18 avril, 2014

Arbres, Jacques PREVERT

Classé dans : — unpeudetao @ 4:38

En argot les hommes appellent les oreilles des feuilles  c’est dire comme ils sentent que les arbres connaissent la musique  mais la langue verte des arbres est un argot bien plus ancien  Qui peut savoir ce qu’ils disent lorsqu’ils parlent des humains  les arbres parlent arbre  comme les enfants parlent enfant Quand un enfant de femme et d’homme  adresse la parole à un arbre  l’arbre répond  l’enfant entend  Plus tard l’enfant  parle arboriculture  avec ses maitres et ses parents Il n’entend plus la voix des arbres  il n’entend plus leur chanson dans le vent  pourtant parfois une petite fille  pousse un cri de détresse  dans un square de ciment armé  d’herbe morne et de terre souillée Est-ce oh est-ce  la tristesse d’être abandonnée  qui me fait crier au secours  ou la crainte que vous m’oubliiez  arbre de ma jeunesse  ma jeunesse pour de vrai Dans l’oasis du souvenir  une source vient de jaillir  est-ce pour me faire pleurer  J’étais si heureuse dans la foule  la foule verte de la forêt  avec la crainte de me perdre  et la crainte de me retrouver N’oubliez pas votre petite amie  arbres de ma forêt.

 

Jacques PREVERT (1900-1977)

 

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Une réponse à “Arbres, Jacques PREVERT”

  1. jaclyn dit :

    Super!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Une secrétaire en péril (Episode 28: Quatre pattes et deux oreilles)

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