12 juillet, 2012

Les deux Mulets, Jean de LA FONTAINE

Classé dans : — unpeudetao @ 14:59

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé ;
      L’autre portant l’argent de la gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
          Il marchait d’un pas relevé,
          Et faisait sonner sa sonnette ;
          Quand, l’ennemi se présentant,
          Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
          Le saisit au frein, et l’arrête.
          Le Mulet, en se défendant,
Se sent percé de coups, il gémit, il soupire :
Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire ;
          Et moi j’y tombe, et je péris.
          Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
          Tu ne serais pas si malade.

 

Jean de LA FONTAINE (1621-1695).

 

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Une réponse à “Les deux Mulets, Jean de LA FONTAINE”

  1. unpeudetao dit :

    - gabelle : Impôt sur le sel.
    - N’eût voulu pour beaucoup : même en étant payé très cher.
    - d’un pas relevé : en élevant haut le pied et fièrement.
    - du fisc : Trésor public.
    - du danger se retire : se tire du danger.

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