4 juillet, 2009

077 – 079

Classé dans : — unpeudetao @ 15:17

77. Jésus disait :
Je suis la Lumière
qui illumine tout homme.
Je suis le Tout.
Le Tout est sorti de moi
et le Tout est parvenu à moi.
Fendez du bois, je suis là.
Soulevez une pierre,
vous me trouverez là.

 

 

 

78. Jésus disait :
Pourquoi battez-vous la campagne ?
Pour voir un roseau agité par le vent ?
Pour voir un homme ayant sur lui des vêtements
délicats comme vos rois et vos grands personnages ?
Ceux-ci ont sur eux des vêtements délicats.
Ils ne pourront connaître la vérité.

 

 

 

79. Une femme dans la foule lui dit :
Heureux le ventre qui t’a porté
et les seins qui t’ont nourri !
Il répondit :
Heureux plutôt ceux qui écoutent
la Parole du Père
et l’observent en vérité,
car viendront des jours
où vous direz :
Heureux le ventre qui n’a pas enfanté
et les seins qui n’ont pas allaité.

Une réponse à “077 – 079”

  1. unpeudetao dit :

    Logion 77
    Dans quel sens, Jésus peut-il dire : « Je suis le Tout » ? Il est le Tout quand il manifeste en lui l’intégration de toutes les polarités, de tous les contraires, lorsqu’il incarne l’union du divin et de l’humain, du fini et de l’infini, du temps et de l’Éternel…
    On a pu dire aussi du Christ qu’il avait pris tous les visages de l’homme, qu’aucun ne lui était étranger. Il a pris le visage de l’homme transfiguré et de l’homme défiguré.
    Il a été le Sage, le Maître qui enseigne sur la Montagne. Il a été aussi l’esclave, l’agneau qu’on conduit à l’abattoir. Visage de l’extrême lumière et de l’extrême nuit, souffrance et béatitude. Il a connu  » tous  » les états de l’homme y compris la mort.
    Ainsi, quand Jésus dit : « Je suis le Tout », il ne s’agit pas d’un grand Tout un peu vague, mais de la puissance d’intégration de toutes les polarités qui sont dans l’homme et dans l’Univers, le Pléroma dont parle saint Paul, la Plénitude. Et nous sommes invités sur cette voie de plénitude. Il ne faut renoncer à rien, mais tout est à transfigurer, à intégrer, même l’absurde, le mal et la mort, comme nous l’a montré le Christ.
    Psychologiquement, on peut dire qu’il est Vivant en nous lorsque nous sommes « totalement » nous-mêmes, que nous ne renions rien de nous-mêmes et que nous ne sommes plus cet être morcelé dont les différents morceaux plus ou moins bien choisis n’arrivent que difficilement à se joindre.
    Les moments d’expérience de l’Être sont des moments de totalité où nous échappons à l’aspect fragmentaire du temps. Nous sommes alors tout entiers Présent.
    De la fin de ce logion : « Fendez du bois, je suis là », on trouve différents types d’interprétation :
    1 : Une interprétation moralisante : « Fendre du bois, soulever des pierres, c’est un dur travail, mais sache que dans ce travail, je suis là, je suis avec toi. » C’est la thèse du célèbre exégète Joachim Jérémias dans son livre sur Les Paroles inconnues de Jésus : « Pour le disciple de Jésus, le travail n’est pas danger, fardeau, souffrance, mais présence du Seigneur ! C’est moi que tu trouveras lorsque tu casses des pierres, je suis là quand tu fends du bois ! Dans Mt 18 à 20, Jésus promet sa présence à ceux qui prient en son nom ; ici il la promet à ceux qui font de durs travaux » (p. 105).

    2 : L’interprétation métaphysique de ce logion verra plutôt ici l’affirmation que toute chose participe selon son mode et son degré à la vie même de l’Être. On pourra dire de l’intelligence créatrice qu’elle fleurit dans l’arbre au printemps, qu’elle se fait lourde dans la pierre, chante dans l’oiseau et qu’elle prend conscience d’elle-même dans l’homme. L’homme théandrique (le Christ) récapitule tous les différents degrés d’existence du Cosmos. C’est en ce sens également qu’il peut dire : « Je suis le Tout. »
    Cette Présence cosmique du logos « Tout en Tous », dira saint Paul, a été trop oubliée en Occident par crainte du panthéisme.
    Dans ce logion, il ne s’agit nullement d’adorer une pierre ou un morceau de bois, mais de reconnaître la Présence du Vivant en tout ce qui existe, fraterniser, comme le faisait saint François, avec notre Soeur la Lune et notre Frère le Soleil…

    Logion 78
    D’abord, pourquoi battre la campagne ? Le Royaume n’est pas ici ou là.
    Ensuite, ceux qui ont sur eux des vêtements délicats risquent de nous tromper avec leurs apparences.
    Il faut chercher l’homme nu, pas le personnage. Jésus, c’est cet homme nu qui ne joue aucun rôle. Notre tentative, c’est d’en faire un grand personnage, une idole.
    La vérité, l’alétheïa, est un processus de dévoilement : quitter ses illusions, enlever les revêtements du Soi. Nu devant l’Amour… qui aurait peur du froid ?…

    Logion 79
    Il y a les liens du sang. Il y a les liens de l’Esprit. Être de la famille de Jésus, c’est l’écouter et mettre sa parole en pratique. Cette parole est une information nouvelle, un sang nouveau qui nous transforme à son image et à sa ressemblance.
    La fin du logion rappelle le caractère relatif de la reproduction, à quoi bon engendrer, se perpétuer dans l’espace et le temps, si le sens de tout cela nous échappe ?
    « Dès qu’un enfant est né, il est déjà assez vieux pour mourir », disait le philosophe. Cette parole désabusée pourrait être un écho du Dialogue du Sauveur, cité par H.-Ch. Puech : « Celui qui naît à la vérité, ne meurt pas. Celui qui naît de la femme, ne peut que mourir. » Encore une fois, la naissance et la reproduction charnelle ne suffisent pas, « Il faut naître d’En Haut » (Jn 3, 5).

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