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29 mars, 2014

Boori ou la vache perdue (Conte africain)

Classé dans : — unpeudetao @ 15:00

Un enfant était parti faire paître le troupeau de son père. Il perdit une vache du nom de Boori. Son père lui dit : « Tu ne mangeras et ne boiras que lorsque tu m’auras ramené Boori. » L’enfant se mit à marcher, à marcher. Lorsqu’il arriva dans un village il chanta : « O Boori, ô Boori Boori la brave Si calme qu’était le troupeau Boori était en éveil Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori ». – Boori n’est-elle pas passée par ici ? (On lui dit :) – Ey ! Boori est passée ici il y a 30 hivernages, un Peul la conduisait. Il se remit à courir ; arrivé dans un autre village, il chanta à nouveau : « O Boori, ô Boori Boori la brave Si calme qu’était le troupeau Boori était en éveil Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori ». – Boori n’est-elle pas passée par ici ? – Boori est passée par ici du temps où cette femme qui égrène le mil sous l’arbre à palabres tétait encore sa mère. Il se remit à courir, atteignit un hameau et dit : « O Boori, ô Boori Boori la brave Si calme qu’était le troupeau Boori était en éveil Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. » – Boori n’est-elle pas passée par ici ? – Boori est passée ici le jour du baptême de ce garçon qui doit être circoncis vendredi prochain. Boori a même mangé de la bouillie de mil. Hâte le pas. Il se remit à courir, courir jusqu’à un village et chanta : « O Boori, ô Boori Boori la brave Si calme qu’était le troupeau Boori était en éveil Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. » – Boori n’est-elle pas passée par ici ? – Boori est passée ici avant hier, Dieu sait qu’elle a même aidé à ôter les fibres de ce baobab. Il courut et dit : « O Boori, ô Boori Boori la brave Si calme qu’était le troupeau Boori était en éveil Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. » – Boori n’est-elle pas passée par ici ? – Elle se trouve parmi les bœufs d’un Peul dont le troupeau vient de s’abreuver dans ce marigot. Hâte le pas. L’enfant courut et trouva le Peul en train de se laver les pieds. Il dit : – Je cherche une vache du nom de Boori et c’est celle-ci. – Laquelle ? dit le Peul. – Celle-ci. – Cette vache m’est destinée, voici sa mère, (répondit le Peul). – Mon père m’avait envoyé en transhumance et je l’ai perdue, il a dit que je ne mangerai et ne boirai que lorsque je la lui aurai ramenée car c’est elle la vache aînée du troupeau. J’ai fait préparer du couscous et me suis lancé à travers la brousse. Cela fait trente ans que je la cherche. Maintenant, faisons comme ceci. Je vais me mettre de côté et l’appeler Boori. Si elle ne me répond pas, c’est signe qu’elle ne m’appartient pas ; si elle vient à moi, tu sauras qu’elle m’appartient. Le Peul répondit : Bismillahi. Le jeune homme se mit de côté et chanta : « O Boori, ô Boori Boori la brave Si calme qu’était le troupeau Boori était en éveil Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. » Boori commence à courir ; elle se jeta sur lui et se mit à le lécher. – En toute franchise, cette vache t’appartient, prends-la et rentre chez toi, dit le Peul.

 

Ce conte est extrait du recueil « Au fil des contes seereer » rassemblés par Marie Madeleine Diouf édités aux éditions Enda-INFAN à Dakar-Sénégal 1998 dans la collection « Clair de lune ».

 

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