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4 septembre, 2016

À la morphine, Jules VERNE

Classé dans : — unpeudetao @ 17:56

Prends, s’il le faut, docteur, les ailes de Mercure

Pour m’apporter plus tôt ton baume précieux !

Le moment est venu de faire la piqûre

Qui, de ce lit d’enfer, m’enlève vers les cieux.

Merci, docteur, merci ! qu’importe que la cure

Maintenant se prolonge en des jours ennuyeux !

Le divin baume est là, si divin qu’Epicure

Aurait dû l’inventer pour l’usage des Dieux !

Je le sens qui circule, qui me pénètre !

De l’esprit et du corps ineffable bien-être,

c’est le calme absolu dans la sérénité.

Ah ! perce-moi cent fois de ton aiguille fine

Et je te bénirai cent fois, Sainte Morphine,

Dont Esculape eût fait une Divinité.

Jules VERNE (1828-1905).

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