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13 décembre, 2011

Aphorismes des douze maîtres, Maître Eckhart

Classé dans : — unpeudetao @ 15:45

Ceci est à propos des douze maîtres.

 

Maître Eckhart parle de l’être nu.
Il dit un mot unique, sans forme en soi.
Tel est pour soi son propre sens ;
auquel rien ne s’ajoute ni se retranche.
C’est un bon maître, qui peut parler ainsi.

 

Maître Dietrich parle de ce qui relève du sens
Il place l’image de l’âme dans son propre soi ;
là elle connaît Dieu dans son êtreté.

 

Celui d’Ettlingen l’aide en cela,
qu’émane naturellement pourvue d’intelligence
chaque créature, qui sans hasard existe.
Par nature elle connaît Dieu, telle est sa propre façon.
Celui de Tannebach l’assiste en cela.
Il dégage si bien l’image de l’âme
dans sa propre essence, que sur elle-même elle existe.
Si elle y demeure, telle est sa propre raison.

 

Celui de Ratisbonne parle si merveilleusement.
Il dit que la bonté divine est sur-essentielle.
Il place le degré le plus élevé dans l’unité nue.
Il situe la vie et l’activité dans l’altérité.

 

Binderlin de Fribourg parle ouvertement :
une lumière réside dans l’âme, elle est intelligente.
Si elle s’infuse elle-même, de ce qu’elle est par nature,
elle existe substantiellement dans sa qualité la plus immédiate.

 

Celui de Walthusen est un grand clerc.
Il parle intelligemment de la vérité si nue.
Il a pris son envol dans la Déité sauvage.
C’est là qu’il a trouvé la liberté, sans aucune différence.

 

Il dit aussi : une lumière réside en l’âme, intangible
à toutes les créatures ; telle est sa propre façon.
Là luit l’être immédiatement dans l’unité.
C’est là qu’il a trouvé la liberté, sans aucune différence.

 

Frère Jean de la Müntz est un jeune homme
et il s’est mis en route avec la louange des maîtres.
Maintenant nous avons entendu qu’il veut se renier.
De cela il possède ample raison.
De plus, il proclame la liberté de vivre et d’agir.
Cependant il objecte qu’elle n’est pas (la chose) suprême.

 

Frère Jean, il faut que vous nous disiez,
quelle est donc la (chose) suprême, si longtemps proclamée,
que vous placez au-dessus du fait que tout consiste en un ?
Que nous puissions savoir cela, telle est la maîtrise.

 

Le Tauler de Strasbourg parle uniformément :
celui qui se dénude de soi-même et de Dieu, est dégagé de tout agir.
Alors Dieu agit Lui-même en lui ; libre qu’il est d’agir.
L’image de l’âme est dénudée : elle est incréée.

 

Le Ros (fleuron) des Bavarois parle clairement :
tout ce qui est créé est contingent.
L’esprit se tient au-delà de la contingence dans l’uniformité :
c’est là qu’il se tient uni dans son êtreté (istichait).
Autre chose : il est libre des sens et de la convoitise ;
il est détaché jusque dans le fond, comme s’il n’était pas.

 

Celui de Talhain parle magistralement :
le Père engendre son Verbe éternel sans intermédiaire.
Dans chaque créature entrée dans l’unité,
le Père engendre son Verbe éternel dans son intériorité.
Qu’est-ce que le Père engendre et a engendré ?
Une révélation de soi dans son propre soi (selbeshait).

 

L’esprit se tient libre (dénudé) de toute différence.
Alors le Père se contemple lui-même ; telle est sa propre façon.

 

Tels sont les nobles ceps, que le Père a plantés
pour l’enfantement de la vertu intègre ; pour laquelle ils sont apprêtés.
Cependant ils se tiennent en repos avant et après le commencement,
et voilà introduite la fin.

 

Maître Eckhart (1260-1327).

 

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http://unpeudetao.unblog.fr

 

 

Une réponse à “Aphorismes des douze maîtres, Maître Eckhart”

  1. unpeudetao dit :

    En 1326, Deux dominicains dénoncent certaines de ses propositions à l’inquisition. Contre son gré par contrainte de suivre la procédure engagée, la hiérarchie de l’ordre dominicain est tenue de donner suite juridique à cette dénonciation.
    La date exacte et le lieu du décès d’Eckhart sont inconnus. Ayant répondu à ses détracteurs à Cologne en 1327, il est actuellement supposé que, durant 1328, il a entrepris de se rendre en Avignon depuis Cologne pour affronter son accusation devant le Pape. Nulle archive n’existe concernant ni ce départ, ni ce voyage, ni cette arrivée, ni aucun autre fait postérieur. Documents du procès d’Avignon, quand même, conservés à la Bibliothèque Vaticane suggèrent, mais pas explicitement, qu’ Echkart a été présent à la présentation devant Jean XXII. Finalement, la bulle In agro dominico assume qu’il est décedé. C’est le seul document pour le fait qu’il est mort avant le 27 mars, 1329, date de la bulle.

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