• Accueil
  • > Jubilus de nomine Jesu, saint BERNARD DE CLAIRVAUX

9 avril, 2012

Jubilus de nomine Jesu, saint BERNARD DE CLAIRVAUX

Classé dans : — unpeudetao @ 10:08

 

De Jésus, le seul souvenir
Si doux, met au coeur la vraie joie :
Mais plus douce encore que miel,
Plus que tout, douce est sa présence.

 

Rien à chanter de plus suave.
Rien qui sonne de plus joyeux,
Rien à méditer de plus tendre
Que lui, Jésus le Fils de Dieu.

 

Jésus, espoir des repentants,
Pitoyable à toute demande,
Toi si bon pour ceux qui te cherchent
Que sera-ce à qui te découvre !

 

Ô Jésus, douceur de nos coeurs,
Eau vive, lumière des âmes,
Toi qui surpasses toutes joies,
Toi l’Au delà de tout désir.

 

La parole ne peut le dire,
Ni l’écriture le traduire ;
Seul le croit qui put l’éprouver,
Ce que c’est, Jésus, de t’aimer.

 

Partout, je chercherai Jésus,
Dans la foule, ou seul au repos ;
Dans le secret d’un coeur, bien clos,
Mon amour le cherche assidu.

 

Avec Marie, avant l’aurore,
J’irai le chercher au sépulcre,
Criant la plainte de mon coeur.
Cherchant d’esprit et non des yeux,

 

Mes pleurs arroseront sa tombe,
Mes sanglots rempliront l’espace.
À ses pieds je me jetterai
Les tenant bien fort embrassés.

 

Jésus, roi sublime, admirable,
Triomphateur plein de noblesse,
J’aspire, douceur ineffable,
À te posséder tout entier.

 

Ah ! demeure avec nous, Seigneur,
Nous illuminant à ta flamme.
Chasse la brume de nos âmes,
Remplis le monde de douceur.

 

Quand tu visites notre coeur,
Alors la vérité l’éclaire.
Vide et pauvre apparaît le monde,
Tandis qu’en nous flambe l’amour.

 

Si doux est l’amour de Jésus,
Et si parfaitement suave !
Et mille fois plus ravissant
Qu’il est possible de le dire !

 

Preuve en est faite en sa Passion,
Preuve en l’effusion de son sang,
Qui nous obtient la Rédemption,
Dieu lui-même à contempler.

 

Vous tous, reconnaissez Jésus :
Venez demander son amour ;
Par votre quête passionnée,
Vous vous enflammerez pour lui.

 

À celui qui nous aime ainsi,
Rendez donc amour pour amour ;
Courez, séduits par son parfum,
Que vos voeux répondent aux siens.

 

Jésus, auteur de la bonté,
Gage pour nous de toute joie,
Source de douceur et de grâce,
Vrai délice de notre coeur,

 

Mon bon Jésus, fais que je sente
Ton amour en sa plénitude.
Accorde-moi par ta présence
De pouvoir contempler ta gloire.

 

De toi, je ne puis bien parler,
Et pourtant pourrais-je me taire ?
Ton amour me permet d’oser
Puisque toi seul me rends joyeux.

 

C’est ton amour à toi, Jésus,
Qui suavement nourrit l’âme ;
N’apportant jamais de dégoût,
Il nous affame de désir.

 

Ceux qui te goûtent ont faim de toi,
Ceux qui te boivent ont encore soif ;
Ils ne savent plus désirer
Que toi, Jésus, leur bien-aimé.

 

Ton amour enivrant fait voir
Combien Jésus est savoureux.
Heureux celui qu’il rassasie !
Son désir ne cherche rien d’autre.

 

Ô Jésus, beauté angélique,
À nos oreilles doux cantique,
Dans notre bouche, miel exquis,
Pour nos coeurs, céleste breuvage.

 

Vois l’infini de mon désir !
Mon Jésus, quand vas-tu venir ?
Pour quand la joie, pour quand la grâce
De me rassasier de ta face ?

 

Car ton amour est sans relâche.
D’amour je défaille sans cesse ;
C’est un fruit à saveur de miel
Qui reste toujours vivifiant ;

 

Jésus, souveraine douceur,
Joie merveilleuse de mon coeur,
Incompréhensible bonté,
Étreins-moi de ta charité !

 

Mon bonheur, c’est aimer Jésus
Et ne rien chercher au delà,
Mourir entièrement à moi,
Afin de vivre pour lui seul.

 

C’est vers toi, mon très doux Jésus,
Qu’espère en soupirant mon âme ;
Mes larmes d’amour te réclament
Et le cri du fond de mon coeur.

 

Ou que je puisse me trouver,
Je veux mon Jésus avec moi
Quelle joie à le découvrir,
Quel délice à le posséder !

 

Ce sont alors embrassements !
Ce sont baisers plus doux que miel !
Et fusion bienheureuse au Christ !
Mais que la durée en est brève !

 

Ce que j’ai cherché, je le vois,
Je tiens ce que j’ai convoité ;
Son amour me fait défaillir,
Mon coeur en est tout incendié.

 

Et lorsqu’on aime ainsi Jésus,
Cet amour-là ne s’éteint plus ;
Il ne tiédit pas, ne meurt pas,
Sans cesse il grandit et s’embrase.

 

Cet amour, ce feu continu,
Est d’une douceur admirable ;
La saveur en est délicieuse,
Que ce délice rend heureux !

 

Cet amour envoyé du ciel
Adhère à la moelle des os,
Ravage l’âme de son feu,
Et comble l’esprit de délices.

 

Ô quel incendie de bonheur !
Ardeur brûlante du désir !
Ô le doux rafraîchissement
Que notre amour du Fils de Dieu !

 

Jésus, fleur d’une mère vierge,
Ô toi qu’il nous est doux d’aimer,
Que gloire soit à ta puissance !
Étends ton règne de bonheur.

 

Viens, viens donc ; Roi très bon, ô Père
Dont la gloire n’a pas de mesure.
Avive en brillant, ta lumière :
Je T’ai déjà trop attendu !

 

Jésus, plus clair que le soleil,
Et plus suave que le baume,
Doux par-delà toute douceur,
Tu dépasses toute tendresse.

 

Toi dont le goût est si prenant
Dont l’odeur est si tonifiante,
En toi tout mon esprit défaille,
Toi seul suffis au coeur aimant.

 

Toi, l’enchantement de l’esprit,
En toi seul s’achève l’amour,
Mon titre de gloire est en toi,
Comme en toi le salut du monde.

 

Retourne donc mon bien-aimé
Posséder la droite du Père ;
Heureux vainqueur de l’ennemi,
Jouis, au ciel, de ton royaume.

 

Où que tu ailles, je suivrai,
Tu ne peux plus m’être arraché ;
N’as-tu pas emporté mon coeur,
Jésus, gloire de notre race ?

 

Habitants des cieux, accourez,
Pour faire surhausser vos portes ;
Clamez à celui qui triomphe :
« Salut, Jésus, ô roi illustre. »

 

Roi très puissant, roi glorieux,
Roi victorieux et magnifique,
Jésus qui prodigues la grâce !
Honneur de l’assemblée céleste.

 

Fontaine de miséricorde,
Lumière de la vraie patrie,
Chasse les ombres de tristesse,
Nous donnant l’éclat de ta gloire.

 

Célébré par le choeur céleste
Répétant sans fin ses louanges,
Jésus réjouit l’univers
Et nous met en paix avec Dieu.

 

Jésus commande dans la paix
Qui dépasse tout sentiment,
Vers elle mon esprit soupire,
Hâté d’en jouir à son tour.

 

Jésus a donc rejoint son Père,
Gravi le royaume des cieux ;
Loin de moi mon coeur est passé,
Après Jésus s’en est allé.

 

Accompagnons-Le de louanges,
De voeux, d’hymnes et de prières,
Pour qu’il nous donne de jouir,
Avec lui du séjour céleste. Amen.

 

saint BERNARD DE CLAIRVAUX (1091-1153).

 

*****************************************************

 

http://unpeudetao.unblog.fr

 

 

Une réponse à “Jubilus de nomine Jesu, saint BERNARD DE CLAIRVAUX”

  1. unpeudetao dit :

    Saint Bernard
    (1091-1153).

    Saint Bernard, le prodige de son siècle, naquit au château de Fontaines, près de Dijon, d’une famille distinguée par sa noblesse et par sa piété, et fut, dès sa naissance, consacré au Seigneur par sa mère, qui avait eu en songe le pressentiment de sa sainteté future. Une nuit de Noël, Bernard, tout jeune encore, assistait à la Messe de Noël; il s’endormit, et, pendant son sommeil, il vit clairement sous ses yeux la scène ineffable de Bethléem, et contempla Jésus entre les bras de Marie.

    A dix-neuf ans, malgré les instances de sa famille, il obéit à l’appel de Dieu, qui le voulait dans l’Ordre de Citeaux ; mais il n’y entra pas seul; il décida six de ses frères et vingt-quatre autres gentilshommes à le suivre. L’exemple de cette illustre jeunesse et l’accroissement de ferveur qui en résulta pour le couvent suscitèrent tant d’autres vocations, qu’on se vit obligé de faire de nouveaux établissements. Bernard fut le chef de la colonie qu’on envoya fonder à Clairvaux un monastère qui devint célèbre et fut la source de cent soixante fondations, du vivant même du Saint.

    Chaque jour, pour animer sa ferveur, il avait sur les lèvres ces mots: « Bernard, qu’es-tu venu faire ici? » Il y répondait à chaque fois par des élans nouveaux.
    Il réprimait ses sens au point qu’il semblait n’être plus de la terre ; voyant, il ne regardait point, entendant, il n’écoutait point ; goûtant, il ne savourait point. C’est ainsi qu’après avoir passé un an dans la chambre des novices, il ne savait si le plafond était lambrissé ou non ; côtoyant un lac, il ne s’en aperçut même pas; un jour, il but de l’huile pour de l’eau, sans se douter de rien.

    Bernard avait laissé, au château de sa famille, Nivard, le plus jeune de ses frères: « Adieu, cher petit frère, lui avait-il dit; nous t’abandonnons tout notre héritage. ? Oui, je comprends, avait répondu l’enfant, vous prenez le Ciel et vous me laissez la terre; le partage n’est pas juste. » Plus tard, Nivard vint avec son vieux père rejoindre Bernard au monastère de Clairvaux.

    Le Saint n’avait point étudié dans le monde; mais l’école de l’oraison suffit à faire de lui un grand Docteur, admirable par son éloquence, par la science et la suavité de ses écrits. Il fut le conseiller des évêques, l’ami des Papes, l’oracle de son temps. Mais sa principale gloire, entre tant d’autres, semble être sa dévotion incomparable envers la très Sainte Vierge.

    (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.)

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose