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20 août, 2013

Je ne suis pas le corps, Siddharameshwar Maharaj

Classé dans : — unpeudetao @ 6:25

Tout ce qui est perçu par l’intermédiaire du mental et de l’intellect doit être vaincu et dépassé. Etant le produit de notre propre concept, le monde matériel doit être transcendé. Il ne restera plus alors que la pure conscience. La conscience même est née de l’ignorance. C’est à cause de l’ignorance que nous sommes  » conscient  » ! Vidya-maya [illusion ou voile de la connaissance-conscience], une impulsion spontanée, donne naissance à un concept qui est au début sous une forme latente [subtile]. Au moment où ce concept revêt une forme plus grossière, ou forme objective, la vidya-maya se transforme en avidya-maya [dualité : illusion ou voile de l’ignorance ou conscience objective] laquelle donne naissance à la connaissance objective.

 

La pureté est un état au sein duquel il n’existe aucune trace du sentiment  » je suis le corps « . Votre identification au corps n’aurait jamais eu lieu si l’intelligence ne s’était associée au corps physique. Donc, débarrassez-vous des pensées qui concernent votre corps et de l’idée que vous êtes ce corps.
Alors la pure connaissance de votre Soi [Atman] brillera dans toute sa splendeur, et vous-même en serez le témoin. Sakshi, le témoin, ou spectateur, signifie: celui qui possède l’œil de la véritable connaissance de Soi.

 

Quel que soit l’état dans lequel se trouve votre corps : l’état de veille, du sommeil ou du rêve, le Soi demeure inchangé. À l’état de veille, l’âme du mortel est appelée vaishva-bhimani atman : le Soi qui est conditionné par le monde et qui en retire l’orgueil du  » je « . Dans l’état de rêve, l’âme est appelée tejas, ou Soi lumineux. Comme la connaissance objective persiste dans turiya, le quatrième état, ce dernier n’est pas la véritable connaissance non plus. Au sortir du sommeil profond, vous devenez conscient de vous-même en tant que  » je suis « , cette conscience est naturelle, spontanée et varie d’intensité selon les personnes. C’est ainsi qu’il vous arrive parfois de ne pas savoir où vous êtes quand vous vous réveillez. Mais presque aussitôt vous êtes conscient de vous-même dans le sens profane de :  » Je suis un tel, une telle.  » On appelle cette conscience d’être quelque chose ou quelqu’un : connaissance individuelle. Quand vous vous réveillez et que vous oubliez Paramatman [l’Atman suprême ou âme universelle.], vous descendez du plus haut niveau de la conscience, c’est à dire du sat-chit-ananda [existence-conscience-félicité ], au niveau le plus bas. La descente est naturelle et inévitable ; elle se produit pour toutes les créatures [jiva]. La conscience limitée par le corps est appelée Atman.

 

Dès que l’identification au corps est abandonnée, la conscience est Parabrahman ; vous êtes transfiguré, vous devenez le suprême, l’absolu, celui qui est au-delà de Brahman. En clair, dès que cesse l’identification au corps, l’atman qui était limité par le corps est transfiguré en Parabrahman. Tout ce qui est vu ou ressenti est tangible, éphémère et imprégné de souffrance. Cela signifie que tout ce qui est expérimenté par les dix sens, le mental et l’intellect, n’est pas vous ; ce n’est pas réel. Le Soi est le témoin de tout ce qui est vu par le mental, l’intellect etc. L’état dans lequel on ressent :  » Je suis le témoin, l’observateur « , est appelé turiya, le quatrième état. La dualité existe toujours dans cet état où l’observateur et la chose observée sont tous deux présents, ce qui implique donc la dualité. L’observateur n’est encore qu’une idée, un concept. Cet état n’est donc pas celui de la véritable connaissance puisque la dualité est toujours là. La connaissance véritable est atteinte dans l’état d’unité totale, lequel n’inclut rien qui serait  » autre « . La conscience est altérée alors que Paramatman est non altéré et rien ne l‘affecte.

 

Quand le Paramatman pur se transforme en un  » je  » particulier imprégné d’ego et que l’on échoue à comprendre que le monde matériel dans sa totalité, est illusoire, alors l’ego persiste, et l’on reprendra naissance. L’ego est responsable de votre naissance, c’est lui, le  » je « , qui prend naissance. Vous prenez un corps et le cycle du désir et de la peur, du  » je  » et du  » mien  » recommence. Bien que le corps soit impur, Rama le Seigneur réside en lui, car il est omniprésent ; il se trouve donc aussi dans l’impur [c’est le corps plein de désirs et de peurs que l’on appelle ici " impur "]. Vous ne trouverez la paix et n’atteindrez la connaissance qu’une fois débarrassé du désir et de la peur. Autrefois, à l’automne de leur vie, les gens se retiraient de l’activité du monde profane et s’isolaient dans la forêt pour trouver la paix. Isolez-vous avant qu’il ne soit trop tard, avant que la conscience en vous ne fasse le saut final ! L’aspirant doit toujours rester centré sur sa recherche, garder en lui l’étincelle vivante qui suffira à embraser le feu de la connaissance.
La connaissance :  » Je suis Brahman  » peut être atteinte, mais comment ? Méditez sur :  » Comment être Brahman ?  » Si vous y réfléchissez profondément, ce que vous trouverez sera vous-même, votre Soi. C’est un exercice qui vous sera grandement bénéfique. Le fait que vous vous soyez oublié est l’obstacle que vous devez surmonter par la réflexion et la méditation ; la connaissance s’ensuivra automatiquement.

 

Maintenant vous êtes transformé, le changement s’est opéré pour durer car vous êtes uni à jamais au Soi. Le mental n’existe que lorsqu’il y a changement, altération. Sans changement, pas de mental, ou plutôt, pas de mouvement, ou séparation, dans le mental. La connaissance est atteinte lorsque l’on a exploré et compris l’origine des êtres animés et inanimés. Elle est atteinte parce qu’en effet, cette origine réside dans la connaissance même. La connaissance est l’origine du monde, c’est une évidence en soi qui n’a besoin d’aucune preuve extérieure, mais vous ne pouvez l’acquérir que lorsque vous vous immergez totalement dans l’état naturel.

 

L’état naturel est le summum
Méditation et pratique viennent ensuite,
Vaine est l’adoration de l’idole et
Le pèlerinage est ce qu’il y a de plus bas.

 

Quand vous atteignez la connaissance, vous transcendez l’espace. Semblablement, une fois retrouvée l’origine, à la fois de l’être animé et de l’être inanimé, vous dépassez les limites de l’espace, vous n’êtes plus limité. Vous comprenez alors la nature de votre Soi, car vous-même possédez la forme de la connaissance du Soi. C’est grâce au Soi que vous pouvez connaître et différencier l’animé de l’inanimé.  » Dieu m’est redevable, à moi le Soi, de sa nature divine qui est ma propre expression. La pluie tient aussi sa propriété intrinsèque de moi, le Soi.  » Il est aussi ce qui anime le corps ; si votre jambe peut se mouvoir, c’est grâce à lui. Ainsi, le Soi est le tout puissant, il est Dieu. Celui en qui le Soi demeure, est investi du pouvoir absolu de qualifier et de mesurer tout ce qu’il perçoit. Il ne tient qu’à lui également de considérer ce qu’il voit comme vrai ou faux. S’il se concentre sur ce qui est irréel, il en sera profondément affecté, car le monde illusoire revêt un masque de Réalité, mais si au contraire, il se concentre sur ce qui est vrai, il se focalisera automatiquement sur le tout-puissant sans même le savoir et le rencontrera inévitablement.

 

Le tout-puissant demeure à l’intérieur
Si vous le cherchez ailleurs
Vous vous trompez de chemin
Vous vous égarez, dit Dnyanadeva

 

Il demeure dans le cœur de chacun, il est en tous. La vénération des idoles n’est un réconfort que pour l’ignorant. La plupart des aspirants s’en remettent à la méditation mais celui qui est mûr plonge sans hésitation en lui-même. Immergé dans son état naturel du  » je suis « , il demeure à jamais dans la félicité ! Le pèlerinage n’est qu’une consolation pour le pauvre des pauvres. Vénérer les idoles, c’est arracher la fleur vivante pour l’offrir à une image inerte ! Vous vénérez l’idole du seigneur Satya-Narayana [dieu créateur] mais vous ne comprenez pas qu’elle est irréelle, car l’idole est périssable. Le pèlerin est comme la rivière qui s’éloigne de sa source et se perd à jamais. La rivière coule à flots pour se perdre dans l’océan, son eau douce devient alors saumâtre et elle disparaît sans laisser trace. Si comme la rivière vous vous éloignez de votre état originel dans la recherche effrénée de la gratification de vos désirs, vous serez emporté et voué à la ruine. Quand vous retournez à votre origine, la connaissance que vous atteignez est la véritable connaissance du Brahman. Pour acquérir cette dernière, vous devez tout d’abord abandonner toutes les mauvaises habitudes et les tendances que vous avez accumulées aux pieds du Maître. Vous les verrez alors s’étioler pour disparaître. Mais vous ne voulez pas vous connaître ! Vous n’essayez jamais de vous voir, vous voulez voir le monde phénoménal [jagat]. Jagat signifie aussi ce qui est terminé, passé. Arrêtez de revenir sans cesse sur le passé. Vous êtes tellement occupés à regarder le monde et à revivre le passé que vous en oubliez totalement le présent. Concentrez-vous sur le présent, c’est tout ce qui importe. Tournez le dos au passé et n’anticipez pas plus le futur . Vous n’avez prise ni sur le passé ni sur le futur.

 

Les Pandavas et leurs cousins les Kauravas se disputaient la couronne. Une profonde animosité régnait entre eux. À dessein les Kauravas entraînèrent leurs cousins dans l’enceinte d’une maison qu’ils incendièrent. Les Pandavas ne durent leur salut qu’à l’habileté de l’un des leurs, Bhimasena, le fils du vent [vayu]. Comme les Pandavas, vous avez été entraîné dans l’illusion du monde et vous êtes piégé dans ses labyrinthes. Hanté par le passé ou dans la crainte du futur, vous vous retrouvez prisonnier des filets de l’illusion. S’échapper étant impossible, vous êtes condamnés à mourir. Votre seul recours maintenant c’est le Maître, il est le rédempteur. Ses seuls conseils vous mettent hors de danger.

 

La compréhension de Soi-même rend omniscient et éternel. Alors seulement, on connaît la création de l’univers, son équilibre et sa destruction. Nous comprenons le tout, car nous sommes la connaissance même. Nous observons que nous sommes la manifestation de la connaissance. Quand notre être profond, notre existence, brille de la connaissance, notre suffisance vole en éclats. Le sens aigu de notre importance est réduit à néant.

 

Au temple nous tournons autour de la statue de Shiva [le dieu de la destruction et de la dissolution] dans l’intention de plaire à la déité et de nous élever jusqu’à elle pour parvenir à l’état de Shiva. Dans le sens des aiguilles d’une montre, nous faisons tout d’abord la moitié d’un tour, puis nous revenons sur nos pas jusqu’à notre position initiale, puis nous reprenons dans le même sens jusqu’à ce que l’autre moitié soit parcourue. Enfin, nous revenons encore à la position initiale. Ceci est bien entendu symbolique : parcourir la moitié d’un cercle dans le sens des aiguilles d’une montre signifie œuvrer dans le but d’atteindre la connaissance. Mais au final, cette connaissance aussi doit être éliminée de manière à ce que l’ego ne puisse pas resurgir, voilà la signification du parcours de la deuxième moitié dans le sens inverse. Le tour complet de Dieu signifie que la créature mortelle est transfigurée en Shiva immortel.

 

Dans la pratique, le Maître explique tout, mais vous devez vous abandonner à lui. Acceptez et pratiquez ce qu’il vous dit, la connaissance de Soi s’ensuivra automatiquement. Cette connaissance possèdera encore malgré tout des réminiscences d’ego qu’il conviendra d’éliminer complètement. Seulement ceci une fois accomplit, vous êtes transfiguré en Shiva, l’immortel.

 

Le soleil ne sait pas quelle heure il est, si c’est le matin, l’après-midi ou le soir, il ne sait même pas ce qu’est un jour. C’est nous qui l’avons décidé, de plus nous l’avons déterminé en fonction de notre tête ! Midi est le moment de la journée où le soleil est juste au-dessus d‘elle. Mais le soleil n’est pas limité par le temps, tout comme le Brahman [l’Absolu immuable et éternel] n’est pas limité par l’espace. Le Brahman ne peut être défini en termes d’espace, il n’appartient à aucun lieu en particulier, il est omniprésent. Il est plus petit que la plus petite des choses et plus grand que la plus grande ! Il est parfait et se suffit à lui-même, mais ce que vous êtes réellement est antérieur à Brahman et le dépasse infiniment.

 

 » La créature mortelle qui appartient au monde est une partie de moi, le Soi immortel.  » [Bhagavad Gîta]  » C’est parce que je suis, que le mortel existe, il m’est redevable, à moi, le Soi, de tous ses pouvoirs.  » L’impulsion de son pouvoir limité vient du pouvoir illimité du Soi. D’où la mangue tient-elle ce goût si suave si ce n’est du Soi ? Dès que vous comprenez et expérimentez que vous êtes le Soi, le sentiment d’être ceci ou cela s’évanouit totalement.
Le Soi est altéré lorsqu’il revêt la forme mortelle. Les premiers pas sur le chemin spirituel débutent par la répétition du Naam mantra que donne le Maître.
Au sens littéral, naam signifie : je [l’ego] ne suis pas. Le Maître nous donne un mantra tout en nous expliquant :  » Je n’existe pas.  » De cette source jaillira la vérité ultime.

 

L’origine des Écritures sacrées des Védas n’est pas humaine ; elles ont été directement révélées par l’Être suprême, Brahman. On les appelle Shruti :
 » Ce qui est entendu.  » Sarasvati est la déesse de l’apprentissage du savoir, elle est la mère des Veda. C’est pour cela qu’on lui rend grâce avant d’entamer toute étude spirituelle. Vous devez lui rendre hommage en la vénérant pour bien entamer votre étude, car rappelez-vous que ce qui est bien commencé est déjà à moitié accompli ! Vénérez, en vous transformant vous-même en l’objet de votre vénération. Y a-t-il meilleure façon de vénérer la mère des Védas que d’écouter et d’entendre la parole du Maître ?

 

Grâce est enfin rendue à Sarasvati, la déesse de la connaissance, lorsque le disciple ayant atteint la réalisation de Soi, commence lui-même à dispenser cette connaissance. Mais pour cela, il doit d’abord avoir entendu et mis en pratique l’enseignement du Maître. C’est la seule façon d’apprendre que le seul et unique embrasse l’univers entier. Qui est le véritable dévot de la déesse Sarasvati ? C’est celui qui est tout ouïe, totalement absorbé dans l’écoute du sermon. Ce qui est entendu ne s’enracinera en lui que de cette façon. Le Maître n’est satisfait que lorsque vous mettez en pratique ce qu’il vous a enseigné.

 

Les quatre corps [manifestations] du Maître que le disciple perçoit et expérimente sont les suivants : Le premier est le corps physique visible du Maître, le deuxième corps est l’expérience et les fruits que le disciple retire de la pratique de la méditation du mantra. Le troisième est la capacité à voir par lui-même si les signes de ce qu’il a acquis, alors que l’enseignement du Maître grandit en lui, coïncident avec ceux du Maître. Le quatrième corps du Maître est la connaissance qu’acquiert enfin le disciple. Le Maître est le seul qui peut l’aider à traverser et à surmonter les deux phases de la vie  celle du monde et celle du chemin spirituel. Votre unique refuge est aux pieds du Maître, il est votre base. Le mantra et son enseignement sont les véritables  » pieds du Maître « . Dans le monde spirituel, seules existent deux entités : le Maître, qui est la connaissance incarnée et le disciple, qui, étant aveugle et ignorant, ne peut agir que sur les indications du Maître. Le Maître l’élève jusqu’à lui en l’aidant à assimiler la connaissance qu’il dispense. On doit donc écouter la parole spirituelle, méditer et réaliser l’unité avec le Soi. Tout ceci est dit dans le but d’inciter l’être ignorant à emprunter le chemin du disciple.

 

Ne dites pas :  » Je suis le corps « , mais dites plutôt :  » Je vis dans le corps.  » Le propos de cet exposé est d’aider l’ignorant qui pense :  » Je suis
le corps « , à se libérer. Bien que vous soyez le Soi, vous persistez à croire que vous êtes cette petite créature, d’où l’émergence de la conscience du corps. C’est pour vous convaincre que vous n’êtes pas seulement un corps, que je vous parle et je vous conseille, la connaissance du Soi m’inspire à vous délivrer ce message.

 

Si le Soi n’illumine pas l’intelligence de l’homme, ce dernier reste dans l’ignorance. D’abord, la conscience interne prend forme, et c’est ensuite que l’impulsion de la parole surgit. Cette conscience interne est la fontaine de la connaissance. L’impulsion première de la parole y demeure sous une forme subtile, ensuite elle surgit du nombril pour se manifester. Un concept jaillit dans la conscience et l’impulsion de la parole, issue de l’état latent, assume maintenant une forme plus définie. Puis elle progresse vers le cœur et sa forme se précise, mais elle n’est toutefois pas encore audible. À ce stade on l’appelle Pashyanti [un son qui se développe en direction du visible]. Au stade suivant, le concept se transforme en conviction, et parallèlement la parole s’élève jusque dans la gorge et le son devient audible mais pas encore articulé. Ce murmure est nommé Madhyama. C’est l’articulation ténue du concept.
Tandis que la conviction prend forme et se manifeste, le monde illusoire surgit simultanément. Maintenant la parole atteint les lèvres, elle est entièrement formée et son expression parfaitement audible. À ce stade, elle est Vaikhari.

 

Le véritable dévot est celui qui s’immerge totalement en Dieu, la séparation entre le  » je  » et le  » vous  » est illusion. Si vous rencontrez le guide qui vous dévoile la nature éphémère et futile du désir pour les choses du monde, vous réaliserez que l’existence mondaine est sans valeur. Vous serez alors détaché. Qu’est-ce que le détachement ? C’est le sentiment que tout, du plus insignifiant comme une brindille d’herbe par exemple, jusqu’au créateur lui-même, le seigneur Brahma, est irréel.

 

Vénérez le Soi comme la femme dévouée vénère son mari. Ne vénérez rien ni personne d’autre ou cela vous conduira à l’infidélité et votre vénération sera feinte. Le septique se demande toujours comment le divin Brahman pourrait-il être identique à l’individu limité et mortel. L’ignorant en proie à ces doutes finit par conclure qu’il est impossible que le Brahman s’avilisse en devenant une créature mortelle. Pour corriger cette notion erronée, vous devez écouter attentivement la parole spirituelle et y réfléchir profondément. Votre intérêt pour la parole du Maître doit être si intense que cela en devient une obsession et votre pratique doit également être soutenue. C’est alors seulement que l’expérience suivra. Le Maître opère un changement radical, une transformation incroyable de notre condition misérable de mortel [jiva] en Shiva immortel. Il nous élève à un état supérieur. Comme vous avez oublié votre véritable nature, vous êtes affligé d’une maladie : la maladie de l’existence mondaine.

 

SIDDHARAMESHWAR Maharaj (1888-1936).

 

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Une réponse à “Je ne suis pas le corps, Siddharameshwar Maharaj”

  1. unpeudetao dit :

     » La compréhension de soi-même rend omniscient et éternel.  »

    IDDHARAMESHWAR Maharaj est né en 1888 à Pathri, un petit village du district de Sholapur dans l’état du Maharashtra, en Inde. Il a réalisé le Soi à travers la voie de la méditation enseignée par son Maître Bausaheb Maharaj.

    La méditation est un chemin long et difficile que l’on nomme  » le chemin de la fourmi  » [pilpilya marg] dans la philosophie hindoue. Siddharameshwar Maharaj enseigna plus tard  » le chemin de l’oiseau  » [vihanga marg], c’est à dire le chemin de la connaissance, de la compréhension ; c’est la voie directe de la réalisation du Soi. Une fourmi peut mourir en chemin avant d’atteindre la cime de l’arbre alors que l’oiseau vole de branche en branche avec grande d’aisance.

    Bien qu’il enseignait aussi les principes de la non-dualité [Advaita Vedanta], Siddharameshwar Maharaj s’est distingué de l’enseignement classique en bien des domaines. En effet, il insistait sur le fait que le Maître doit dévoiler le but ultime sans attendre que le disciple ait franchi un certain nombre d’étapes sur la voie de la connaissance de Soi, comme le préconisent certaines méthodes traditionnelles. L’enseignement classique pose en effet pour condition première le renoncement au monde alors que pour Siddharameshwar Maharaj il est nécessaire de comprendre avant de renoncer. Le renoncement sans la compréhension n’a aucune valeur. Il devient possible pour le disciple, quand par la compréhension, il peut discerner l’essence de l’apparence. Mais Siddharameshwar Maharaj nous dit que le renoncement est encore du domaine de l’ego, aussi demandait-il ensuite à ses disciples de renoncer au renoncement. L’origine du monde est le zéro et sa fin également, alors puisque ce n’est rien, à quoi renonce-t-on ? Le disciple retourne alors dans le monde, mais en sachant que tout n’est qu’illusion. La source de la conscience ou connaissance [sat-chit-ananda] est encore une illusion, la Réalité est au-delà de l’ignorance et de la connaissance.

    Enfin, Siddharameshwar Maharaj utilisait un langage simple et clair, dénué de concepts philosophiques compliqués. Grâce à cette simplicité, il a rendu la Réalité accessible à tous sans distinction, puisque nous sommes tous Elle. Où est donc la difficulté et combien de temps cela prend-t-il pour accomplir ce que nous sommes déjà ? Il n’y a ni temps ni espace entre nous et nous-même.

    Siddharameshwar Maharaj était un Maître d’une envergure exceptionnelle qui a donné la compréhension ultime à de nombreux disciples, dont Ranjit Maharaj et Nisargadatta Maharaj, avant de quitter son corps à l’âge de 48 ans en 1936.

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