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15 février, 2015

À Auguste au ciel, Louise GUINARD

Classé dans : — unpeudetao @ 14:18

Mon bien-aimé, mon Auguste aux traits d’ange. Quitte pour moi la céleste phalange         Un peu de temps ! De ton aspect mon âme est altérée, Je veux revoir ton image adorée ;         Viens, je t’attends ! Si Dieu permet aux âmes bienheureuses D’entendre au ciel des plaintes douloureuses         Monter la voix, Tu peux me voir, et tu m’entends sans doute ; Et moi, mon fils, dans mon cœur je t’écoute         Et je te vois. Viens occuper ta place accoutumée, Viens reposer ta tête bien-aimée         Sur mes genoux, Mets dans ma main ta main blanche, amaigrie, Et fixe encor sur ta mère attendrie         Tes yeux si doux ! Lorsqu’en hiver, au temps des longues veilles, Du Dieu sauveur je contais les merveilles         Au coin du feu, Tu me disais : « Encor, encor, ma mère, J’écouterais pendant la nuit entière         Parler de Dieu ! » Ta mère, hélas ! n’a plus rien à t’apprendre ! Tu sais de Dieu ce que ne peut entendre         Un cœur mortel ; Ô mon enfant ! c’est à toi de m’instruire ; Beau séraphin, c’est à toi de conduire         Ta mère au ciel ! Par tes récits enchante mes oreilles, Raconte-moi les heureuses merveilles         De ton séjour ; J’écouterais du soir jusqu’à l’aurore ; Parlons de Dieu, mon fils, encore, encore :         C’est à ton tour. Oh ! parle-moi d’immortelle espérance ! J’ai tant souffert durant ta longue absence !         J’ai tant pleuré Que l’amertume, en pénétrant mon âme, À submergé toute divine flamme,         Tout don sacré ! Dévoile-moi l’ineffable mystère Que sait la mort et que cache la terre         Aux yeux en pleurs ; Dis-moi si l’âme, au ciel calme et remplie, Aux exilés songe et jamais n’oublie         Qu’on aime ailleurs. Du Tout-Puissant enseigne-moi les voies, Ma douleur trouve au récit de tes joies         Quelque douceur. Fais luire en moi le jour pur qui t’éclaire ; N’as-tu pas vu là-haut ma sainte mère         Avec ta sœur ? Tu m’as parlé !.. J’écoute, je devine ; Oui, tu m’as dit, dans ta langue divine :         « J’aime, je vis ! » Et j’ai compris ce qu’ici rien n’exprime ; Je crois en toi, ma force se ranime ;         Merci, mon fils !

 

Louise GUINARD (XIXe siècle).

 

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