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17 septembre, 2016

Bardes et Cordes, Alfred JARRY

Classé dans : — unpeudetao @ 17:53

Le roi mort, les vingt et un coups de la bombarde

Tonnent, signal de deuil, place de la Concorde.

Silence, joyeux luth, et viole et guimbarde :

Tendons sur le cercueil la plus macabre corde

Pour accompagner l’hymne éructé par le barde :

Le ciel veut l’oraison funèbre pour exorde.

L’encens vainc le fumet des ortolans que barde

La maritorne, enfant butorde non moins qu’orde.

Aux barrières du Louvre elle dormait, la garde :

Les palais sont de grands ports où la nuit aborde ;

Corse, kamoulcke, kurde, iroquoise et lombarde

Le catafalque est ceint de la jobarde horde.

Sa veille n’eût point fait camuse la camarde :

Il faut qu’un rictus torde et qu’une bouche morde.

La lame ou la dent tranche autant que le plomb arde :

Poudre aux moineaux, canons place de la Concorde.

Arme blême, le dail ne craint point l’espingarde :

Tonne, signal de deuil ; vibre, macabre corde.

Les Suisses du pavé heurtent la hallebarde :

Seigneur, prends le défunt en ta miséricorde.

Alfred JARRY (1873-1907).

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