4 juillet, 2009

108 – 110

Classé dans : — unpeudetao @ 16:48

108. Jésus disait :
Celui qui s’abreuvera à ma bouche !
deviendra comme moi,
et moi je serai lui,
et les choses cachées lui seront révélées.

 

 

 

109. Jésus disait :
Le Royaume peut être comparé
à un homme qui possède dans son champ
un trésor caché.
Il en ignore la présence.
À sa mort, il laisse le champ à son fils.
Le fils, ne sachant rien,
prend le champ et il le vend.
Celui qui l’achète vient le labourer,
en labourant, il trouve le trésor.
Il commence à prêter de l’argent à intérêt
pour tous ceux qui en veulent.

 

 

 

110. Jésus disait :
Celui qui a trouvé le monde
et s’est fait riche,
qu’il renonce au monde.

Une réponse à “108 – 110”

  1. unpeudetao dit :

    Logion 108
    Un texte de Jean exprime, dans une tonalité différente, une réalité identique à celle de ce logion : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. »
    Nous avons à nous assimiler le Christ, à nous laisser totalement informer par sa parole, devenir Lui.
    Remonter de la parole au souffle qui est dans la bouche même du Christ. La Tradition juive nous dit que Moïse est mort d’un « baiser de Dieu » : le papillon est entré dans le Buisson Ardent, il est devenu feu.
    « Qui est près de moi est près du feu », disait Jésus dans un autre logion. Si nous nous laissons embrasser, embraser par Lui, que restera-t-il de nous ? Lui !

    Logion 109
    Selon certains interprètes, le propriétaire pourrait désigner le juif, le fils, le chrétien et l’acheteur le gnostique. Le trésor serait l’élément pneumatique caché dans l’homme (cf. Clément d’Alexandrie Ped. III, 36, 2). Selon les Naassènes, le trésor est le Royaume du Ciel qui repose dans le gnostique. La mention des « intérêts » pourrait alors signifier la grande richesse pneumatique qui doit se multiplier (cf. Hippolyte, Elenchos V et Évangile selon Philippe, sent. 22).
    Plus généralement, la parabole veut illustrer que la plupart des hommes ne soupçonnent pas quel trésor est caché en eux : « Le Soi, enchâssé dans le coeur de chaque créature, est plus infime que l’infiniment petit, plus lumineux que l’infiniment grand » (Katha Upanishad).
    Nous ignorons la Présence de ce trésor, même ceux qui se prétendent Fils ignorent leur héritage, mais c’est le Passant, l’Étranger, celui qui laboure, celui qui travaille sa terre, qui découvre le trésor.

    Logion 110
    Comme dans le logion 81, Jésus nous rappelle qu’on ne peut renoncer qu’à ce qu’on a possédé. On ne renonce pas à ce qui nous manque, mais il n’est sans doute pas toujours nécessaire d’avoir été très riche ou puissant pour connaître, comme le dit la sagesse populaire, « que l’argent ne fait pas le bonheur » et la fragilité de ce que nous prenons pour de la puissance. Mais encore une fois, aller au-delà de l’ego est un accomplissement de notre humanité, non une castration ou une amputation de ce que nous sommes appelés à devenir. Le Trans-personnel est immersion de toute la personne dans la dimension divine, non une régression à un état pré-personnel de fusion avec la nature. La beauté impersonnelle d’une roche ou d’un joyau n’est pas la beauté trans-personnelle de l’homme ou de la femme divinisé par la grâce.
    Un jour où on demandait à un gnostique qui vivait de façon particulièrement simple, même austère, alors qu’il aurait pu, selon sa naissance, ses relations, ses diplômes, vivre tout autrement : pourquoi et quand avez-vous renoncé au monde ? Il répondit : « Je n’ai jamais renoncé au monde. Je n’ai jamais quitté quoi que ce soit, mais petit à petit c’est le monde qui a renoncé à moi ; ce sont les richesses qui m’ont quitté… sans doute que je n’en avais plus besoin. »
    Saint Jean de la Croix dans sa Montée au Carmel nous fait également remarquer qu’à un moment, ce n’est pas nous qui quittons le monde, mais c’est vraiment lui qui nous quitte. Ce en quoi nous trouvions notre plaisir, tout à coup ne nous dit plus rien. Un certain nombre de rencontres et de divertissements auxquels nous tenions tout à coup nous ennuient. Il va même jusqu’à dire que certaines pratiques religieuses dans lesquelles nous trouvions quelque consolation tout à coup nous abandonnent. C’est le signe même de notre entrée dans une contemplation moins sensible, quelquefois moins « mondaine ». C’est le moment « d’aller nu vers celui qui est nu ».

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