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27 mars, 2014

Corne d’or et corne d’argent (Conte marocain)

Classé dans : — unpeudetao @ 18:07

Il y a très longtemps de cela, il y avait un roi qui s’était marié une première fois, puis une deuxième fois mais sans jamais réussir à avoir un enfant. Il était très inquiet parce qu’il vieillissait et qu’il craignait de laisser son trône vide. A l’époque, il n’était pas possible pour un roi de ne pas avoir de garçon… C’est ainsi qu’il décida de prendre une troisième épouse. Il organisa encore une fois, un grand mariage comme seuls les rois savent le faire. Au bout de quarante jours et quarante nuits, lorsque les festivités prirent fin, il réunit ses trois épouses et leur dit :  » Mes chères épouses, je vous aime et je vous respecte toutes les trois, je vous traiterai de la même manière sans jamais favoriser l’une d’entre vous. Mais vous, qu’êtes-vous capables de faire pour moi, pour me prouver votre amour ?  »  » Moi, je pourrai faire du pain pour tout le royaume avec un seul grain de blé « , lui dit la première.  » Moi, je pourrai te faire le plus beau burnous [4] avec un seul fil de laine « , lui dit la deuxième.  » Moi, j’aimerai te donner un garçon avec une corne d’or et une corne d’argent « , lui dit la troisième. Le roi très heureux leur répondit en riant :  » J’espère que vous pourrez réaliser tous ces vœux pour moi. En attendant, j’aimerai qu’il y ait la plus parfaite entente entre vous. « 

 

Les jours passèrent et la troisième épouse se retrouva enceinte. Les deux autres en furent très jalouses, d’autant plus qu’elles n’avaient pas accompli leurs promesses.  » Et si en plus, elle a un garçon avec une corne d’or et une corne d’argent ? Il l’aimera forcément plus que nous … Elle aura plus de faveurs que nous « , se disaient-elles. Inquiètes, elles allèrent consulter une settouta afin qu’elle les aide à trouver une solution pour se débarrasser d’elle. Tout fut arrangé. Le jour où la malheureuse ressentit les douleurs de l’accouchement, elles appelèrent la settouta. Celle-ci arriva pour l’aider à mettre au monde l’enfant… Et en effet, cette nuit-là, naquit un garçon avec une corne d’or et une autre en argent. Avec l’aide des deux épouses, la settouta enroula le bébé dans une couverture, le mit dans une corbeille et le jeta dans une rivière. Elle mit à la place, un affreux corbeau noir. La pauvre malheureuse avait tellement souffert pendant l’accouchement, qu’elle ne se rendit compte de rien. Lorsqu’elle vit le corbeau prés d’elle et qu’on lui dit que c’était elle qui l’avait mis au monde, elle eut tellement honte qu’elle n’osait plus regarder personne. Quant au roi, il était tellement déçu et tellement en colère, qu’il ordonna qu’on la jeta avec les chiens et qu’on l’appela désormais  » la mère du corbeau « . Les deux autres étaient contentes, elles étaient débarrassées d’elle. Et le pauvre petit bébé… Dieu eut pitié de lui… Le soir même, un bûcheron passant par-là le trouva. Il le recueillit et le traita comme si c’était son propre enfant.

 

Les jours passèrent, le garçon grandit et lorsqu’il fut un beau jeune homme, le bûcheron et sa femme lui apprirent qu’ils n’étaient que ses parents adoptifs et qu’ils ne savaient pas d’où il venait, puisqu’ils l’avaient trouvé dans une corbeille au bord de la rivière. Bien qu’il les aimait énormément, il ne put s’empêcher de prendre la décision d’aller à la recherche de ses propres parents. Il s’en alla avec leur bénédiction, promettant de revenir très bientôt. D’une ville à une autre, après plusieurs mois de marche, il arriva dans le royaume de son père. Là, il entendit parler de « la mère du corbeau », l’épouse du roi, qui avait mis au monde un affreux corbeau noir alors qu’elle avait promis au roi de lui donner un garçon avec une corne d’or et une corne d’argent. On lui dit qu’elle vivait toujours dans le royaume, qu’elle gardait les chameaux et qu’elle dormait avec les chiens. Il alla se présenter au roi et sans rien dire, enleva la coiffe qui lui couvrait toute la tête et le front, et qu’il portait depuis qu’il était enfant. Le roi n’en revenait pas. « Qui es-tu ? lui demanda-t-il. Approche ici, Qu’as-tu sur le front ? Des cornes ? C’est en or, C’est en argent ? » – « Je ne sais pas, répondit le jeune homme. Mais je viens d’apprendre que mon père et ma mère avec lesquels j’ai vécu depuis que je suis né, ne sont en fait que mes parents adoptifs. Ils m’ont recueilli, alors que j’étais abandonné au bord d’une rivière. Et j’aimerai connaître mon histoire ! » Le roi convoqua sur-le-champ « la mère du corbeau » et toutes les personnes qui l’avaient assistée pendant l’accouchement. Lorsque les deux épouses et la settouta virent ce beau jeune homme avec une corne d’or et une corne d’argent, elles s’évanouirent. Quant à « la mère du corbeau », sa joie était si grande, qu’elle se mit à faire des youyous, oubliant toutes ses années de malheur. Elle pleurait de bonheur en embrassant son fils et en le serrant très fort contre elle. Le roi ordonna qu’on brûla immédiatement la settouta et les deux épouses car il avait tout compris. Il demanda à la mère de son fils, ce qu’il pouvait faire pour qu’elle lui pardonna. « Je te pardonne, lui dit-elle, car tu étais très malheureux. Mais si tu veux que je sois vraiment heureuse, j’aimerai que tu ramènes les parents adoptifs de mon fils, vivre avec nous dans le palais. Sans eux, il serait peut-être mort et nous aurions continué à être malheureux toi et moi ! ». Et le roi fit venir le bûcheron et son épouse et les traita comme un couple princier.

 

Depuis, on entendit tous les jours la musique et les chants dans ce palais, où tout le monde vivait heureux.

 

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