• Accueil
  • > À son nom royal, Flugi d’ASPERMONT

10 mai, 2015

À son nom royal, Flugi d’ASPERMONT

Classé dans : — unpeudetao @ 8:10

MON cœur est plein de Toi, comme un heureux grenier dont les parois se lézardent, se fendent et craquent sous la poussée de plus de six mille années de moissons miraculeuses. Car, au commencement des choses, des pauvres choses humaines qui, dès leur commencement traînent sur la terre mère la chaîne amère du premier péché, un verbe fut semé, tel un grain contenant dans le mystère de son sein la substance première de l’espérance humaine. Ô grain de l’espoir humain semé par la bouche du trois fois Saint dans le premier battement de la durée mortelle pour que toutes les étapes de l’attente ajoutassent une nouvelle beauté de gerbe au premier verbe de l’éternelle Bonté compatissante ! Car, c’est de Toi, Marie, que mon cœur est plein comme un heureux grenier débordant depuis le commencement des ères : mon cœur de fils d’Adam présent dans les flancs de son père à l’heure où la colère et le pardon tremblèrent à la fois dans la voix de l’Offensé dont le Nom est l’Infini : Toi, qu’Il appela la FEMME, la FEMME des inimitiés sans merci, sans compromis ; la FEMME au terrible pied qui, lourde de tout le poids, du doux poids de son Enfant, écrase et broie la hideuse tête du Serpent d’enfer ; la FEMME de combat, de lutte et de bataille qui, sur le front des siècles, face à l’éternel adversaire, se range, unique et seule armée, s’armant du Bien-Aimé de ses entrailles ; Toi, dont le nom mystérieux de FEMME unique et magnifique descendu des profondeurs des cieux lointains sur la terre d’Adam, déjà palpite dans l’ombre où la pupille des voyants perce le mur noir de l’avenir : La VIERGE au rayon pareille, et sans poussière aucune dans l’or et le cristal de sa lumière ; MÈRE au cristal pareille, n’accueillant le rayon de son divin Soleil que pour mieux resplendir ; TIGE dressant son stèle pour offrir aux yeux ravis du ciel, à toutes les stupeurs de la terre la chair unique de sa fleur royale. PORTE d’or, PORTE orientale, PORTE du temple qui se dressera au faîte des deux versants d’où coule l’histoire du monde convoyée vers le même Océan. PORTE close, PORTE virginale que nul homme jamais n’ouvrira, car Dieu seul a franchi son seuil, et le Prince est le seul qui s’annonce derrière l’or pur de ses battants.

 

Oui ! mon cœur est plein de Toi, Ô Femme, ô Vierge, ô Mère, ô Tige, ô Porte ; de Toi mon cœur déborde, ébloui d’une grandeur sans mesure, car la mesure antique de tes noms l’Ange la comble du salut qu’il te porte, encor chaud de la bouche de Dieu, sur l’éclair de ses ailes de feu, déposant le clair murmure de ses douces Syllabes à tes pieds de Vierge craintive. PLEINE DE GRÂCE, Ô douce enfant Juive, PLEINE DE GRÂCE !.. Le vrai nom que le Seigneur te donne ! le vrai nom dans lequel se somme tout le passé qui de Toi fut prédit, tout l’avenir qui de Toi est écrit, tout le jour éternel de ta splendeur ébloui de PLEINE DE GRÂCE. PLEINE DE GRÂCE, pleine de Dieu, Dieu te remplissant de sa grâce, sa grâce te remplissant de Dieu même.

 

Ô grâce de ton nom coulant à flots dans la source première de tes jours d’IMMACULÉE ! Ô grâce de ton nom par qui la Vierge reste et devient MÈRE du Fils de Dieu fait chair et notre frère aîné ! Ô grâce de ton nom par qui la Croix du Fils est Croix de Mère, et Toi la DOULOUREUSE mer amère dont les larmes dissolvent nos péchés ! Ô grâce de Ton nom embaumant de son parfum jusqu’à ta chair, si bien que rien n’en gardera la terre, ô douce Mère par ton Fils ENLEVÉE ! Enlevée, parce qu’elle sonne l’heure éternelle de ta couronne, l’heure de ton front entouré d’étoiles, l’heure du soleil, seul digne voile de ta beauté de Paradis. Enlevée par ton doux Fils, qui ne peut se voir assis sur Son trône de Roi vainqueur si sa Mère, cœur de son cœur n’en prend sa part : Lui ROI, Elle REINE, tous deux à la grande peine, tous deux au sublime honneur.

 

REINE, ton dernier nom sent la rose éternelle, la rose unique, éclose dans les vergers du ciel. REINE, ton dernier nom d’universel empire a l’auguste sourire du pouvoir maternel. REINE, ton nom de REINE est l’arc aux sept couleurs dans notre ciel qui pleure, tendu de voiles noirs, ses pleurs de désespoir sur ses maux et ses chaînes.. REINE, que notre cri de cœurs désemparés monte jusqu’à ton cœur au rythme des louanges qui chantent ta couronne : Ô Toi, REINE des Anges, REINE des grands Chenus, REINE des Inspirés qui virent Dieu fleurir au sommet de ta tige, REINE des Douze Aînés, REINE du sang martyr, REINE du saint labeur qui sut faire et pâtir, REINE des lys neigeux penchés sur le vertige de nos gouffres humains, REINE des Bienheureux, REINE de l’univers, REINE qui ne supplie jamais sans obtenir, penche vers nous, MARIE, ton beau front couronné : nous sommes malheureux !..

 

Flugi d’ASPERMONT (XXe siècle).

 

*****************************************************

 

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose