5 juillet, 2009

018 Hier soir vous avez utilisé l’adjectif « incolore » pour qualifier la conscience. Je me demande où la compassion et l’amour apparaissent dans ce tableau.

Classé dans : — unpeudetao @ 9:18

Hier soir vous avez utilisé l’adjectif « incolore » pour qualifier la conscience. Je me demande où la compassion et l’amour apparaissent dans ce tableau.

 
Les mots que nous utilisons pour décrire l’indescriptible doivent être consommés sur place. Si nous les utilisons à contre-temps, ils perdent leur saveur
et nous aboutissons à des contradictions apparentes. Une histoire me revient en mémoire à ce propos: Un maître Chan’ se contredit lui-même (en apparence)
une bonne douzaine de fois en l’espace d’une heure. Excédé, un disciple présent décortique les contradictions successives sous les regards amusés et bienveillants
du maître qui, pour toute réponse, dit simplement, sans chercher à se justifier en aucune manière: « En effet, comme c’est étrange et merveilleux! Je n’arrive
pas à comprendre pourquoi la vérité se contredit sans cesse! »

 
Je suis d’accord. La conscience est indicible. La compassion est elle également au delà des mots?

 
Ma remarque concernait la première partie de votre question… Nous devons d’abord trouver en nous ce centre incolore qui est liberté parfaite et autonomie
absolue. Et quand depuis ce centre, depuis cette intelligence, nous jetons nos regards sur les êtres qui nous entourent, non seulement nous voyons leurs
corps et nous percevons leurs psychées, mais nous volons directement, par delà les frontières psycho-somatiques, jusqu’à cet endroit incolore et sans limitations
qui est notre commune essence. Là, il n’est point d’autre. De ce centre incolore une action peut ou non découler, en fonction des circonstances. L’action
qui découle de la compréhension que nous sommes profondément un seul et même être est pleine de compassion, mais aussi de beauté et d’intelligence. Elle
peut manifester d’autres qualités, mais elle peut aussi, lorsque les circonstances l’exigent, revêtir la couleur de la compassion. Toujours en harmonie
avec la situation présente, elle ne laisse pas de traces et libère ceux au profit de qui elle s’exerce. La compassion véritable échappe aux notions préconçues
que nous avons d’elle. Elle peut sembler étrange, inappropriée, voire brutale; mais elle est libre, et c’est là sa beauté. Elle est une tornade de liberté
qui souffle où elle veut, effaçant sur son passage les attachements éphémères et les idées fausses, afin que seul subsiste l’indestructible, le vrai, l’éternel.

 
***

 

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose