8 janvier, 2018

Justin PRÉPATX : La vraie fraternité

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 5:37

 

(DIALOGUE, un laboureur, un vigneron et un prêtre.).

Le laboureur.

Je suis laboureur ; je sème et je fauche ; je fais l’abondance, et j’apaise la faim. Ma sueur couvre d’épis la plaine entière.

Le vigneron.

Je suis vigneron ; je mets les plants en ligne ; je les taille et les émonde, et ils font la vigne, source abondante pour tout être humain.

Le prêtre.

Moi, je vais donnant la vie, fortifiant les âmes, et attisant les flammes du véritable amour : unissons-nous, mes frères, et donnons-nous la main.

Le laboureur.

Il est savoureux pour moi, le pain que vous donnez, ô père. Je serais sans vous dans l’abandon.

Le vigneron.

Vous seul donnez au cœur le vin qui le réconforte. Je serais sans vous brûlé de soif.

Le prêtre.

Hors vous, mes amis, qui donc soutient l’autel ? Vous lui donnez le pain et le vin tout ensemble.

Les trois (levant les yeux au ciel).

Seigneur, que votre amour fasse avec nous son office. Nous vous offrons de tout cœur à la fois le pain et le vin. Chacun participe au grand sacrifice, et le mystère divin nous rend frères tous les trois.

Justin PRÉPATX (1828-1901), catalan.

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7 janvier, 2018

Khalil GIBRAN : Le bien et le mal

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 5:19

Et un des aïeux de la cité dit, Parle-nous du Bien et du Mal. Et il répondit :

Du bien en vous je puis parler, mais non de ce qui est mal. Car qu’est-ce que le mal sinon le bien torturé par sa propre faim et sa propre soif ? En vérité, quand le bien est affamé, il recherche la nourriture même dans les grottes obscures, et quand il a soif il se désaltère même dans des eaux mortelles. Vous êtes bon quand vous êtes unis avec vous-même. Pourtant, vous n’êtes pas mauvais quand vous n’êtes pas uni avec vous-même. Car une maison divisée n’est pas un repaire de voleurs, elle n’est qu’une maison divisée. Et un navire sans gouvernail peut dériver sans but près d’îles dangereuses, mais ne pas sombrer. Vous êtes bon quand vous vous efforcez de donner de vous-même. Pourtant, vous n’êtes pas mauvais quand vous cherchez le profit pour vous-même. Car quand vous cherchez le profit vous n’êtes qu’une racine qui s’agrippe à la terre et tête à son sein. Certainement, le fruit ne peut dire à la racine, « Soit à mon image, plein et mûr et toujours généreux de ton abondance ». Car pour le fruit, donner est une nécessité, et recevoir est une nécessité pour la racine. Vous êtes bon quand vous êtes pleinement conscients dans votre parole. Pourtant, vous n’êtes point mauvais quand vous êtes endormi alors que votre langue titube sans but. Et même un discours chancelant peut fortifier une langue faible. Vous êtes bon quand vous marchez vers votre but fermement et d’un pas hardi. Pourtant, vous n’êtes point mauvais quand vous y allez en boitant. Même celui qui boite ne va pas à reculons. Mais vous qui êtes forts et rapides, veillez à ne pas boiter devant les estropiés en croyant être gentil. Vous êtes bon d’innombrables manières et vous n’êtes point mauvais quand vous n’êtes pas bon. Vous ne faites que musarder et paresser. Quel malheur que les cerfs ne puissent donner leur promptitude aux tortues. Votre bonté réside dans votre aspiration envers votre moi-géant : et cette aspiration existe en vous tous. Mais en certain d’entre vous, cette aspiration est un torrent qui se rue puissamment vers la mer, emportant les secrets des coteaux et les chants de la forêt. Et en d’autres, elle est un ruisseau paisible qui se perd en méandres et en détours et s’attarde avant d’atteindre le rivage. Mais que ceux chez qui l’aspiration brûle ne disent pas à ceux chez qui elle est faible, « Pourquoi es-tu lent et hésitant ? ». Car celui qui est vraiment bon ne demande pas à celui qui est nu, « Où sont tes vêtements ? », ni au sans logis, « Qu’est devenue ta maison ? »

Khalil GIBRAN (1883-1931).

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2 janvier, 2018

Élise MALLERANGE (CONTE) : Les vœux

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 8:56

Alice était brune,

Et comme la lune

Pâle était son teint ;

Aline la blonde

Fraîche comme l’onde,

Au cœur doux et saint ;

Élise, châtaine,

Comme une fontaine,

Purs étaient ses yeux ;

Toutes trois charmantes

Toujours souriantes

Et venant des cieux.

Alice ainsi parlait : – « Je voudrais que ma vie

De concerts et de bals, chaque soir, fût remplie ;

Que jamais un chagrin ne me fît murmurer,

Et que mes jours, enfin, se passent sans pleurer. –

Oh ! moi, disait Aline, il me faut peu de choses :

Je voudrais un beau champ tout parsemé de roses,

De jasmins, de lilas et d’orangers en fleur ;

C’est là, là seulement, que je vois le bonheur.

Et moi, je voudrais mieux, reprit la jeune Élise.

Je voudrais sur mon front voir se jouer la brise ;

Une esclave à genoux me servir en riant ;

Un parfum d’Arabie, un tapis d’Orient ;

Dans une coupe d’or, le nectar, l’ambroisie ;

Un chant doux et lointain rempli de poésie ;

Et la nuit, respirant sous l’ombrage embaumé,

Voir le regard d’un ange en rayon transformé. – »

Elles parlaient ainsi quand arrive une fée,

Dans un char de cristal et de roses coiffée :

De chaque jeune fille elle accomplit les vœux,

Les baisa sur le front, et monta vers les cieux !

Elle allait consoler ailleurs de jeunes filles,

Ou de pauvres vieillards ou de tristes familles ;

Et du nord au couchant, des lambris aux grabats,

La foule bénissait l’empreinte de ses pas.

Elle reçut bientôt des sœurs une prière :

Bonne, elle descendit dans son char de lumière.

Alice dans les bals s’ennuyait à mourir ;

Dans les champs et les prés, Aline allait périr ;

Élise détestait la terre du Prophète ;

Les parfums d’Orient lui montaient à la tête,

Elles priaient la fée et les trois jeunes sœurs

Regrettaient un passé, les yeux baignés de pleurs.

La bonne fée alors leur dit d’une voix tendre :

« Au bonheur, ici-bas, il ne faut point s’attendre.

Il n’est qu’au ciel, enfants, sachez le mériter,

Et par mille vertus il vous faut l’acheter. »

Élise MALLERANGE (XIXe siècle).

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1 janvier, 2018

Bonjour

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 9:12

La chance est bien souvent un hasard qui se provoque.

Confucius.

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Les trois voeux (Conte)

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 7:11

Un génie proposa à un jeune homme :

» Formule trois souhaits, ils te seront exaucés.

Quel est ton premier souhait ? «

» Je souhaiterais être suffisamment sage pour faire un choix parfait lors de mes deux prochains souhaits. «

» Te voilà exaucé, quel est ton deuxième souhait ? «

Le jeune homme réfléchit puis répondit :

» Merci. Je n’ai pas d’autres souhaits. «

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28 décembre, 2017

Jean FERRAT : La paix sur terre

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 5:35

Nous ne voulons plus de guerre

Nous ne voulons plus de sang

Halte aux armes nucléaires

Halte à la course au néant

Devant tous les peuples frères

Qui s’en porteront garants

Déclarons la paix sur terre

Unilatéralement

La force de la France c’est l’esprit des Lumières

Cette petite flamme au coeur du monde entier

Qui éclaire toujours les peuples en colère

En quête de justice et de la liberté

Nous ne voulons plus de guerre

Nous ne voulons plus de sang

Halte aux armes nucléaires

Halte à la course au néant

Devant tous les peuples frères

Qui s’en porteront garants

Déclarons la paix sur terre

Unilatéralement

Parce qu’ils ont un jour atteint l’Universel

Dans ce qu’ils ont écrit cherché sculpté ou peint

La force de la France c’est Cézanne et Ravel

C’est Voltaire et Pasteur c’est Verlaine et Rodin

Nous ne voulons plus de guerre

Nous ne voulons plus de sang

Halte aux armes nucléaires

Halte à la course au néant

Devant tous les peuples frères

Qui s’en porteront garants

Déclarons la paix sur terre

Unilatéralement

La force de la France elle est dans ses poètes

Qui taillent l’avenir au mois de mai des mots

Couvrez leurs yeux de cendre tranchez leur gorge ouverte

Vous n’étoufferez pas le chant du renouveau

Nous ne voulons plus de guerre

Nous ne voulons plus de sang

Halte aux armes nucléaires

Halte à la course au néant

Devant tous les peuples frères

Qui s’en porteront garants

Déclarons la paix sur terre

Unilatéralement

La force de la France elle sera immense

Défiant à jamais et l’espace et le temps

Le jour où j’entendrai reprendre ma romance

Dans la réalité de la foule chantant

Nous ne voulons plus de guerre

Nous ne voulons plus de sang

Halte aux armes nucléaires

Halte à la course au néant

Devant tous les peuples frères

Qui s’en porteront garants

Déclarons la paix sur terre

Unilatéralement

Jean FERRAT (1930-2010).

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LAO TSEU : Paix

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 5:33

Pour qu’il y ait la paix dans le monde,

il faut que les nations vivent en paix.

Pour qu’il y ait la paix entre les nations,

les villes ne doivent pas se soulever les unes contres les autres.

Pour qu’il y ait la paix dans les villes,

les voisins doivent se comprendre.

Pour qu’il y ait la paix entre les voisins,

il faut que l’harmonie règne au foyer.

Pour qu’il y ait la paix chez soi,

il faut la trouver dans son propre Coeur.

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25 décembre, 2017

Paul FORT : Ronde de la paix universelle

Classé dans : Non classé — unpeudetao @ 6:42

« Si toutes les filles du monde voulaient s’donner la main,

tout autour de la mer elles pourraient faire une ronde.

Si tous les gars du monde voulaient bien êtr’marins,

ils f’raient avec leurs barques un joli pont sur l’onde.

Alors on pourrait faire une ronde autour du monde,

si tous les gens du monde voulaient s’donner la main. »

Vite ! Il ne sera plus au monde qu’une ronde (je ne dis pas plusieurs) très exactement ronde.

Et ce viendra, mon Dieu, par un beau jour d’été.

Paix sur la terre aux gens de bonne volonté !

Paul FORT (1872-1960).

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