5 décembre, 2011

Les yeux de l’Amour, Georges Duhamel

Classé dans : — unpeudetao @ 13:46

Il est assez difficile de regarder le ver blanc sans un dégoût coloré, malgré qu’on en ait, d’une sorte de réprobation. « Je voudrais, dis-je à l’affreuse bestiole, je voudrais, pour être juste, et ce n’est vraiment pas facile, te voir avec les yeux de l’amour. C’est le seul moyen de remettre les choses en ordre. Oui, je voudrais te voir avec, par exemple, les yeux de ta fiancée. »
Le ver blanc se tortille, car le grand jour l’importune. Il répond d’un air bougon : « Ma fiancée ? Que voulez-vous dire ? Nous ne connaissons pas l’amour, nous autres, monsieur l’ignorant. Ce sont les hannetons échappés de nos chrysalides qui auront des fiancées. Mais plus tard, beaucoup plus tard. » Evidemment ! Tout s’explique. Impossible de regarder le ver blanc avec indulgence et tendresse.

 

Georges Duhamel (1884-1966).

 

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