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22 avril, 2012

Hymne, Alphonse de LAMARTINE

Classé dans : — unpeudetao @ 11:16

 

Prière ! ô voix surnaturelle
Qui nous précipite à genoux,
Instinct du ciel qui nous rappelle
Que la patrie est loin de nous,
Vent qui souffle sur l’âme humaine
Et de la paupière trop pleine
Fait déborder l’eau de ses pleurs,
Comme un vent qui par intervalles
Fait pleuvoir les eaux virginales
Du calice incliné des fleurs !

 

Sans toi que serait cette fange ?
Un monceau d’un impur limon
Où l’homme après la brute mange
Les herbes qu’il tond du sillon ?
Mais par toi son aile cassée
Soulève encore sa pensée
Pour respirer au vrai séjour,
La désaltérer dans sa course
Et lui faire boire à sa source
L’eau de la vie et de l’amour !

 

Le cœur des mères te soupire,
L’air sonore roule ta voix,
La lèvre d’enfant te respire,
L’oiseau l’écoute aux bords des bois ;
Tu sors de toute la nature
Comme un mystérieux murmure
Dont les anges savent le sens ;
Et ce qui souffre, et ce qui crie,
Et ce qui chante, et ce qui prie
N’est qu’un cantique aux mille accents.

 

Ô saint murmure des prières,
Fais aussi dans mon cœur trop plein
Comme des ondes sur des pierres
Chanter mes peines dans mon sein !
Que le faible bruit de ma vie
En extase intime ravie
S’élève en aspirations,
Et fais que ce cœur que tu brises,
Instrument des célestes brises,
Éclate en bénédictions.

 

Alphonse de LAMARTINE (1790-1869).

 

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