4 juillet, 2009

085 – 088

Classé dans : — unpeudetao @ 15:25

85. Jésus disait :
Adam est issu d’une grande puissance
et d’une grande richesse,
mais il n’a pas été digne de vous.
S’il en avait été digne
il n’aurait pas connu la mort.

 

 

 

86. Jésus disait :
Les renards ont leurs tanières,
et les oiseaux ont des nids.
Le Fils de l’Homme n’a pas de lieu
où appuyer sa tête et se reposer.

 

 

 

87. Jésus disait :
Misérable le corps
qui dépend d’un autre corps.
Misérable l’âme
qui dépend de ces deux.

 

 

 

88. Les anges viendront vers vous
ainsi que les prophètes,
et ils vous donneront ce qui est à vous.
Et vous aussi, ce que vous tenez dans vos mains,
donnez-le et dites à vous-mêmes :
Quand viendra-t-il le jour
où ils recevront ce qui est leur ?

Une réponse à “085 – 088”

  1. unpeudetao dit :

    Logion 85
    L’apocalyptique juive et la théologie syriaque présentent sur Adam toute une série de contes et de légendes qui s’apparentent à notre logion. Dans les livres arméniens d’Adam, il est raconté qu’Ève vit Adam après sa mort, resplendissant de lumière comme auparavant, lorsqu’ils étaient tous deux au Paradis. On retrouve des visions analogues dans la Vita Adae et Evae. Adam était donc revêtu de lumière et de puissance avant sa « chute ». Le premier homme participait, selon les sources rabbiniques, à la Gloire de Dieu (Cf. Genesis Rabba, xi, 2). Il était un être lumineux dont le talon assombrissait la boule du soleil, et il était la lumière du monde (Cf. Philon, De opif-mundi, 143, etc).
    Adam était un homme de lumière, mais il a goûté à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, c’est-à-dire l’arbre de la connaissance duelle et subjective : « J’appelle bien ce qui me plaît, j’appelle mal ce qui ne me plaît pas. » On pourrait encore l’appeler l’arbre de la connaissance égo-centrée. Mon « petit moi » s’érige en juge et critère de ce qui est bon ou mauvais.
    La gnose, c’est quitter cette forme de connaissance égo-centrée, connaissance « mortelle », pour goûter à l’arbre de la vie qui symbolise la connaissance non duelle ou connaissance théo-centrée, c’est-à-dire, comme le montrera plus tard saint Jean de la Croix, « que je connais toutes choses à partir de Dieu, non à partir de moi-même ; je connais les effets à partir de la cause, non la cause à partir des effets ».
    Le juge et le critère de la vérité, ce n’est plus mon « petit moi » avec ses mémoires, ses craintes, ses désirs : c’est le Soi divin.
    Je ne goûte plus alors le mortel, mais le Vivant de toutes choses.

    Logion 86
    Dans les Évangiles canoniques, ce logion est introduit par la remarque du disciple : « Maître, je te suivrai où que tu ailles », et c’est l’occasion pour Jésus de rappeler à celui qui veut marcher à sa suite qu’il n’aura pas de demeure ici-bas.
    La dimension « animale » de nous-mêmes a besoin d’un territoire, d’une tanière, d’un nid, quoi de plus légitime ? Mais la dimension divine de notre être ne peut pas y trouver son repos. Le Fils de l’Homme n’a pas de lieu où « appuyer sa tête. On pourrait dire qu’il n’a même pas une idée où reposer sa tête. Il demeure dans l’Ouvert. Il est au large, là où on ne peut plus jeter l’ancre.
    « Si vous voulez connaître Dieu, vous devez non seulement être semblable au Fils, mais vous devez être le Fils lui-même », disait maître Eckart. Être Fils, c’est être sans amarres, et pourtant trouver son repos dans ce que saint Jean appelle « le Sein du Père ». Dans l’Évangile de Vérité (p. 41 à 281), il est également fait mention de la Tête du Père comme étant le lieu du repos des gnostiques. « Ils ont sa tête qui est repos pour eux. » Peut-on imaginer la Tête de Dieu ? On peut s’imaginer être un oiseau, dans l’infini de l’Espace. Il laisse chanter le vent, sans souci de laisser une trace…

    Logion 87
    Tant qu’on n’a pas réalisé les noces de l’unité en soi, on demeure dans le cycle de la dépendance et de l’attachement. On vit dans la dualité des désirs sexuels : un corps a besoin d’un autre corps pour se réaliser.
    L’enfant né de la relation de ces deux dépendances ne peut qu’entrer lui aussi dans ce cycle de l’aliénation et c’est ainsi que de génération en génération, on se transmet les mêmes manques, les mêmes insatisfactions.
    Il est rare qu’un enfant soit vraiment désiré pour lui-même. À peine né, il est déjà « responsable » de l’amour de ses parents et inconsciemment on le culpabilisera s’il n’entretient pas leur dépendance !
    Oui, « misérable est l’âme qui dépend de ces deux », mais bienheureuse l’âme qui naît d’un amour gratuit et généreux.

    Logion 88
    Chacun de nous a un « ange », c’est-à-dire un niveau de conscience plus éveillé, mieux orienté que son niveau de conscience ordinaire. Être attentif à cette voix de l’ange comme à la voix des prophètes c’est partager de plus en plus leur vision et élargir la nôtre. Découvrir ainsi toute la lumière dont nous sommes capables.
    Cette lumière qui nous est donnée alors, pour ne pas la perdre, il faut la partager, de même qu’on ne peut « garder » l’amour en nous qu’en le donnant. Il ne faut pas croire néanmoins que l’on donne quelque chose.
    La gnose, comme la foi, ne se communique pas à la manière d’une varicelle ou d’un savoir. On en témoigne, et devant ce témoignage, peut grandir chez l’autre la flamme qui y brûle déjà.

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