8 avril, 2018

Évangiles de Thomas, logion 113

Classé dans : lecture, ecriture — unpeudetao @ 6:13

Les disciples lui disaient :

Le Royaume, quand viendra-t-il ?

 

Jésus répondit : Ce n’est pas en le guettant qu’on le verra venir. On ne dira pas : Voici il est là, ou il est ici.

Le Royaume du Père est répandu sur toute la terre et les hommes ne le voient pas.

 

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Une réponse à “Évangiles de Thomas, logion 113”

  1. unpeudetao dit :

    Commentaire de Jean-Yves LELOUP :

    Au lieu de se poser la question : « Mais où donc est Dieu ? » peut-être faudrait-il se demander : « Où n’est-Il pas ? » Tout est manifestation de Sa Présence.
    Tout ce qui existe est participation à Son Existence.
    On pourrait ajouter : « Mais Dieu, est-Il présent aussi dans le mal, dans la souffrance, dans le massacre des innocents ? »

    À Dachau, un jour où l’on conduisait au four crématoire un jeune enfant, un homme posa, avec toute la violence et l’indignation d’un coeur brisé, cette question : « Mais où donc est Dieu ? » Son ami, prisonnier comme lui et sans doute voué au même destin, d’un mouvement du doigt (qui ressemble au doigt de Jean-Baptiste désignant l’Agneau conduit à l’abattoir), lui montra l’enfant : « Dieu est là ! » Et c’est vrai qu’il était là, crucifié, abandonné, innocent cramé par la bête et la bêtise humaine.

    L’enseignement de Jésus nous rappelle que Dieu est partout, dans tout ce qui est. Dans la souffrance comme dans la beauté. Il fleurit dans la fraîcheur du coquelicot et il est écrasé dans cet enfant écrasé par l’autobus. Qui oserait voir cela ?
    Présence qui rayonne ou Présence crucifiée. « Il est partout présent et Il remplit tout. » Et Jésus pourra dire : « Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les hommes, c’est à moi que vous le faites. » Il ne s’agit donc pas de le guetter ici ou là, mais de nouveau ouvrir les yeux à ce qui est devant notre visage et de « prendre soin » de tout ce qui existe.

    Il y a pourtant un lieu où Dieu n’est pas : c’est le coeur qui se ferme à l’amour, qui refuse le pardon et entretient l’amertume. « L’enfer, c’est de ne pas aimer ! »
    Il y a pourtant un lieu où Dieu n’est pas : c’est l’intelligence qui se ferme à la lumière, qui ne cherche plus à comprendre, qui entretient l’ignorance et le doute.

    La Tradition nous dit que le Christ est descendu dans les enfers, dans ces états de conscience où réellement on ne veut plus aimer et où on ne veut plus chercher à comprendre. Il a rencontré l’inévitable : la souffrance, l’absurdité, la trahison, la mort. Il a rencontré la bête et la bêtise humaine ; il n’a pas détourné son visage. Il a posé, sur les enfers, le même regard doux et aimant qu’il posait sur ses amis Jean, Thomas et les autres, sur Marie, sa bien-aimée, sur Zachée, sur la femme adultère ou sur tous les éclopés qui s’accrochaient à son manteau… Il a regardé ce qu’il y avait d’infernal en l’homme et il n’a pas cessé de l’aimer. Celui qui aurait senti, ne serait-ce qu’un instant, ce regard d’infinie tendresse, posé sur le fond de lui-même, comment ne remonterait-il pas « vivant » du plus sombre des enfers ?

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