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16 août, 2012

Assomption, Émile RIPERT

Classé dans : — unpeudetao @ 4:17

Ainsi que la fumée au-dessus des maisons,
Ainsi que la vapeur au-dessus des rivières,
Des fleuves, des étangs, dés mers, dès horizons,

 

Ainsi que sous le vent l’or pâle des poussières
Et que sous le fléau l’or sombre du froment
Par-dessus les chemins et les terres grossières,

 

Ainsi qu’un papillon sur le jardin charmant,
Qu’une semence ailée au-dessus des corolles
Et qu’un oiseau qui fuit du sol au firmament,

 

Ainsi que dans le soir marin les barcarolles,
Ainsi que l’Angelus échappé du clocher
Et que d’un coeur d’enfant les naïves paroles,

 

Ainsi que l’essaim roux au-dessus du rucher,
Ainsi que les cailloux qui jaillissent des frondes
Et que le trait sifflant que suit des yeux l’archer;

 

Ainsi que les chansons qui s’élèvent des rondes,
Les soirs d’août, à travers les paisibles ormeaux,
Ainsi que l’encens bleu vers les coupoles rondes,

 

VIERGE sur nos cités, Vierge, sur nos hameaux,
Élevée au-dessus du doute et du blasphème,
Au-dessus de nos cris, de nos deuils, de nos maux,

 

Parce que vous étiez la Félicité même,
Laissant la terre qui nous garde prisonniers,
Parce que vous étiez la Liberté suprême,

 

Vierge, vers l’altitude d’or où vous régnez,
Parce que vous étiez vous-même une altitude,
Vous êtes remontée aux cieux d’ou vous veniez.

 

Ô Vierge, pour le croire est-il besoin d’étude ?
Qu’un théologien soit sagace et profond,
Ce ciel immense et bleu m’est une certitude.

 

Le désir d’un seul coup le perce jusqu’au fond,
Le Paradis s’entr’ouvre en renversant la tête,
Et les blancs vêtements que les nuages font,

 

N’est-ce pas, Vierge en blanc, cette robe de fête
Avec laquelle encor chaque jour vous montez,
Étoile du matin, par-dessus la tempête ?

 

Madone, maintenant, dans le ciel des étés,
Des hivers, des printemps, des automnes, sans cesse,
Vous êtes au-dessus de nos humbles cités.

 

Dame dont tous les coeurs sont les servants, Princesse
Du Royaume sous qui les royaumes ne sont
Que l’éclat d’un instant qui s’allume et qui cesse,

 

Flamme ardente au-dessus du ténébreux buisson
Qu’est le monde dardant ses épines farouches,
Alouette échappée au coeur de la moisson,

 

Musicienne qui fait vibrer comme les touches
Des orgues tous les coeurs sonores, amour pur
Dont le nom est une caresse sur les bouches,

 

Rose mystique, fleur qui dépassez le mur,
Reine qui pouvez plus que notre reine Jeanne,
Azur plus azuré que le plus bel azur.

 

Votre nom, votre éclat, votre prestige plane
Sur les murailles d’Aix et le pont d’Avignon,
Sur les jardins ayant dans leur coeur un platane,

 

Sur les filles ayant des rubans au chignon,
Sur Arles, où les tombeaux dorment dans la clémence
Du soleil qui départ à chacun son rayon,

 

Sur Apt qui pour Sainte Anne a fait une romance,
Et sur Marseille enfin, qui, plus pieusement,
Vous posa sur son front, devant la mer immense,

 

Étoile de la mer, ainsi qu’un diamant..

 

Émile RIPERT (1882-1948).

 

*****************************************************
 

 

Une réponse à “Assomption, Émile RIPERT”

  1. unpeudetao dit :

    Je vous salue, Marie pleine de grâces ;
    le Seigneur est avec vous.
    Vous êtes bénie entre toutes les femmes
    et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

    Sainte Marie, Mère de Dieu,
    priez pour nous pauvres pécheurs,
    maintenant et à l’heure de notre mort.

    Amen.

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