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19 janvier, 2013

Et la compagnie, Jean Calvet

Classé dans : — unpeudetao @ 18:51

Je me promenais dans un chemin creux et ombreux de ma campagne, quand j’ai rencontré, derrière un fourré et trois brebis, une vieille pliée en deux sur son bâton. Comme je dois reconnaître tout le monde, je lui ai dit :
- Bonjour Catinelle.
Elle s’est redressée à moitié et m’a répondu :
- Bonjour, Monsieur le Curé et la compagnie.
- Comment, grand-mère ? Je suis tout seul, où voyez-vous la compagnie ?
Elle s’est redressée entièrement, et j’ai vu son visage creusé de rides et ses yeux clairs encore beaux. Elle m’a dit gravement :
- Et l’ange gardien, qu’en faites-vous ?
- Mère, pardon. J’allais oublier l’ange gardien ; je vous remercie de me l’avoir rappelé.

 

J’avais reçu une fière leçon. Le peuple chrétien garde les traditions que les intellectuels abandonnent. Les sources ne se perdent pas, comme on le croit parfois ; elles descendent d’un étage dans le sous-sol.

 

Jean Calvet (1874-1965).

 

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Une réponse à “Et la compagnie, Jean Calvet”

  1. unpeudetao dit :

    Nul du Père n’est accueilli
    Qui n’est semblable à ses petits..
    C’est pourquoi que nul ne méprise
    A cause qu’il ne la voit pas
    Cette main que Dieu a commise
    Pour tenir la nôtre ici-bas.
    Nulle route n’est si raide
    Qu’un ange ne nous précède.
    Près de l’infirme et du vieux
    Se tient quelqu’un qui voit Dieu.
    Malheur à qui le scandalise !

    Paul Claudel (1868-1955).

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