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17 septembre, 2013

Identification, Swami Prajnanpad

Classé dans : — unpeudetao @ 18:20

S’identifier c’est projeter son petit moi partout. Vous ne connaissez que vous-même ; quand vous voyez un autre, au lieu de le voir, c’est vous-même que vous voyez. Vous dites couramment :  » Il n’aurait pas dû agir ainsi « . Ce qui est une manière de supprimer l’autre. Vous refusez de lui concéder une existence séparée. Puisque chaque chose est différente et distincte d’une autre, il ne saurait y avoir de comparaison. Vous ne pouvez pas voir l’autre, si vous vous projetez en surimposition sur lui. Vous vous voyez partout, et tout devient terne et monotone. Mais si vous reconnaissez :  » Il est différent « ,  » ceci est différent « ,  » cela est différent  » etc.. tout sera en vous et vous, vous deviendrez vaste, tolérant, compréhensif, incluant tout, pénétrant tout.
Vous n’éprouverez plus ni déception, ni souffrance.

 

 » Quel égarement, quelle souffrance y a-t-il pour le sage qui voit l’unité de l’existence et perçoit tous les êtres en lui-même « .
Isha Upanishad-7

 

Le problème c’est l’identification avec le corps ou le concept. Il n’y
a pas d’hindou ni de musulman dans le vrai sens du terme. Pendant les émeutes, des hindous ont protégé des musulmans et vice versa. Immédiatement, ils sont devenus ennemis de leur propre communauté. Simplement parce que vous offrez un abri à un musulman, vous étiez traité comme un musulman. Le concept devient une entité, l’entité devient l’ennemi.

 

De même, pendant la guerre. Tout individu étranger à la nation devient un ennemi et est traité en tant que tel.

 

L’identification avec le corps ou le concept est à la racine de tous les problèmes. L’action juste ne peut avoir lieu qu’en l’absence d’identification.
Chaque situation doit être appréciée en fonction de son caractère particulier. L’inertie du passé, des habitudes, ne doit pas dominer votre intelligence.
L’intelligence doit analyser chaque situation comme elle est, considérer le pour et le contre sans faire de projections personnelles ni opérer d’amalgames, sources de confusion.

 

S’identifier à une appellation est tout aussi fréquent. Une fois, un conférencier musulman raconta que tous ses parents au Bhilai avaient été massacrés.
Immédiatement tous les hindous présents s’écrièrent que c’était faux.
Comment pouvaient-ils le savoir ? Ils se sont simplement identifiés avec les hindous contre les musulmans. Bien que le conférencier fût leur collègue depuis des années, ils l’avaient séparé d’eux-mêmes, en lui attribuant le qualificatif de  » musulman « .

 

Après tout, personne n’est en réalité un hindou ni un musulman.
Cependant ces appellations suffisent à nous rendre inhumains. Alors nous nous identifions à des concepts ou à des appellations, nous oublions d’être nous-mêmes et notre action devient contre nature. Car, après tout, quel est ce  » Je  » sur lequel toutes nos actions sont fondées ?  » Je  » n’est rien d’autre que l’action de s’identifier avec quelque chose de matériel ou de conceptuel. Dès qu’une telle identification a lieu, le sentiment de séparation d’avec les autres s’ensuit. On se trouve en conséquence en conflit avec toutes les autres choses avec lesquelles on ne s’est pas identifié.

 

Swami Prajnanpad (1891-1974).

 

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Une réponse à “Identification, Swami Prajnanpad”

  1. unpeudetao dit :

    Voir et penser.

    Voir et penser sont très différents : on pense avec le mental et on voit avec la faculté de perception. Le mental projette le je sur l’objet, lequel est comme caché sous la pensée. Cessez de penser, car penser déforme votre vision et vous empêche de voir les choses comme elles sont. En pensant, nous jugeons : c’est bon ou mauvais, juste ou faux. Quand nous voyons les choses comme elles sont, il n’y a ni attirance, ni répulsion. Ce que vous voyez est en vous.
    Finalement, tout est en vous, c’est cela l’infini. Quand nous pensons à quelque chose, c’est que nous la désirons ou que nous la refusons. Mais si nous la prenons, nous prenons à la fois le positif et le négatif de cette chose, ce que malheureusement nous occultons souvent. La chose doit être vue comme un tout, sereinement on prend ou on laisse.

    Swami Prajnanpad (1891-1974).

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