3 juillet, 2009

043 – 045

Classé dans : — unpeudetao @ 17:37

43. Les disciples lui demandaient :
Qui es-tu ? Toi qui nous dis cela ?
Par les choses que je vous dis
ne savez-vous pas qui je suis ?
Mais êtes-vous devenus comme les judéens :
S’ils aiment l’arbre,
ils détestent le fruit.
S’ils aiment le fruit,
ils détestent l’arbre.

 

 

 

44. Jésus disait :
Celui qui aura blasphémé contre le Père,
on lui pardonnera,
et celui qui aura blasphémé contre le Fils,
on lui pardonnera.
Mais celui qui aura blasphémé contre l’Esprit Saint,
on ne lui pardonnera pas,
ni sur la terre, ni au ciel.

 

 

 

45. Jésus disait :
On ne récolte pas des raisins sur des épines.
On ne cueille pas des figues sur des chardon
Ils ne donnent pas de fruits.
L’homme bon, du secret de son coeur,
il produit de la bonté.
L’homme pervers, du secret de son coeur,
il produit de la perversité.
Ce qui s’exprime,
c’est ce qui déborde du coeur.

Une réponse à “043 – 045”

  1. unpeudetao dit :

    Logion 43
    Dans l’Évangile de Jean, les pharisiens demandent à Jésus : « Qui es-tu ? » Jésus répond : « D’abord ce que je vous dis. »
    L’enseignement de Jésus est proche de celui des pharisiens, mais la différence c’est qu’ »eux ils disent, mais ne font pas » et lui, ce qu’il dit, il le fait, il l’est. Il n’y a pas cette dualité ou cette contradiction entre la parole et l’acte, mais totale transparence.
    L’écouter, entendre sa parole, la méditer, c’est avoir accès au mystère même de son Être. L’Information créatrice qui parle par sa bouche et qui agit dans chacun de ses gestes est Une.
    La fin du logion nous rappelle que le fruit et l’arbre sont Un et qu’on ne voit pas fleurir des roses sur un cognassier. Ce que dit Jésus, c’est le fruit de la Thora. C’est l’accomplissement de la Loi et des prophètes. Il est le fruit mûr d’Israël, mais les pharisiens juifs, s’ils aiment l’arbre, détestent le fruit (Jésus), comme les pharisiens chrétiens, s’ils aiment le fruit, détestent l’arbre (le judaïsme).
    Le jour où le judaïsme et le christianisme ne se feront plus la guerre, le jour où l’arbre sera fier de son fruit et où le fruit bénira toutes les racines de son arbre, il se fera une clarté de paradis… Lorsque les deux seront Un, on comprendra ce qu’est l’arbre de vie…

    Logion 44
    On peut manquer d’intelligence, être incapable de remonter des effets variés de la création vers une « cause première » : on peut ne pas reconnaître le Père. On peut aussi manquer de coeur, ne pas être émerveillé de tant d’amour et de beauté dans un homme, on peut ne pas s’étonner d’une telle patience et d’une telle miséricorde, on peut ne pas reconnaître le Fils… Mais ne pas reconnaître l’Esprit, le Souffle, la Vie même de notre vie, c’est plus grave, c’est se nier soi-même.
    Ce logion nous rappelle au passage la grandeur de la vision de Dieu comme Uni-Trinité. Le Père, c’est l’Être perçu comme Transcendance, comme Altérité pure. Le Fils, c’est l’Être perçu dans son caractère immanent, présent dans l’élévation de toute chose vers sa fin. L’Esprit, c’est le lien entre la Transcendance et l’Immanence.
    Là où il manque l’Esprit on s’enferme dans des religions de la transcendance, et alors Dieu reste un inconnu, un inaccessible. Comme le fera Prévert, on pourra blasphémer et dire : « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y… »
    S’il n’y a que le Fils, on s’enferme également dans une religion de l’immanence et l’homme devient un dieu pour l’homme. Il se suffit et s’enferme sur lui-même, sans ouverture au transcendant.
    L’Esprit Saint préserve à la fois la Transcendance de Dieu et le réalisme de l’expérience immanente. Blasphémer contre l’Esprit, c’est nier la possibilité de la divinisation, c’est-à-dire du lien entre le Transcendant et l’Immanent. C’est nier l’Union et l’Unité du Père et du Fils.
    Pourquoi à celui qui aura blasphémé contre l’Esprit Saint n’y aura-t-il pas de pardon ? « Dieu peut tout faire, nous disent les Pères de l’Église, sauf de forcer l’homme à l’aimer. » Dieu ne peut rien contre le refus du pardon et de la miséricorde. Dieu ne peut rien contre celui qui brûle le pont qui lui était offert et qui faisait le lien entre les deux rives.
    Refuser l’Esprit Saint, c’est refuser cette possibilité de l’Union de l’homme avec Dieu. C’est refuser cette grâce toujours offerte de l’Union de Dieu avec l’homme, c’est s’enfermer en soi-même.
    S’il y a un enfer, c’est parce que Dieu est Amour et que l’homme est liberté… il est capable de dire non, et l’Amour ne peut pas forcer une porte qui se ferme. Ce ne serait plus l’Amour.

    Logion 45
    « C’est à leur fruit que vous les reconnaîtrez », tel est le discernement proposé par le Christ.
    Saint Paul, dans l’Épître aux Galates, commentera ce logion avec abondance en opposant les fruits de l’Esprit et les fruits de la chair, « la chair » étant ici entendue, comme le mot « monde » chez saint Jean, dans le sens d’humanité se suffisant à elle-même et se refusant à la grâce : « Si l’Esprit vous anime, vous n’êtes pas sous la Loi.
    On sait bien tout ce que produit la chair : fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, discussions, scissions, sentiments d’envie, orgies, ripailles et choses semblables… Mais le fruit de l’Esprit est : amour, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi ; contre de telles choses, il n’y a pas de loi. »
    Le fruit révèle la nature de l’arbre ; les paroles, les actes d’un homme révèlent le secret de son coeur, l’esprit qui l’habite.

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