4 juillet, 2009

064 – 065

Classé dans : — unpeudetao @ 6:09

64 : Un homme avait des invités.
Ayant préparé le repas, il envoya son serviteur
pour chercher ses invités.
Il alla vers le premier et lui dit : Mon maître te convie.
Celui-ci répondit : J’ai affaire d’argent à traiter avec des marchands. Ils viennent ce soir. Je dois leur donner mes instructions.
Excuse-moi pour le repas…
Il alla vers un autre et lui dit : Mon maître te convie.
Il lui répondit :
Je viens d’acheter une maison et il me faut un jour.
Je ne suis pas disponible.
Il revint vers un autre et lui dit : Mon maître te convie.
Il répondit : Mon ami va se marier et c’est moi qui dois préparer le repas. Je ne pourrai pas venir.
Excuse-moi.
Il alla vers un autre et lui dit : Mon maître te convie.
Il répondit : J’ai acheté une ferme. Je vais y percevoir les redevances. Je ne pourrai pas venir.
Excuse-moi.
Le serviteur revint vers son maître et dit :
Ceux que tu as invités au repas se sont excusés.
Le maître dit alors à son serviteur :
Va dehors sur les chemins. Ceux que tu trouveras, amène-les, afin qu’ils dînent avec moi.
Les acheteurs et les marchands n’entrent pas dans la demeure de mon Père.

 

 

 

65 : Jésus disait :
Un homme de bien avait une vigne.
Il la donna à des ouvriers pour qu’ils la travaillent
et pour en recevoir d’eux le fruit.
Il envoya son serviteur pour que les ouvriers
lui donnent le fruit de la vigne.
Ceux-ci s’emparèrent de son serviteur et le frappèrent :
peu s’en fallut qu’ils ne le fissent mourir.
Le serviteur s’en alla et le dit à son maître.
Son maître pensa : Peut-être ne l’ont-ils pas reconnu ?
Il envoya un autre serviteur.
Les ouvriers frappèrent aussi celui-là.
Alors le maître envoya son Fils.
Il dit : Peut-être auront-ils des égards pour mon Fils.
Quand les ouvriers surent qu’il était l’héritier de la vigne,
ils le saisirent et le tuèrent.
Que celui qui a des oreilles, entende !

Une réponse à “064 – 065”

  1. unpeudetao dit :

    Logion 64
    Comme toute parole d’Écriture, cette parabole peut être lue au moins à trois niveaux :
    1 : Au niveau de la lettre et de l’histoire. Il s’agit d’invités qui ne peuvent répondre à celui qui les invite pour de bonnes raisons : rendez-vous avec des marchands, achat d’une maison, mariage d’un ami, redevances à percevoir… L’hôte déçu ouvre alors son repas à tous ceux qui seront trouvés en chemin…

    2 : Une lecture « psychologique » de ce texte nous révèle le peu d’amour, le peu d’intérêt apporté à l’invitation, révélation d’un non-désir mais aussi révélation de ce travers qu’a l’homme de se trouver de bonnes excuses et justifications lorsqu’il s’agit de ne pas répondre à l’appel intérieur. Invités à des noces, invités à unir en nous le créé et l’incréé, nous avons bien d’autres choses à faire. Nous sommes tellement « occupés ». Ne sommes-nous pas sans cesse sous l’occupation et la pré-occupation… ? Qui nous délivrera de cette guerre froide que nous nous faisons à nous-même ?
    Chasser l’occupant, retrouver sa vacance… se libérer de l’ego, retrouver le Soi véritable.
    Le premier pas vers cette libération c’est d’abord de retrouver le désir de l’Essentiel. Savoir ce qui a priorité dans notre vie. Que désirons-nous vraiment ? Que voulons-nous vivre ?
    Ensuite, la maturité sera de ne plus s’excuser, de ne plus nous justifier, être responsables de nos actes, de nos enthousiasmes comme de nos refus. Ne pas accuser la femme, l’ami, l’autre de mon peu de désir et de disponibilité.

    3 : Un dernier élément de ce logion nous conduit au niveau métaphysique. « Les acheteurs et les marchands n’entrent pas dans la demeure de mon Père. »
    Les marchands, les acheteurs ont toujours plus ou moins l’esprit occupé. Ensuite, il faut dire que la vérité, la liberté ne s’achètent pas tout comme le bonheur ou l’amour. Ce n’est pas de l’ordre de l’avoir.
    Maître Eckart disait que certains ont cet « esprit marchand » même avec Dieu. Ils Le traitent comme « une vache à lait » et attendent de Lui qu’il réponde à leurs demandes et à leurs besoins.
    Dieu ne s’achète pas. Il est gratuit, Il est la gratuité même. Il résiste à nos volontés de « possession » sur Lui, on ne peut pas L’avoir, L’utiliser comme une chose. Pourtant Il se donne à ceux qui ont l’esprit « dispos », disponible, sans calcul, sans attente, sans étouffée dans l’étreinte. Ceux qui ne recherchent même pas le salut et la paix (cela leur sera donné par surcroît) entrent dans la demeure du Père.
    Ce terme de « demeure » est également cher à l’Évangile de Jean. La demeure du Père, c’est le lieu de la Source, de l’Origine de la Vie.
    Ainsi ce logion nous rappelle que ceux qui sont ouverts ou vacants, non occupés, sans calcul, attentifs à la Présence qui se manifeste dans l’instant, touchent terre et touchent ciel. Ils demeurent dans l’origine des deux et le Père Unique se manifeste à travers eux comme dans le Fils.

    Logion 65
    Le sens habituel que l’on donne à cette parabole est que Dieu a d’abord envoyé dans le monde « sa vigne », ses serviteurs, les sages et les prophètes, mais les hommes n’ont pas écouté leurs voix et les informations qu’ils communiquaient… Alors il a envoyé non seulement un prophète, un serviteur, mais un Saint, Celui qui incarne dans l’espace-temps Sa Présence, Son Image et Sa Ressemblance : Son Fils.
    Tuer le Christ dans l’histoire ou tuer le Fils en nous, c’est-à-dire ce qui ressemble à Dieu, l’Amour et la Lumière, c’est le même meurtre, la même folie : empêcher le Vivant de donner son Fruit.

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