7 mai, 2012

Désir (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 14:31

 

      Une esclave, sous l’empire du désir, avait appris à un âne à faire l’amour avec elle et l’animal y avait pris goût. L’esclave utilisait une courge afin de contrôler les assauts de l’âne. C’est-à-dire qu’au moment de l’union, cette chienne enfilait la courge sur le membre de la bête afin de n’en recevoir que la moitié car, sans cette précaution, son vagin et ses intestins eussent été déchirés.
      La maîtresse de l’esclave s’étonnait de voir son âne dépérir de jour en jour. Nul vétérinaire ne découvrait le secret de cette maladie. Or, un jour, par la fente de la porte, elle aperçut son esclave sous l’âne. À cette vue, elle tomba dans l’admiration et aussi dans la jalousie.
      « Comment cela est-il possible ? Je mérite cela bien plus qu’elle ! N’est-ce pas mon âne après tout ? »
      L’âne était passé maître dans sa besogne. La table était mise et les bougies allumées. La maîtresse joua les innocentes et frappa à la porte.
      « Vas-tu continuer longtemps à balayer cette écurie ? Allons ! Ouvre ! »
      L’esclave cacha en hâte son attirail et ouvrit, un balai à la main. La maîtresse lui ordonna alors d’aller en ville faire une course. En réalité, la conversation fut plus longue mais nous préférons abréger ces bavardages !
      Une chienne avait donc remplacé l’autre. Ivre de désir, elle referma la porte. Enfin seule ! Sa joie fut à son comble lorsqu’elle mesura d’un regard le désir de l’âne.
      Le désir rend le coeur aveugle et sourd. Même un âne séduit une beauté. Le désir masque la laideur et c’est de cette manière qu’il prend au piège même les hommes sensés. Si le désir a pu transformer un âne en bel homme, que se serait-il passé si on avait un bel homme à sa place ! C’est l’excès de nourriture qui alimente le désir. Sois sobre ou marie-toi si tu veux être raisonnable !
      En pleine extase, la femme attira l’âne à elle. Mais sa punition ne tarda guère. Pour satisfaire son désir, elle était montée sur la tablette dont se servait l’esclave. Quand l’âne s’approcha, elle souleva ses jambes. Le membre de l’âne était comme un fer chauffé à blanc. Bien dressé, l’animal pénétra la femme et la déchira d’un coup. L’écurie fut remplie de sang. La tablette tomba d’un côté et la femme de l’autre.
      Une mort honteuse engendre la honte. As-tu jamais vu la victime d’un âne ? Écoute : Ton ego animal est comme l’âne mais il est encore pire de se trouver dessous. Si toi, tu meurs un jour à cause de ton désir, sache que tu es plus bas que cette femme. Son désir lui a fait surestimer son appétit et c’est pour cela que la mort l’a prise à la gorge. Ne laisse pas tes désirs t’entraîner hors du juste milieu. Le désir veut tout posséder mais il t’empêche de rien avoir. Garde-toi du désir, ô avide et fils d’avide !
      L’esclave, elle, pleurait dans les rues.
      « Ô ma maîtresse ! Tu as voulu éloigner la vraie maîtresse ! Tu n’as pas voulu que je t’initie. Et tu es morte par ignorance. Tu m’as emprunté mes pratiques mais tu n’as pas osé te renseigner plus avant. O femme idiote ! Tu n’as vu que l’apparence et n’as pas songé au contenant ! Tu as bien vu le membre luisant de l’âne mais que n’as-tu vu aussi la courge ! L’amour de l’âne t’a tellement excitée que tu en es devenue aveugle ! »
      Bien des hommes, une canne à la main, se prennent pour Moïse ou Jésus.

 

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