4 juillet, 2009

093 – 097

Classé dans : — unpeudetao @ 16:15

93. Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens,
de peur qu’ils ne le prennent pour du fumier.
Ne jetez pas les perles aux porcs,
de peur qu’ils n’en fassent de l’ordure.

 

 

 

94 : Jésus disait :
Celui qui cherche trouvera,
à celui qui frappe de l’intérieur, on ouvrira.

 

 

 

95. Jésus disait :
Si vous avez de l’argent,
ne le prêtez pas avec intérêt,
mais donnez-le à celui
dont vous ne recevrez rien en retour.

 

 

 

96. Jésus disait :
Le Royaume du Père peut être comparé
à de la pâte
dans laquelle une femme a caché
un peu de levain.
Elle se transforme et devient du bon pain.
Celui qui a des oreilles,
qu’il entende !

 

 

 

97. Jésus disait :
Le Royaume du Père
peut être comparé
à une femme qui porte un vase rempli de farine.
Tandis qu’elle marche sur un chemin éloigné,
l’oreille du vase se brise,
et la farine se déverse derrière elle sur le chemin.
Ne sachant rien,
elle ne se donne pas de peine.
Rentrée à la maison,
elle pose le vase,
le découvre vide.

2 réponses à “093 – 097”

  1. unpeudetao dit :

    Commentaire de LELOUP :

    Logion 93

    « Je vois le monde tel que je suis », disait Paul Éluard. Nous écoutons les paroles de l’Évangile et nous les ramenons à notre niveau. Nous les transformons selon notre degré de compréhension au lieu de nous laisser transformer par elles et d’entrer ainsi dans « l’intelligence du Christ ».
    Bouvard et Pécuchet ne regardaient jamais le ciel parce que, disaient-ils, « le ciel n’est pas comestible… ». Ne jetez pas vos perles aux porcs ; ils y chercheraient quelque chose de « comestible », au lieu de s’éclairer à leur lumière. Il y a une certaine façon de lire l’Écriture, de l’analyser, de la disséquer, qui est proprement porcine… on y cherche des notions, des concepts ; on passe à côté du Sens s’il n’y a pas en nous de désir accordé à sa lumière.
    « Les choses saintes aux saints ! » proclame la liturgie de saint Jean Chrysostome. On n’entre pas dans les profondeurs du Saint, sans transformation de sa conscience, sans « accorder » ce qu’il y a de plus saint en nous à ce qu’il y a de plus saint en Lui.
    Il y a des yeux qui transforment en ordures tout ce qu’ils voient. Le regard des Saints ne voit jamais le diable chez les autres puisqu’ils ne l’ont plus en eux. « Le semblable connaît le semblable. » Là où certains ne voient que du mal, eux ils voient Dieu…

  2. unpeudetao dit :

    Logion 94
    « Demandez et vous recevrez », disent encore les Évangiles. Mais demander quoi ? Nous ne savons pas ce qui est bon pour nous, nous ne savons pas ce qui est bon pour les autres.
    « Nous ne savons pas prier comme il faut. » Mieux vaut laisser l’Esprit prier en nous et dire : « Abba ! que Ton Nom soit sanctifié, que Ta Volonté soit faite, que Ton Règne vienne… »
    Sinon, nous risquons de ne pas être exaucés et si nous sommes exaucés, cela ne veut pas dire que c’est pour nous ce qu’il y avait de meilleur…
    Il y a un proverbe qui dit : « Si Dieu veut punir quelqu’un, il exauce sa prière. » Ce qui est bon à court terme peut se révéler mauvais à long terme et vice versa… Mieux vaut peut-être se taire, mais garder vif au coeur son désir et sa soif.
    La seule prière qui ne peut pas ne pas être exaucée, nous dit l’Évangile, c’est la demande de l’Esprit Saint : « Si vous qui êtes mauvais savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient. »

    « Frappez et on vous ouvrira. »
    Là aussi, il est bon de se souvenir que la porte ne s’ouvre pas toujours du côté qu’on croit, comme en témoigne l’histoire de cet homme qui tentait en vain d’ouvrir une porte, en forçant, en poussant de tout son pouvoir… Lorsque, épuisé, il se laissa tomber au pied de la porte, celle-ci s’ouvrit d’elle-même, dans l’autre sens, de l’intérieur…

    Logion 95
    Le signe de la transformation réelle du coeur, c’est le sens de la gratuité.
    Aimer, sans rien attendre en retour.
    Donner son parfum comme la rose le donne, sans en préciser le prix.
    La gratuité, c’est ce qui introduit de la grâce, de l’incréé en nous. C’est réellement quelque chose qui n’est pas de ce monde puisque ce monde est celui de l’intérêt, du calcul… Aimer, donner, prêter, de façon désintéressée (ce qui ne veut pas dire indifférente) est sans doute le témoignage évangélique le plus pur que l’on puisse donner.
    « Ce que vous avez reçu gratuitement, donnez-le gratuitement ! »
    Lorsque cette gratuité pénètre dans nos existences, on éprouve une certaine légèreté, une certaine qualité d’être qui, un jour, nous fera comprendre qu’en effet tout n’est pas absurde, mais que « tout est grâce » et que vivre n’a pas de prix.

    Logion 96
    Luc précise que le levain a été enfoui dans trois mesures de farine.
    Quel est ce levain qui doit faire lever « la pâte humaine » dans sa triple dimension, somatique, psychique et spirituelle ? Certains disent c’est l’amour, d’autres disent c’est la connaissance, comme si l’un et l’autre pouvaient être séparés. L’Amour-lumière épanouit le corps, élargit le coeur, ouvre l’esprit. Il fait l’homme debout, droit comme un matin de Pâques.
    L’information créatrice, cet infime infini qui nous travaille du dedans, c’est elle qui nous fait passer de l’état de farine ou de pâte informe à l’état de bon pain.
    Encore faut-il se laisser pétrir, accepter d’être dans « le pétrin », quand la femme, c’est-à-dire la Sophia, la Sagesse, nous prépare à entrer dans le Feu ou le Four Divin.
    C’est là que l’oeuvre du levain s’achève, quand le pain est doré et que nous sommes lumière…

    Logion 97
    Le meilleur parallèle de ce logion se trouve dans l’Évangile de Vérité (p. 36-20 s.) :
    « Ceux qu’il (le Père) a oints
    sont les gnostiques,
    car ce sont les vases pleins
    que l’on a soin généralement de sceller.
    Mais quand l’action de l’un se répand
    il se vide, et la cause qu’il est déficient
    est l’endroit par où son onction s’écoule.
    Mais chez celui qui est sans déficience,
    aucun sceau ne lui est ôté, ni rien n’est vidé. »

    Ainsi, nous sommes cette femme ou cette cruche pleine de farine qui peut devenir du bon pain. Nous sommes cette humanité appelée à la Transfiguration.
    Mais le chemin est long. L’oreille du vase peut se briser… L’oreille, c’est ce par quoi nous avons entendu la parole. Si elle se brise, si elle casse son attention, elle peut perdre sa farine. Nous perdons notre temps, notre humanité. Nous ne gardons plus en nous la parole, l’information créatrice. « Cela entre par une oreille et sort par l’autre. »
    Au moment du retour, nous découvrons, non sans amertume, que nous avons perdu notre temps, notre vie, trop tard, la cruche est vide.
    Dans ce logion, Jésus nous met en garde contre l’inconscience, l’inattention (ne pas se donner de peine), cela peut rappeler la parabole des vierges sages et des vierges folles où il est recommandé de « veiller ».
    Dans la gnose valentinienne, la Sophia, la Sagesse, peut se perdre dans l’éloignement, dans « l’oubli de l’Être » ou dans l’inconscience.
    La gnose ce n’est pas un savoir surajouté, mais une conscience de plus en plus vive à chaque pas du chemin, une oreille et un corps attentifs à la proximité de l’Être.

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