14 décembre, 2008

La Colombe et la Fourmi, Jean de LA FONTAINE

Classé dans : — unpeudetao @ 19:20

Le long d’un clair ruisseau buvait une Colombe,
Quand sur l’eau se penchant une Fourmi y tombe.
Et dans cet océan l’on eût vu la Fourmi
S’efforcer, mais en vain, de regagner la rive.
La Colombe aussitôt usa de charité :
Un brin d’herbe dans l’eau par elle étant jeté,
Ce fut un promontoire où la Fourmi arrive.
Elle se sauve ; et là-dessus
Passe un certain Croquant qui marchait les pieds nus.
Ce Croquant, par hasard, avait une arbalète.
Dès qu’il voit l’Oiseau de Vénus
Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête.
Tandis qu’à le tuer mon Villageois s’apprête,
La Fourmi le pique au talon.
Le Vilain retourne la tête :
La Colombe l’entend, part, et tire de long.
Le soupé du Croquant avec elle s’envole :
Point de Pigeon pour une obole.

 

 

 

Jean de la Fontaine.

 

 

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Une réponse à “La Colombe et la Fourmi, Jean de LA FONTAINE”

  1. Philippe dit :

    - Croquant : « gueux, misérable, qui n’a aucun bien, qui en temps de guerre n’a pour toutes armes qu’un croc.
    - l’Oiseau de Vénus : la colombe était consacrée à Vénus.
    - tire de long : s’enfuit
    - obole : l’obole est une ancienne monnaie valant la moitié d’un denier et par extension une modeste contribution financière.

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