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18 juin, 2012

J’entrai où je ne savais, Saint Jean De La CROIX

Classé dans : — unpeudetao @ 5:56

 

j’entrai où je ne savais
et je restai ne sachant
toute science dépassant

 

je ne sus pas où j’entrais
pourtant quand là je me vis
sans savoir où j’étais
grandes choses je compris
je ne dirai ce que sentis
car je restai ne sachant
toute science dépassant

 

de paix et de piété
la science était parfaite
en profonde solitude
entendue directement
c’était chose tant secrète
que je restai balbutiant
toute science dépassant

 

j’étais tant pénétré
tant absorbé tant ravi
que mon sens demeura
de tout sentir privé
et l’esprit fut doté
d’un entendre sans entendre
toute science dépassant

 

celui qui parvient là de vrai
de soi-même il s’absente
tout ce qu’il savait d’abord
très bas lui paraît
et sa science tant s’accroît
qu’il demeure ne sachant
toute science dépassant

 

d’autant plus haut il s’élève
et d’autant moins il entend
ce qu’est la ténébreuse nuée
qui éclairait la nuit
aussi bien qui la connaît
reste toujours ne sachant
toute science dépassant

 

ce savoir qui ne sait pas
est de si haute puissance
que de sages par arguments
jamais ne le peuvent vaincre
il ne parvient leur savoir
à n’entendre pas entendant
toute science dépassant

 

et de si haute excellence
est ce suprême savoir
qu’il n’est faculté ni science
qui puisse y prétendre
celui qui saura se vaincre
avec un non savoir sachant
ira toujours dépassant

 

et si tu le veux ouïr
cette suprême science
consiste en un haut sentir
de la divine essence
c’est oeuvre de sa clémence
faire demeurer n’entendant
toute science dépassant

 

Saint Jean De La CROIX (1542-1591), mystique espagnol.

 

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Une réponse à “J’entrai où je ne savais, Saint Jean De La CROIX”

  1. unpeudetao dit :

    Saint Jean de la Croix
    (1542-1591).

    Saint Jean de la Croix naquit près d’Avila, en Espagne. Jouant un jour au bord d’un étang, il glissa au fond de l’eau ; une grande et belle dame vint lui offrir la main pour le sauver : « Non, dit l’enfant, vous êtes trop belle, ma main salirait la vôtre. » Alors un vieillard se présenta, marchant aussi dans l’eau, tendit son bâton à l’enfant et le ramena sur le bord. Une autre fois il tomba dans un puits ; on croyait l’y retrouver mort ; il était assis paisiblement :
    « Une belle dame, dit-il, m’a reçu dans son manteau et m’a gardé. » Ainsi Jean croissait sous le regard de Marie.

    Un jour qu’il priait Notre-Seigneur de lui faire connaître sa vocation, une voix intérieure lui dit : « Tu entreras dans un Ordre religieux, dont tu relèveras la ferveur primitive. » Il avait vingt et un ans quand il entra au Carmel, et dépassa de beaucoup tous ses frères, tout en cachant ses oeuvres extraordinaires.
    Il habitait un réduit obscur, mais dont la fenêtre donnait dans la chapelle, en face du Très Saint-Sacrement. Il portait autour du corps une chaîne de fer hérissée de pointes, et par-dessus cette chaîne un vêtement étroit et serré, composé de joncs enlacés par de gros noeuds. Ses disciplines étaient si cruelles, que le sang jaillissait en abondance.

    Le sacerdoce ne fit que redoubler son désir de la perfection. Il songeait à s’ensevelir à la Chartreuse, quand sainte Thérèse, éclairée de Dieu sur son mérite, lui confia ses projets de réforme du Carmel et l’engagea à se faire son auxiliaire. Jean se retira dans une maison étroite, pauvre, insuffisante, et commença seul un nouveau genre de vie, conforme aux Règle primitives de l’Ordre du Carmel. Peu de jours après, il avait deux compagnons : la réforme était fondée.

    Ce ne fut pas sans tempêtes qu’elle se développa, car l’enfer sembla s’acharner contre elle, et tandis que le peuple vénérait Jean comme un Saint, il eut à souffrir, de la part de ceux qui auraient dû le seconder, d’incroyables persécutions, les injures, les calomnies, jusqu’à la prison. Pour le consoler, Marie lui apparut et lui annonça sa délivrance prochaine ; en effet, quelques jours après, il se trouva, sans savoir comment, au milieu de la ville de Tolède.
    Dieu le récompensa de ses épreuves par des extases fréquentes ; sainte Thérèse l’appelait un homme tout divin. Il écrivit des ouvrages spirituels d’une élévation sublime. Une colombe le suivait partout, et une odeur suave s’exhalait de son corps. Au moment de sa mort, un globe de feu brillant comme un soleil entoura son corps.

    Le Pape Pie XI l’a proclamé Docteur de l’Église, le 24 août 1926.

    (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.)

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