1 mai, 2012

Grammaire (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 19:57

 

      Un savant, par ailleurs grammairien éminent, vint voir un maître soufi.
      Il fut surpris de constater que le soufi ne donnait pas de cours, ne persuadait pas, ne justifiait pas son action par un système de preuves.
      Il lui dit, dès qu’il en eut l’occasion :
      « Tu sais maîtriser, bien sûr, les rudiments autant que les aspects les plus abstrus de ta tradition. Pourquoi alors n’enseignes-tu pas de façon cohérente ? Nous, savants, prenons en compte l’ignorance des débutants, et les conduisons par degrés des notions élémentaires aux connaissances supérieures.
      – Je peux t’éclairer sur ce point, dit le soufi. À condition que tu donnes une série de cours, et que tu ne poses aucune question. »
      Le soufi avait acquis une telle réputation qu’on le croyait capable d’accomplir des miracles. Le savant était si avide de savoir qu’il accepta.
      « Tu es un grammairien, dit le soufi. Eh bien, chaque jour tu rassembleras les chiens et les chats du quartier, et tu leur feras un cours sur les tout premiers principes et les éléments les plus simples de la grammaire. »
      Pensant que le soufi voulait le mettre à l’épreuve, ou que cela aboutirait à un miracle, le savant obéit.
      Plusieurs mois après cet entretien, le soufi le fit venir.
      « Les chats et les chiens ont-ils commencé à apprendre la grammaire ? s’enquit-il.
      – Non, dit le grammairien, pas un seul.
      – Qu’est-ce qui te fait supposer que tel est le cas ?
      – Le fait qu’ils ne peuvent ni parler ni comprendre mon langage. Il leur faudrait d’abord apprendre cela, si c’est possible.
      – C’est la réponse à la question que tu m’as posée la première fois », dit le maître soufi.

 

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2 réponses à “Grammaire (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Le sage a dit :
    « Le destin se poursuit. Mais ne renonce en aucun cas à tes intentions.
    « Car si tes plans s’accordent avec la Volonté suprême, tu connaîtras dans ton cœur la plénitude du contentement. »
    Anwar-i-Suhaili.

  2. unpeudetao dit :

    Le vieux fou est pire que le jeune fou : Le jeune, lui, peut toujours s’assagir.
    Zohair.

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