5 août, 2012

La Fortune et le jeune Enfant, Jean de LA FONTAINE

Classé dans : — unpeudetao @ 5:40

           Sur le bord d’un puits très profond
            Dormait étendu de son long,
            Un enfant alors dans ses classes.

 

Tout est aux écoliers couchette et matelas.
            Un honnête homme en pareil cas
            Aurait fait un saut de vingt brasses.
            Près de là tout heureusement,
La Fortune passa, l’éveilla doucement,
Lui disant : «Mon mignon, je vous sauve la vie.
Soyez une autre fois plus sage, je vous prie.
Si vous fussiez tombé, l’on s’en fût pris à moi ;
            Cependant c’était votre faute.
            Je vous demande en bonne foi
            Si cette imprudence si haute
Provient de mon caprice.» Elle part à ces mots.

 

            Pour moi, j’approuve son propos.
            Il n’arrive rien dans le monde
            Qu’il ne faille qu’elle en réponde.
            Nous la faisons de tous écots ;
Elle est prise à garant de toutes aventures.
Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures,
On pense en être quitte en accusant son sort :
            Bref, la Fortune a toujours tort.

 

Jean de LA FONTAINE (1621-1695).

 

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Une réponse à “La Fortune et le jeune Enfant, Jean de LA FONTAINE”

  1. unpeudetao dit :

    - dans ses classes : Un collégien.
    - Nous la faisons de tous écots : L’écot est la participation financière de chacun à un repas commun. Ici, cela veut dire que nous attribuons à la fortune sa part dans tous les événements qui nous concernent. D’autres éditions écrivent échos, ce qui transforme le sens.

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