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19 septembre, 2010

Beaurepaire, Sándor Petöfi

Classé dans : — unpeudetao @ 7:05

Alors, chez les Français, le roi
Ayant, ma foi, perdu l’honneur
(Ce fut comme en mil huit cent trente,
Et comme il y a deux semaines),

 

L’Allemand se mit en colère
Et jura qu’il se vengerait,
Écraserait la liberté,
Et le sauverait, lui, le roi.

 

Il amène ses mercenaires
Jusqu’à Longwy, qui capitule,
Il va plus loin, jusqu’à Verdun,
Met le siège devant la ville.

 

Le peuple de Verdun tremblait
Et tremblait tant qu’il décida
À la fin de courber la tête,
Pour qu’on lui laisse la vie sauve.

 

Le capitaine de la garde,
Beaurepaire, qu’est-ce qu’il dit ?
« Il n’y a pas si grand péril,
« Non, nous ne nous soumettrons pas.

 

« Si l’ennemi aime nos armes,
« Très bien, qu’il s’en vienne les prendre,
« S’il l’ose, dans nos propres mains.
« Nous ne les déposerons pas. »

 

Le Conseil ne veut pas l’entendre,
Car qui est poltron fait le sourd.
Donc on lui tend déjà la plume
Pour qu’il signe la reddition.

 

Beaurepaire jette la plume,
Et résolu, saisit son arme,
Et puis intrépide, exalté,
À tous il jette ces paroles :

 

« Survivez donc à l’infamie.
« Si vous le pouvez, vous, pas moi !
« À l’ennemi, je n’abandonne
« Que mon cadavre, c’est juré.

 

« Ma mort pourra servir d’exemple,
« Il sera suivi par nos braves.
« Pour tenir mon serment, je pousse
« Le cri : Mourir en liberté ! »

 

L’arme dirigée sur son sein,
Il tira et le coup de feu
Arracha de ce coeur farouche
La source même de la vie.

 

Sándor Petöfi (Hongrie, 1823 1849).
Beaurepaire 1848 (Traduit par Guillevic).

 

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