3 juillet, 2009

061 – 063

Classé dans : — unpeudetao @ 20:52

61. Jésus disait :
Deux se reposeront sur un lit,
l’un mourra, l’autre vivra.
Salomé l’interrogea :
Qui es-tu, homme,
d’où viens-tu ? de qui es-tu né ?
pour monter sur mon lit et manger à ma table ?
Jésus leur dit :
Je suis celui qui est issu de Celui qui est l’Ouvert.
Il m’a été donné ce qui vient de mon Père.
Salomé répondit : Je suis ta disciple.
Jésus lui dit :
C’est pourquoi j’affirme quand le disciple est ouvert,
il est rempli de lumière.
Quand il est partagé,
il est rempli de ténèbres.

 

 

 

62. Je révèle mes mystères
à ceux qui se font capables.
Que ta main gauche ignore
ce que fait ta main droite.

 

 

 

63. Jésus disait :
Il y avait un homme riche qui avait beaucoup d’argent.
Il dit : J’emploierai mon argent à semer,
moissonner, planter, remplir mes greniers de fruits,
si bien que je ne manquerai de rien.
Voilà ce qu’il pensait dans son coeur.
La nuit même, il mourut.
Que celui qui a des oreilles, entende !

Une réponse à “061 – 063”

  1. unpeudetao dit :

    Logion 61
    Tant qu’on est « deux » dans un lit, tant qu’on n’a pas fait le deux Un, il y a des chances pour que l’un domine et que l’autre soit dominé. « L’un mourra, l’autre vivra. » La dualité implique des rapports de force, que ce soit dans un lit ou ailleurs. Être Un sur un lit, c’est reconnaître la Présence de l’Être Unique qui pose chacun dans son altérité.

    Salomé, l’amie intime de Jésus, l’initiée dont nous parle la Pistis Sophia, l’interroge lorsque Jésus est sur son lit et mange a sa table : « Qui es-tu, homme ? D’où viens-tu ? » Quelle est l’origine de la communion qui nous est donnée de vivre ?
    Jésus répond : « Je suis celui qui est issu de Celui qui est l’Ouvert. »
    L’Ouvert, selon Rilke, c’est le nom le moins blasphématoire de Dieu, celui qui l’enferme le moins. L’Ouvert, c’est l’Espace infini au coeur même de l’Espace, celui qui contient tout et n’est contenu par rien.
    Tout le processus de transformation de l’homme est un processus d’ouverture, que ce soit au niveau physique (déblocage des tensions), au niveau psychique (dénouer les noeuds de la mémoire), au niveau spirituel (permettre à l’Amour et à la Lumière de vivre, de pardonner, d’éclairer à travers nous).
    Le but de cette transformation est de demeurer dans l’Ouvert : le corps perméable à toutes les énergies de l’Univers, le coeur ouvert à une haute tendresse, l’esprit transparent, miroir où se « réfléchissent » paisiblement les mille et une choses…
    L’homme totalement « ouvert » (cela ne veut pas dire sans forme) permet alors à l’Un de se manifester L’Unité de toutes choses se révèle alors en lui et à travers lui. Tant qu’il y a peur, crispation, fermeture, tant que le coeur est partagé, c’est-à-dire divisé dans la dualité, non ouvert, la lumière ne peut entrer. Fermer ses volets, c’est dommage pour la maison. Cela pourtant n’empêchera pas le soleil de briller…
    Salomé a répondu : « Je suis ta disciple. » Elle s’est faite la demeure de l’Ouvert, une maison pour abriter le vent, un corps de « christal » pour manifester la lumière.

    Logion 62
    Dieu donne à chacun selon ce qu’il peut contenir. Dans le processus d’ouverture de la conscience, il s’agit de se rendre de plus en plus capax Dei, réceptif à la pure lumière, digne des mystères…
    Alors « que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite », qu’elle ne garde pas l’empreinte de ce qu’elle a donné, sans mémoire et sans attachement aux fruits de l’Action, qu’elle redevienne toujours ouverte et disponible pour sentir dans sa paume le mystère et la fraîcheur de l’instant.

    Logion 63
    « Ne manquer de rien. » Accumuler, tenir richesses, savoirs et pouvoirs ne nous donne pas encore la véritable sécurité. Tout cela peut nous être enlevé d’un moment à l’autre. La mort met en faillite tous nos vénérables commerces.
    Notre manque est infini et l’Infini seul peut le combler. Toutes choses finies ne font que creuser davantage notre béance essentielle. Accepter cette faille, ce désir, le garder ouvert comme la fenêtre par où l’inconnu pourra pénétrer « cette nuit même ».
    Vivre la fenêtre ouverte comme ceux à qui la mort ne peut plus rien enlever parce qu’ils ont déjà tout donné.

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