27 mars, 2017

Bonjour

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 7:00

Je ne veux ni ne rejette rien absolument, mais je consulte toujours les circonstances.

Confucius.

*****************************************************

 

A. DECOPPET : L’Angélus

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:58

(D’APRÈS LE TABLEAU DE MILLET).

L’immensité des champs remplit tout le tableau ;

Au loin, sur l’horizon, dressant sa pointe fine

Entre des peupliers, le clocher d’un hameau

Des derniers feux du jour doucement s’illumine.

C’est l’heure où du berger l’étoile se fait voir

Dans l’or rosé du ciel, dont pâlit la lumière ;

C’est l’heure où l’Angelus, dans le calme du soir,

De sa voix argentine appelle à la prière.

On dirait qu’on entend le léger tremblement

Dont chaque coup frappé tour à tour s’accompagne ;

Il s’élève, il faiblit, puis s’endort lentement,

Et longtemps semble encor planer sur la campagne.

Attardés dans leur champ, deux jeunes travailleurs,

L’homme et la femme, au son de la cloche connue,

Ont essuyé leurs fronts, et, cessant leurs labeurs,

Debout, ils font tout bas leur prière ingénue.

L’homme vient dans le sol de planter son trident ;

Grave, il tient son béret pressé sur sa poitrine.

La femme joint les mains sur son sein, et l’on sent

L’ardeur de sa prière à son front qui s’incline.

Que disent-ils à Dieu, ces humbles, ces petits ?

Quelque formule apprise à l’école… Qu’importe ?

Ces mots, depuis longtemps gravés dans leurs esprits,

C’est l’aile qui vers Dieu chaque jour les emporte !

Ces champs où l’Angelus résonne, harmonieux,

Cet horizon lointain où s’éteint la lumière,

Ce groupe recueilli sous la voûte des cieux,

C’est, dans la paix du soir, la paix de la prière !

A. DECOPPET (XIXe siècle).

*****************************************************

 

26 mars, 2017

François DELLEVAUX : Inspiration chrétienne

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:35

(D’APRÈS LA FRESQUE DE PUVIS DE CHAVANNES).

Loin du monde réel, qu’ils ne voient qu’à distance,

Détachés de tout bien périssable et mortel,

Sans désir, sans envie, à l’ombre de l’autel,

Ils passent saintement leur pieuse existence.

Tout entiers à cet art dont le ciel les dota,

Dans l’horizon formé de cette étroite enceinte,

Ils peignent – s’inspirant de l’Écriture sainte –

Marie à Nazareth, ou Christ au Golgotha…

Ils peignent un vitrail, comme on fait un poème :

Avec tout ce qu’on a de meilleur en soi-même,

Et qui demeure – intact – lorsque vous n’êtes plus.

Ainsi l’homme revit quand il s’immortalise.

– C’est de cette façon que, certain soir, je lus

Tout un rêve d’amour, sur un vitrail d’église..

François DELLEVAUX (XIXe siècle).

*****************************************************

 

25 mars, 2017

P. GIVRY : Credo

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:50

Sous le brouillard gris et rose des soirs,

À l’heure où tombe, à l’horizon morose,

L’ombre sereine au doux reflet de rose,

Sur l’or mourant de divins encensoirs ;

Sous le ciel noir et constellé de nacre ;

Dans l’éther mauve ou d’argent pailleté

Des blondes nuits de mai, fauves d’été ;

Dans le parfum des brises, suave, âcre ;

Sous le soleil, aux jours de messidor,

À l’heure où la clarté molle se fuse,

Où l’œil perçoit la vision confuse

De pays bleus fuyant dans un ciel d’or ;

Partout où vit un être, où croît une herbe ;

Aux creuses, aux sommets, en quelque lieu

Que l’homme naisse et sente, il pressent Dieu

Dans le rayonnement chaud de son Verbe.

Partout, au monde où la foi pure a lui

De la clarté divine de sa flamme,

L’âme révèle aux sens un souffle d’âme

Dans ce vide trompeur tout plein de Lui.

P. GIVRY (XIXe siècle).

*****************************************************

 

24 mars, 2017

Louis OPPELIN : Aux enfants

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:22

Enfants, quand au soleil qui sourit à la terre

Vous promenez vos pas dans les bois, dans les champs

Où tout est harmonie, enivrement, mystère,

Sérénité, rayon, paix, amour et doux chants,

Ne troublez pas l’oiseau, dans son nid solitaire,

Qui couvre ses petits de ses soins si touchants ;

Laissez l’active abeille à son miel salutaire,

Et le gai papillon à ses riants penchants ;

Laissez l’humble fourmi traîner son brin de paille,

Ne brisez pas l’épi dont le germe tressaille

Au rayon fécondant qui descend du ciel bleu ;

N’effleurez pas des fleurs la brillante corolle,

Gardez pour l’indigent votre pieuse obole,

Enfants, et vous serez les amis du bon Dieu.

Louis OPPELIN (XIXe siècle).

*****************************************************

 

23 mars, 2017

Berthe PONCELET-DRONSART : L’homme

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:10

L’homme pleure en naissant, pleure lorsqu’il succombe,

Et sent, toute sa vie, un invincible effroi.

Satan le fait esclave et Dieu le créa roi :

C’est pour atteindre un ciel qu’il traverse une tombe.

Berthe PONCELET-DRONSART (XIXe siècle).

*****************************************************

 

22 mars, 2017

Henri RICHARDOT : Vézelay

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 4:28

Lorsque Bernard, debout sur la haute terrasse,

Pâle et le bras tendu vers le soleil levant,

Aux cent mille guerriers accourus sur sa trace

Montrait le crucifix et criait : En avant !

Les peuples, suspendus à sa parole sainte,

Comme un fleuve écumant débordaient de l’enceinte

Et couvraient la montagne, et Bernard leur parlait.

Or, prodige inouï ! mais qu’en latin rapporte

En sa chronique Euphrône, abbé de Vézelay,

La voix du grand ermite enflait de telle sorte

Qu’on croyait dans le ciel entendre Adonaï

À son peuple dicter les lois du Sinaï.

Chaque phrase en son vol enfantait un tonnerre,

Chaque mot en vibrant faisait trembler la terre

Et, divin messager décuplé par le vent,

S’éteignait en grondant dans les bois du Morvan.

Les pèlerins, courbés sous l’aile du prodige,

Sentaient sur eux passer un étrange vertige.

Les nuages criaient : « Dieu le veut ! » Dans les bois

Les chênes et les pins s’entrelaçaient en croix.

« Jérusalem ! » disait la montagne plaintive ;

Éperdus, les buissons pleuraient Sion captive ;

Dans les ravins émus des mains aux doigts de feu

Sur le flanc des rochers écrivaient : « Dieu le veut ! »

Et, traçant dans les airs le glorieux symbole,

Laissaient une croix rouge empreinte à chaque épaule.

Henri RICHARDOT (1845-1927).

*****************************************************

 

21 mars, 2017

Abbé Auguste ROCHETTE : Les deux voix

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 5:00

La Musique et la Poésie

Ont souvent mêlé leurs accords ;

La même coupe d’ambroisie

Inspire leurs divins transports.

Elles charment par leur mystère

L’oreille et l’âme ; toutes deux

Pour les exilés de la terre

Sont un écho divin des cieux.

L’une parle à notre nature,

Son langage est compris de tous ;

L’autre aussi, suave et plus pure,

Nous élève au-dessus de nous.

Leur chant exalte, pleuré ou prie,

Tantôt fort, tantôt caressant ;

Et l’Empyrée est leur patrie :

L’une y monte, l’autre en descend.

Mais quand l’une à l’autre se mêle,

En écoutant leurs sons si doux,

Là-haut, vers la voûte éternelle,

Les petits anges sont jaloux.

Car Dieu s’incline sur son siège,

Lorsque les deux sœurs font monter

Leur hymne ; et le divin cortège

Se recueille pour écouter.

Alors tout le chœur angélique,

Voyant ses accords superflus,

De dépit cessant sa musique,

Écoute comme les Élus.

Abbé Auguste ROCHETTE (XIXe siècle).

*****************************************************

 

20 mars, 2017

GRASZ : À un poète

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:17

L’être béni qui marche sur la route,

Les yeux fixés sur le firmament bleu,

Ne parle pas au passant qui l’écoute :

Il parle à Dieu.

La harpe d’or dont les mains souveraines

Jettent aux airs les sons harmonieux,

Pour réjouir les oreilles humaines,

Vise les cieux.

C’est le Dieu saint du terrible rivage,

– L’autre rivage au delà de la nuit –

C’est le Dieu saint et non pas son image,

Qui chante en lui.

Ce sont les cieux qu’invoque la souffrance,

Le souffle froid de ceux qui vont mourir ;

Ce sont les cieux fermés à l’espérance

Qu’il veut ouvrir.

Les doux autels où les vierges bénies

Mêlent aux fleurs, aux parfums éternels,

Leurs fronts ornés de grâces infinies,

Sont ses autels ;

Et les amours suprêmes de la terre,

Où le bonheur s’accroît avec les jours,

Où la vieillesse, où la laideur est chère,

Sont ses amours.

L’être béni qui marche sur la route,

Les yeux fixés sur le firmament bleu,

Maître, c’est vous ! Celui qui vous écoute

Écoute Dieu !

GRASZ (XIXe siècle).

*****************************************************

 

19 mars, 2017

Abbé GRAVIER : À ma sœur

Classé dans : Poême — unpeudetao @ 6:27

Oh ! joins tes mains, tes blanches mains !

Recommande à Dieu nos demains

Dans ta prière.

Notre passé fut si mauvais !

Enferme-le, si tu pouvais,

Dans un suaire.

Entends-tu gronder tout là-bas,

Avec un horrible fracas,

Le vent d’orage ?

Nos deux âmes tremblent de peur.

Joins tes mains : demande au Seigneur

Force et courage.

Comme un pauvre petit oiseau

Ou comme un fragile roseau

Sous la tempête,

Battus par les tentations

Nous frémissons et nous plions

Bien bas la tête.

Il faut pour ravir sa vertu

À notre cœur tout abattu

Bien peu de chose.

Oh ! prie, enfant, petite sœur,

Dont la voix a tant de douceur ;

Pour moi, je n’ose.

Pourrais-je tourner vers les cieux

Mes yeux flétris, mes pauvres yeux,

Remplis de larmes

Parce qu’ils ont souvent, hélas !

Aux viles choses d’ici-bas

Trouvé des charmes ?

Pourrais-je joindre avec ferveur,

Pour les tendre vers le Seigneur

Mes mains perdues,

Mes mains qui tant de fois, pour rien,

Vers le mal ou le moindre bien

Se sont tendues ?

Et mes pieds, mes pieds qui souvent

Ont, poussés par le mauvais vent,

Ô sœur chérie,

Foulé tant de mauvais chemins !…

Oh ! joins tes mains, tes blanches mains,

Soupire et prie !

 

Abbé GRAVIER (XIXe siècle).

*****************************************************

 

123

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose