9 juillet, 2012

Le Parricide, Jean-Pierre Claris de FLORIAN

Classé dans : — unpeudetao @ 14:07

 

Un fils avait tué son père.
Ce crime affreux n’arrive guère
chez les tigres, les ours ; mais l’homme le commet.
Ce parricide eut l’art de cacher son forfait,
nul ne le soupçonna : farouche et solitaire,
il fuyait les humains, il vivait dans les bois,
espérant échapper aux remords comme aux loix.
Certain jour on le vit détruire à coups de pierre
un malheureux nid de moineaux.
Eh ! Que vous ont fait ces oiseaux ?
Lui demande un passant : pourquoi tant de colère ?
Ce qu’ils m’ont fait ? Répond le criminel :
ces oisillons menteurs, que confonde le ciel,
me reprochent d’avoir assassiné mon père.
Le passant le regarde ; il se trouble, il pâlit,
sur son front son crime se lit :
conduit devant le juge, il l’avoue et l’expie.
ô des vertus dernière amie,
toi qu’on voudrait en vain éviter ou tromper,
conscience terrible, on ne peut t’échapper !

 

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794).

 

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