4 juillet, 2009

107 – 107

Classé dans : — unpeudetao @ 16:45

107. Le Royaume est comparable à un berger
qui possédait cent brebis.
L’une d’entre elles disparut.
C’était la plus belle.
Il laissa les quatre-vingt-dix-neuf
et ne se préoccupa plus que de l’unique
jusqu’à ce qu’il l’eût retrouvée.
Après sa peine, il dit à la brebis :
je t’aime plus que les quatre-vingt-dix-neuf autres.

Une réponse à “107 – 107”

  1. unpeudetao dit :

    Logion 107
    Il existe différentes lectures de cette parabole de la brebis perdue. Il y a d’abord celle de Valentin qui n’est pas à proprement parler « gnostique », mais plutôt « gnosticisante ». Si on se souvient de la distinction qu’il faut garder entre gnose et gnosticisme, celui-ci n’étant qu’un phénomène historique des premiers siècles du christianisme, alors que la gnose est une attitude du coeur et de l’intelligence orientée vers l’appréhension au-delà de tous les modes de la Divine Présence, quelle que soit l’époque dans laquelle cette attitude de connaissance se manifeste. Pour Valentin, « c’est lui, Jésus, le berger, qui a laissé les quatre-vingt-dix-neuf brebis qui ne se sont pas égarées ; il est allé, il a cherché celle qui s’était égarée ; il s’est réjoui quand il l’a trouvée : parce que quatre-vingt-dix-neuf est un nombre qui est compté sur la main gauche, elle maintient. Cependant, quand on trouve « l’Un », c’est tout le nombre entier qui se déplace vers la main droite : aussi en est-il de celui qui manque de l’Un, c’est-à-dire la main droite entière, qui attire ce qui est déficient, le prend de la partie gauche et le déplace sur la droite, et ainsi le nombre devient cent (allusion à une ancienne façon de compter : jusqu’à 99 sur la main gauche, et 100 sur la main droite).
    On comprend ainsi pourquoi la centième est la plus importante, la plus belle, c’est elle qui permet de passer d’une main à l’autre, d’un état de conscience à un autre…
    On retrouve cette même interprétation dans l’Évangile de Vérité : « C’est lui, le Pasteur, qui a laissé les 99 brebis qui ne se sont pas égarées. Il est allé chercher celle qui était égarée et il s’est réjoui l’ayant trouvée, car 99 est un nombre qui se compte de la main gauche. Mais lorsqu’il a retrouvé l’Un, le nombre tout entier passe à la main droite. »
    L’interprétation inspirée des textes canoniques est différente, elle tend à montrer l’infinie Miséricorde de Dieu qui veut « que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la plénitude de la Vérité », et il y a plus de joie pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentir.
    Ce logion est suivi dans l’Évangile de Luc par les paraboles de la drachme perdue et du Fils prodigue. Elles montrent l’attente de Dieu et combien le fond de son Être est Miséricorde…
    Une interprétation psychologisante verrait dans cet épisode l’itinéraire d’un processus de libération et de maturation. Il faut en effet d’abord « sortir du troupeau », s’affirmer soi-même, devenir unique, alors on peut retourner dans les rangs, mais avec un coeur libre, lavé par l’amour et le pardon du berger. On ne « subit » plus sa présence, mais on lui témoigne l’affection qui lui est due…
    Une lecture plus métaphysique nous rappellerait que nous avons perdu le contact avec l’Un, le Soi, l’Unique Nécessaire ou encore avec le plus beau de nous-même… Nous avons perdu notre centre, ce point de cohésion et d’harmonisation des différents niveaux de notre être. La brebis perdue ressemble alors à un bouc… c’est lui qui fait l’unité du troupeau, qui rassemble nos sens et nos pensées toujours prêtes à s’égarer, d’où l’importance de retrouver ce centre afin que de nouveau tout soit en ordre autour de lui. « Le Berger de l’Être, disait Heidegger, sera content ! »

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose