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15 septembre, 2012

Bon chevalier masqué qui chevauche en silence, Paul VERLAINE

Classé dans : — unpeudetao @ 2:31

Bon chevalier masqué qui chevauche en silence,
Le Malheur a percé mon vieux coeur de sa lance.

 

Le sang de mon vieux coeur n’a fait qu’un jet vermeil,
Puis s’est évaporé sur les fleurs, au soleil.

 

L’ombre éteignit mes yeux, un cri vint à ma bouche
Et mon vieux coeur est mort dans un frisson farouche.

 

Alors le chevalier Malheur s’est rapproché,
Il a mis pied à terre et sa main m’a touché.

 

Son doigt ganté de fer entra dans ma blessure
Tandis qu’il attestait sa loi d’une voix dure.

 

Et voici qu’au contact glacé du doigt de fer
Un coeur me renaissait, tout un coeur pur et fier

 

Et voici que, fervent d’une candeur divine,
Tout un coeur jeune et bon battit dans ma poitrine !

 

Or je restais tremblant, ivre, incrédule un peu,
Comme un homme qui voit des visions de Dieu.

 

Mais le bon chevalier, remonté sur sa bête,
En s’éloignant, me fît un signe de la tête

 

Et me cria (j’entends encore cette voix) :
 » Au moins, prudence ! Car c’est bon pour une fois. « 

 

Paul VERLAINE (1844-1896).
Recueil : Sagesse.

 

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Une réponse à “Bon chevalier masqué qui chevauche en silence, Paul VERLAINE”

  1. Cochonfucius dit :

    Bon chancelier cassé qui picole en silence…
    Le roi Renaud ouvrit ton poumon de sa lance.

    Le sang de ton poumon n’a fait qu’un jet vermeil,
    Puis un bourdon l’a bu, sur les fleurs, au soleil.

    Le goût d’un caramel ayant rempli sa bouche,
    Ce chancelier mourut dans un frisson farouche.

    Le roi Renaud alors du mort s’est rapproché,
    A vu le caramel et sa main l’a touché.

    Il mit le caramel par-dessus la blessure,
    Et dit : Ce ne sera rien qu’une égratignure.

    Au contact effrayant du caramel de fer,
    Un poumon te revint, un poumon, pur et fier.

    Et voici que, fervent d’une candeur divine,
    Un poumon jeune et bon te rend ta bonne mine !

    Tu restes là tremblant, ivre, incrédule un peu,
    Comme un bourdon dont l’oeil aperçoit le ciel bleu.

    Cochonfucius approche et rit comme une bête,
    Puis, repartant, te fait un signe de la tête.

    Il te cria (toujours tu entends cette voix)
    Au moins, prudence ! Car c’est bon pour une fois.

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