14 octobre, 2008

Les deux voyageurs, Jean-Pierre Claris de FLORIAN

Classé dans : — unpeudetao @ 6:45

Le compère Thomas et son ami Lubin
Allaient à pied tous deux à la ville prochaine.
Thomas trouve sur son chemin
Une bourse de louis pleine ;
Il l’empoche aussitôt. Lubin, d’un air content,
Lui dit : « Pour nous la bonne aubaine !
- Non, répond Thomas froidement,
Pour nous n’est pas bien dit ; pour moi : c’est différent. »
Lubin ne souffle mot ; mais en quittant la plaine,
Ils trouvent des voleurs cachés au bois voisin.
Thomas tremblant, et non sans cause,
Dit : « Nous sommes perdus ! – Non, lui répond Lubin,
Nous n’est pas le vrai mot ; mais toi c’est autre chose. »
Cela dit, il s’échappe à travers le taillis.
Immobile de peur, Thomas est bientôt pris ;
Il tire la bourse et la donne.

 

 

 

Qui ne songe qu’à soi quand la fortune est bonne,
Dans le malheur n’a point d’amis.

 

 

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794).

 

 

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