5 juillet, 2009

010 Cette disparition de l’ego est elle graduelle ou subite?

Classé dans : — unpeudetao @ 7:13

Cette disparition de l’ego est elle graduelle ou subite?

 
Vous savez déjà qui vous êtes. Même celui chez qui l’intérêt pour la  réalité profonde des choses n’est pas encore éveillé connait des moments de bonheur.
Durant ces moments l’ego n’est pas présent. Ils émanent de notre être réel qui est la joie même. Chacun reconnait la joie directement. Ce par quoi le soi
connait le soi est le soi lui-même. Seul l’être a accès à l’être, la joie à la joie, l´éternité à l’éternité. Le concept erroné selon lequel cet être,
cette joie et cette éternité ne sont pas présents nous exile du jardin d’Eden et nous précipite dans une recherche effrénée. La résorption de l’ego dans
l’être, résorption qui apparait du point de vue temporel comme un lâcher-prise suivi d’une illumination subite, met fin à cette recherche et à cette frénésie.

 
Qu’est ce qui provoque cette résorption?

 
Il n’y a pas de réponse à cette question sur le plan où elle est posée, car l’effet est déjà dans la cause, et la cause est encore dans l’effet. Certaines
rencontres apparemment fortuites, telles celle entre le magicien du conte et le mendiant auquel il apprend qu’il est fils de roi, peuvent nous informer
sur notre identité véritable. A l’annonce de cette bonne nouvelle, de cet évangile au sens propre du mot, un instinct profond s’ébranle au tréfonds de
notre être et nous met sur la piste qui mène à l’ultime. Cet ébranlement correspond déjà à une re-connaissance voilée de notre être réel et la promesse
de joie sereine qui l’accompagne canalise le désir dans une direction inconnue. Cette re-connaissance, ne se réfèrant pas à une réalité objective et temporelle,
ne se situe pas au niveau de la mémoire et du temps. Cette grâce ne peut donc être oubliée; elle nous sollicite de plus en plus souvent, et chaque nouvelle
re-connaissance augmente notre désir du divin. Tel le promeneur égaré dans la nuit hivernale qui, décèlant au rougeoiment apparu à la fenêtre d’une auberge
la présence d’un feu, pousse la porte et se réchauffe quelques instants auprès de l’âtre, nous entrons dans le sanctuaire et nous reposons un moment dans
la chaleur de la lumière sacrée avant de repartir dans la nuit. Enfin, dès que notre désir de l’absolu dépasse en intensité notre peur de la mort, nous
offrons au feu sacrificiel de la conscience infinie le faux-semblant d’une existence personnelle. Rien ne s’oppose plus désormais à l’éveil qui déploie
progressivement sa splendeur sur tous les plans de l’existence phénoménale, révélant au fur et à mesure leur réalité intemporelle sous-jacente, tel le
regard de Shams de Tabriz qui « ne s’est jamais posé sur une chose éphémère sans la rendre éternelle ».

 
***

 

 

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