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3 juillet, 2010

C’est ainsi, Max WALLER

Classé dans : — unpeudetao @ 18:07

C’est ainsi

 

Faire des vers, des vers gamins,
Et rire, et rire, et rire encore,
Et, comme un pierrot qui picore,
Cueillir leurs parfums aux jasmins ;

 

Forger des vers comme des armes,
Pointus, effilés, sans merci,
Ou, pour expier son souci,
Égrener des ave de larmes,

 

C’est bon supérieurement
Et tout le reste est journalisme ;
La strophe d’or est comme un prisme
Où s’irise le firmament.

 

Et crevât-on, phtisique et blême,
Avec des recors à la clé,
Le violon qu’on a raclé
Laisse des notes en nous-même.

 

La flûte, avec ses quatre trous,
Quatre regards de mélodie,
Quand elle est triste, psalmodie
Comme un martyr sous les verrous ;

 

Et rien n’y fait, ni les gendarmes,
Ni les huissiers, ni les tailleurs ;
L’air de flûte a toujours des larmes
En attendant des jours meilleurs !

 

Max WALLER (1860-1889).
Recueil : La flûte à Siebel.

 

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