• Accueil
  • > Je cherche le bonheur, Saint-Augustin

4 janvier, 2012

Je cherche le bonheur, Saint-Augustin

Classé dans : — unpeudetao @ 16:05

 

Comment se fait-il donc que je cherche le bonheur ?.. Est-ce mû par le souvenir, comme si je l’avais oublié, tout en sachant encore que je l’ai oublié ? Est-ce le désir de connaître un état inconnu, dont je n’aurais jamais eu le sentiment ou que j’aurais oublié tout à fait au point de n’avoir pas conscience de mon oubli ? Le bonheur, n’est-ce pas ce à quoi tous aspirent et que personne ne dédaigne ? Où donc l’ont-ils connu pour le vouloir ainsi ? Où l’ont-ils vu pour l’aimer ? Certainement il est en nous : comment ? Je ne sais. Il y a une façon d’être heureux qui consiste dans la possession effective du bonheur.
Certains ne sont heureux qu’en espérance. C’est une façon de l’être inférieure à celle des hommes qui le sont effectivement, mais qui vaut mieux que la condition de ceux qui ne sont heureux ni en fait, ni en espérance. Cependant ceux-là, s’ils étaient tout à fait étrangers au bonheur, ne le voudraient pas ainsi, et il le veulent, c’est bien certain. Je ne sais comment ils le connaissent, ni quelle connaissance ils en ont. Ce qui me tourmente, c’est de savoir si cette connaissance est dans la mémoire.. Car nous ne l’aimerions pas, si nous ne le connaissions pas. Que nous en entendions prononcer le nom et tous nous convenons que c’est la chose même que nous désirons ; ce n’est pas seulement le son du mot qui nous plaît..

 

Ce souvenir est-il comparable au souvenir qu’on garde de Carthage lorsqu’on l’a vue ? Non : le bonheur ne se perçoit pas avec les yeux, car ce n’est pas un corps.

 

Est-il comparable au souvenir des nombres ? Non, car celui qui connaît les nombres ne cherche plus à les acquérir, alors qu’au contraire c’est l’idée que nous avons du bonheur qui nous incline à l’aimer et à vouloir encore y atteindre pour être heureux..

 

Ce souvenir est-il comparable au souvenir de la joie ? Peut-être, car, même dans la tristesse, j’évoque ma joie, comme dans le malheur je me souviens du bonheur. Or cette joie, je ne l’ai jamais vue, ni entendue, ni flairée, ni goûtée, ni touchée, mais je l’ai éprouvée dans mon âme..

 

Saint-Augustin, Les confessions, livre dixième, extraits des chapitres XX à XXVII, traduction Joseph Trabucco, Garnier-Flammarion, 1964.

 

***************************************************** 

 

http://unpeudetao.unblog.fr

 

 

2 réponses à “Je cherche le bonheur, Saint-Augustin”

  1. unpeudetao dit :

    Augustin d’Hippone, né en Algérie en 354 et mort en 430.

    Philosophe, théologien et écrivain, Saint Augustin est un des principaux Pères de l’Eglise, considéré comme l’un des personnages les plus importants dans le développement du Christianisme.
    Sa philosophie a donné un système de pensée qui a grandement influencé toute l’histoire de l’Eglise et même contribué aux conceptions modernes de la liberté et de la nature humaine.

  2. unpeudetao dit :

    Saint Augustin
    Évêque d’Hippone, Père et Docteur de l’Église
    (354-430).

    Saint Augustin est l’un des plus grands génies qui aient paru sur la terre et l’un des plus grands Saints dont Dieu ait orné Son Église. Moine, pontife, orateur, écrivain, philosophe, théologien, interprète de la Sainte Écriture, homme de prière et homme de zèle, il est une des figures les plus complètes que l’on puisse imaginer. Ce qu’il y a de plus admirable, c’est que Dieu tira cet homme extraordinaire de la boue profonde du vice pour l’élever presque aussi haut qu’un homme puisse atteindre; c’est bien à son sujet qu’on peut dire: « Dieu est admirable dans Ses Saints! »

    Augustin naquit à Tagaste, en Afrique, l’an 354, et, s’il reçut de la part de sa sainte mère, Monique, les leçons et les exemples de la vertu, il reçut les exemples les plus déplorables de la part d’un malheureux père, qui ne se convertit qu’au moment de la mort. A l’histoire des égarements de coeur du jeune et brillant étudiant se joint l’histoire des égarements étranges de son esprit; mais enfin, grâce à trente années de larmes versées par sa mère, Dieu fit éclater invinciblement aux yeux d’Augustin les splendeurs de la vérité et les beautés seules vraies de la vertu, et le prodigue se donna tout à Dieu: « Le fils de tant de larmes ne saurait périr! » avait dit un prêtre vénérable à la mère désolée. Parole prophétique, qui renferme de grands enseignements pour les nombreuses Moniques des Augustins modernes.

    C’est à Milan, sous l’influence d’Ambroise, qu’Augustin était rentré en lui-même. La voix du Ciel le rappela en Afrique où, dans une retraite laborieuse et paisible, avec quelques amis revenus à Dieu avec lui, il se prépara aux grandes destinées qui l’attendaient.

    Augustin n’accepta qu’avec larmes l’évêché d’Hippone, car son péché était toujours sous ses yeux, et l’humilité fut la grande vertu de sa vie nouvelle.
    Il fut le marteau de toutes les hérésies de son temps; ses innombrables ouvrages sont un des plus splendides monuments de l’intelligence humaine éclairée par la foi, et ils demeurent comme la source obligée de toutes les études théologiques et philosophiques.

    Si les écrits d’Augustin sont admirables par leur science, ils ne le sont pas moins par le souffle de la charité qui les anime; nul coeur ne fut plus tendre que le sien, nul plus compatissant au malheur des autres, nul plus sensible aux désastres de la patrie, nul plus touché des intérêts de Dieu, de l’Église et des âmes. Il passa les dix derniers jours de sa vie seul avec Dieu, dans le silence le plus absolu, goûtant à l’avance les délices de l’éternité bienheureuse.

    (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.)

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose