. Ils se parlaient de vous

Et se disaient tout bas que vos âmes sont belles

À les rendre jaloux ;

Que vous êtes du ciel les délices bien chères,

Gloire de vos parents, charme de vos amis ;

Qu’à vos douces vertus, les jours les plus prospères

Justement sont promis.

Et je les arrêtai… je vis à leur sourire

Qu’ils devinaient pourquoi. Pour les charger de vœux,

Je leur parlai longtemps… Ce que j’ai pu leur dire,

Nul ne le saura qu’eux.

Mais, si de votre front, Dieu chasse les alarmes,

Si du destin, pour vous, toujours douce est la loi,

Songez, quand vous aurez de bienheureuses larmes,

Qu’ils ont plané sur moi.

Et maintenant j’entonne un sublime cantique,

Que j’avais désappris pour des chants de douleur ;

Je crois aux jours heureux, je ne suis plus sceptique,

Car j’ai votre bonheur !

Suzanne CASTAGNIER (XIXe siècle).

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13 février, 2017

Eusèbe-Joseph CASTAIGNE : La pensée et la douleur

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:17

Dieu puissant, du nadir à l’étoile polaire,

Les mondes, dont chacun aux autres est uni,

Suivent, en tournoyant comme le grain dans l’aire,

Leur marche formidable à travers l’infini.

En est-il, parmi ceux que le soleil éclaire,

Dont le bonheur soit plus que du nôtre banni ?

Le deuil y règne. Il semble une œuvre de colère.

Si tu le corrigeais, ton nom serait béni.

La plus coupable vie, hélas ! et la plus sainte

Font monter jusqu’à toi leur déchirante plainte.

Les sorts sont variés : tous gémissent du leur.

Mais, désir sacrilège et prière insensée !

Pour bannir d’ici-bas le mal et la douleur,

Il en faudrait d’abord exiler la pensée.

Eusèbe-Joseph CASTAIGNE (XIXe siècle).

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