3 juillet, 2009

026 – 028

Classé dans : — unpeudetao @ 16:56

26. Jésus disait :
La paille qui est dans l’oeil de ton frère, tu la vois.
Mais la poutre qui est dans ton oeil, tu ne la vois pas.
Lorsque tu ôteras la poutre de ton oeil,
alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’oeil de ton frère.

 

 

 

27. Jésus disait :
Si vous ne jeûnez pas au monde,
vous ne trouverez pas le Royaume.
Si vous ne célébrez pas le Shabbat comme un
Shabbat, vous ne verrez pas le Père.

 

 

 

28. Jésus disait :
Je me suis tenu au milieu du monde
et je me suis révélé à eux dans la chair.
Je les ai trouvés tous ivres.
Personne parmi eux qui ait soif,
et mon âme s’est affligée sur les fils des hommes,
car ils sont aveugles dans leur coeur.
Ils ne voient pas.
Nus ils sont venus au monde,
nus ils en sortiront.
À cette heure ils sont ivres.
Quand ils auront vomi leur vin
ils retrouveront leur esprit.

Une réponse à “026 – 028”

  1. unpeudetao dit :

    Logion 26
    Jésus se révèle de nouveau, dans ce logion, comme thérapeute. Il dévoile les mécanismes de la projection et du transfert.
    Ce que nous reprochons aux autres n’est souvent que la projection de ce que nous nous reprochons à nous-mêmes ; mais que nous n’osons pas nous avouer. Ce que nous supportons le moins chez les autres, ce sont nos propres défauts.
    À écouter certaines conversations, on en apprend plus sur la personne qui parle que sur la personne dont on parle. Par exemple : lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est intelligent, il faut sous-entendre : « Il pense comme moi » ; s’il est stupide, il faut sous-entendre : « Il ne pense pas comme moi. »
    « Juger les autres, c’est se juger soi-même. » La paille que nous remarquons chez autrui, c’est notre poutre refoulée… Être attentif aux jugements spontanés qui naissent dans notre esprit nous apprendra beaucoup sur nous-même et notre inconscient. Lorsque celui-ci sera un peu plus clarifié, nous verrons clair chez les autres et nous verrons qu’ils n’ont pas tant besoin d’être jugés que d’être aimés et que cet amour inconditionnel peut-être le point de départ de leur transformation vers la lumière.

    Logion 27
    « Être dans le monde, mais ne pas être de ce monde », ce thème revient souvent dans les Évangiles.
    Jeûner au monde, c’est manifester sa liberté à l’égard de celui-ci. Pour bien voir les tours de la ville, il faut en sortir. Ce temps de recul est nécessaire à la vie de l’homme. C’est le sens profond du Shabbat qui veut dire littéralement « arrêter » (les juifs contemporains, lorsqu’ils durent trouver un mot pour exprimer l’idée de « grève », fabriquèrent un dérivé du mot « shabbat » : chévita).
    On connaît l’importance du Shabbat pour le peuple juif. Il s’agit, chaque semaine, de s’arrêter, de « cesser » de faire, d’arracher le monde et notre vie aux mécanismes de la production; prendre le temps d’être, de s’asseoir devant Dieu…
    C’est aussi le jour où tous les hommes sont égaux. Ils cessent de jouer leurs rôles socio professionnels, simplement pour « être des hommes ». Leur relation filiale avec Dieu leur fait découvrir dans le même mouvement leur relation « fraternelle » à l’égard de toute créature.
    Introduire du Shabbat dans notre vie, c’est introduire des temps « d’arrêt », revenir, au milieu de nos agitations, à notre être essentiel. Prendre le temps de se poser les questions : « Qui est le moteur de l’action ? Qui pense ? Qui suis-je ? »
    Le temps du Shabbat, c’est aussi ce moment d’arrêt de notre appareil psychomental où le temps est comme suspendu… Alors peut s’élever, du coeur de notre buisson d’humanité, un écho du pur et simple JE SUIS.

    Logion 28
    Le thème de « l’homme ivre » dans la gnose s’oppose à celui de « l’homme de lumière ». Être ivre, c’est avoir l’esprit et le coeur épaissis, enivrés par les apparences. Rien à voir avec « la sobre ivresse » dont parle Grégoire de Nysse qui est une extase paisible dans la Présence de l’Être… L’homme ivre, c’est celui dont la vue est troublée et même aveuglée par ses pseudo-certitudes; il pense « avoir » la vérité, alors qu’il s’agit d’ »être » la vérité, d’être vrai.
    Sortir de l’ivresse, de l’autosatisfaction, de l’hébétement qu’entretient en nous un mental obscurci et borné, c’est lâcher les « vérités qu’on a », ces concepts inutiles qui réduisent le Réel, pour découvrir la vérité qu’on est, la Présence lumineuse, insaisissable de « Celui qui Est », selon le corpus aréopagitique, « infiniment plus qu’Être ».

    Nus, nous sommes venus dans le monde. Nus, nous en sortirons. Il importe de se le rappeler non pour s’en accabler, mais pour entretenir en nous le minimum de la lucidité. Nous n’avons pas l’Être par nous-même. Par nous-même, nous ne sommes que « pur néant ». Cette épreuve de la lucidité va nous aider à vomir notre vin, à sortir de l’illusion et de l’inflation de l’ego. On retrouve alors notre véritable nature : « un esprit neuf et un coeur nouveau ».
    L’Évangile de Vérité (22, 13 à 19) ajoute : « Celui qui possède la gnose, sait d’où il vient et où il va. Il sait comme quelqu’un qui, s’étant enivré, s’est détourné de son état d’ivresse, a accompli un retour sur soi-même et a rétabli ce qui lui est propre. »

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