4 juillet, 2009

080 – 084

Classé dans : — unpeudetao @ 15:21

80. Jésus disait :
Celui qui connaît le monde découvre le corps.
Mais celui qui découvre le corps
le monde n’est pas digne de lui.

 

 

 

81. Celui qui est devenu riche,
puisse-t-il devenir roi.
Et celui qui possède la puissance,
puisse-t-il renoncer !

 

 

 

82. Jésus disait :
Qui est près de moi
est près du feu !
Qui est loin de moi
est loin du Royaume.

 

 

 

83. Jésus disait :
Les images se manifestent à l’homme
et la lumière qui est en elles est cachée.
Dans l’icône de la lumière du Père
elle se manifestera,
et l’icône sera voilée par la lumière.

 

 

 

84. Jésus disait :
Quand vous voyez
à qui vous ressemblez,
vous vous réjouissez.
Mais lorsque vous verrez vos icônes,
celles qui étaient avant vous,
qui ne meurent ni ne se manifestent,
quelle grandeur !

Une réponse à “080 – 084”

  1. unpeudetao dit :

    Logion 80
    Connaître le monde, l’observer, c’est de plus en plus le découvrir comme un corps, un corps animé, vivant, dont tous les membres sont liés les uns aux autres.
    Découvrir ce grand corps cosmique, c’est s’approcher, dans le même mouvement, de son âme, de ce qui l’anime, l’informe, lui donne d’être ce qu’il est.
    Il faut épouser l’âme du monde, disent les gnostiques. Or, c’est « dans le véritable amour que l’âme enveloppe le corps » (Nietzsche).
    Le corps est beau comme le monde est beau. Il est la « chair » de Dieu. Mais c’est l’amour qui nous rend libres à son égard. Il n’est que le sacrement d’une Présence réelle, mais toujours insaisissable.
    Toucher la terre, toucher le corps, comme un épiderme fragile, enveloppe du Souffle et de l’Abîme…

    Logion 81
    Jésus n’est pas venu abolir, mais accomplir !
    Le papillon ne vient pas détruire la chenille. Il l’accomplit. Aussi, avant de parvenir à un état théandrique, faut-il être tout simplement humain. On ne peut renoncer qu’à ce qu’on possède. Avant de renoncer à son « ego », encore faut-il en avoir un !
    C’est là un des dangers de ceux qui s’engagent sur la voie spirituelle. Ils croient avoir dépassé l’état humain, alors qu’ils sont plutôt à côté ou « en deçà ».
    Dans ce logion, Jésus nous conseille de devenir riches, puis de devenir roi, d’aller au bout de nos possibilités pour bien en ressentir la vanité ; sinon il y aura en nous de l’amertume, de l’inaccompli. Ce n’est pas en écrasant la chenille qu’on l’aide à devenir papillon. Il faut lui permettre de grandir, d’aller au terme de sa croissance et alors vient l’heure de la mutation, du Passage, dans une autre forme.
    Jung parlera de « processus d’individuation » : d’abord réaliser son « moi », l’accomplir dans la société, puis le relativiser, laisser place au Soi. Substituer aux valeurs de l’avoir et de la réussite les valeurs de l’Être et de la Transcendance. Il faut gonfler le ballon, qu’il accomplisse toute sa forme, alors il suffira d’un « presque rien », d’un souffle léger, pour qu’il éclate et devienne « pur Espace ».

    Logion 82
    Ce logion constitue, selon J.-E. Ménard, une des meilleures preuves que l’Évangile de Thomas pourrait reproduire une tradition indépendante de celle des textes canoniques néotestamentaires et parallèle à elle. On le retrouve déjà chez Origène (in Jr Hom xx, 3) et chez Didyme d’Alexandrie (commentaire du Ps 88, 8). J. Jérémias indique également que ce logion est attesté par Éphrem et par Ignace.
    Ainsi, les Pères verront dans le Christ un nouveau Buisson Ardent. Qui s’approche de lui, s’approche du Feu et entend la Voix même de l’Innommable : « Je Suis. »
    Si le feu nous brûle, c’est que nous ne sommes pas encore le feu. Il n’y a qu’une façon de se délivrer de « cette maladie qui s’appelle Jésus » (mot d’un mystique musulman), c’est de devenir Lui, Lui laisser toute la place et sentir notre bois sec s’éclairer, se réchauffer du dedans et, tout à coup, danser comme une flamme de Pentecôte… !

    Logion 83
    La multiplicité des images cache la lumière. Elles distraient le regard. Parfois comme des pierres polies, elles la reflètent davantage.
    Mais c’est le Fils qui est l’Icône, qui est le Diamant dans lequel toute la lumière du Père peut manifester son éclat. « Le Fils est le Visible du Père Invisible », dira saint Irénée. Il est son Icône, Sa Présence incarnée.
    L’Épître aux Colossiens est encore plus explicite : « Il est l’image du Dieu Invisible, Premier-Né de toutes créatures, car c’est en Lui qu’ont été créées toutes choses dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles… Il est avant toutes choses et tout subsiste en Lui… » (Col 1, 15 à 17).
    Cette fois, l’Icône ne cache pas la lumière, elle la manifeste. C’est la lumière elle-même qui l’enveloppe et la voile. La Révélation du Christ n’enlève pas le Mystère, elle l’approfondit davantage.

    Logion 84
    La gnose n’est pas un exercice d’imitation extérieure : chercher à ressembler à quelqu’un, surtout pas au Christ. L’imiter ne peut tourner qu’à la « singerie » ou à la caricature. Le Christ n’est pas un modèle extérieur à imiter, mais une source intérieure à laisser jaillir et à suivre.
    Par ailleurs, nous dit un texte patristique, au jour du jugement, on ne nous demandera pas si nous avons été comme saint François ou comme Jésus, si nous avons ressemblés à tel saint ou à tel autre, on nous demandera si nous avons été nous-mêmes…
    Chacun a à devenir soi-même, à réaliser l’icône que le doigt du Père (l’Esprit) dessine et informe en nous (le Fils).
    Nous avons à découvrir notre icône essentielle, « ce que nous sommes avant d’avoir été ». L’image de Dieu qui ne naît, ni ne meurt. De cela nous pouvons nous réjouir, « la créature porte en elle l’incréé ».

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