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12 avril, 2015

Cathédrales, Charles GUERLIN DE GUER

Classé dans : — unpeudetao @ 15:57

Ô colosses muets ! Divines basiliques ! Ô forêts de piliers et de flèches à jour Dont la cime est au ciel ! – Éloquentes reliques             Des temps de croyance et d’amour ! Ô vaisseaux de silence ensevelis dans l’ombre ; Voûte sonore, où tout semble prier pour nous ! Temples des saints pâlis que, dans leur niche sombre, Les moins désabusés implorent à genoux ! Lieux de recueillement, de paix et de mystère, Qui redites l’écho des Oremus lointains, Où des cœurs exaltés, s’arrachant à la terre, Songent avec ivresse aux Paradis atteints ; Chefs-d’œuvre d’espérance altière, ô cathédrales ! Il souffle sous vos toits un vent d’éternité, Et l’envergure qu’ont vos ailes magistrales             Convient à leur divinité. Ces artisans obscurs étaient de grands génies, Qui lançaient dans les airs, légers et gracieux, Les pilastres, voisins des sphères infinies, Et travaillaient gaîment dans l’atelier des cieux. Ils s’élevaient, avec leur œuvre, dans la nue ; Et, tout le jour, montés sur de faibles tréteaux, Communiquant la vie à la matière nue, Ils rendaient éloquents les fronts des chapiteaux. Ils n’avaient pas la soif des vaines renommées, Justement glorieux quand leur ciseau vainqueur Avait su révéler aux pierres animées             La foi qui chantait dans leur cœur.             Si la Grèce a ses Propylées.             Ses Dieux, ses Apollons puissants,             Ses chars de Victoires ailées,             Dans la fraîcheur de ses vallées,             Sous le soleil resplendissants ;             Si Phidias a son Pandrose,             Si les frises du Parthénon             Près d’un bosquet de laurier-rose             Que l’onde du Céphise arrose             Immortalisèrent son nom ;             Nos hardis bâtisseurs de temple             Sont grands auprès de leurs aïeux ;             Et le siècle, qui les contemple,             Jaloux de suivre leur exemple,             Cherche encore à s’inspirer d’eux.             Ils brillaient de leurs propres flammes ;             Et l’on parlait dans l’univers             De nos maçons aux nobles âmes,             Les seuls auteurs de ces vieux drames             Qui se déroulent dans les airs. Ils n’avaient ni le ciel ensoleillé d’Athènes, Ni l’Océan, toujours paisible, pour décors, Ni ce cadre riant de monts et de fontaines Où scintille l’éclat des azurs et des ors ; Mais ils avaient la foi qui sauve et qui protège ; Ils méprisaient la mort, de leur front radieux ; Ils ignoraient l’Olympe et son brillant cortège : Mais le Dieu qu’ils servaient contenait tous les Dieux !

 

Charles GUERLIN DE GUER (18..-19..).

 

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