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1 novembre, 2013

L’homme qui se mettait facilement en colère (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 18:03

Un homme qui s’emportait facilement se rendit compte, après bien des années, que cette tendance n’avait cessé de lui créer des difficultés.

 

Ayant entendu parler d’un derviche de grand savoir, il lui rendit visite et demanda conseil.

 

« Rends-toi au carrefour, à l’extérieur de la ville, dit le derviche. Tu y trouveras un arbre desséché. Installe-toi sous cet arbre et offre de l’eau aux voyageurs qui passeront par là. »

 

L’homme irascible fit ce que le derviche lui avait dit.
Les jours succédèrent aux jours.
On parlait de lui désormais comme d’un ascète qui pratiquait la charité et la maîtrise de soi sous la conduite d’un homme de connaissance.

 

Un jour, un voyageur pressé détourna la tête quand il s’entendit offrir de l’eau, et poursuivit son chemin.
L’homme qui se mettait facilement en colère le héla à plusieurs reprises :
« Viens, réponds à mon salut !
Prends de cette eau que j’offre à tout voyageur qui passe par là ! »
Le voyageur ne répondit pas.

 

Saisi d’étonnement et d’indignation, l’homme irascible oublia complètement la règle de conduite qu’il s’était imposée.
Il tendit le bras pour prendre son fusil accroché à l’arbre desséché, le braqua sur le voyageur entêté, et tira.
Ce dernier tomba raide mort.
Au moment même où la balle pénétra dans son corps, l’arbre desséché, comme par miracle, s’épanouit soudain et se couvrit de fleurs.
Le voyageur que l’homme irascible venait de tuer était un assassin qui s’en allait commettre le pire de tous les crimes qu’il ait jamais commis.

 

Il y a deux sortes de conseillers.
Les premiers disent ce qu’il convient de faire, en se fondant sur des principes arrêtés, assénés mécaniquement.
Les seconds sont les hommes de connaissance.
Certains attendent d’un homme de connaissance qu’il tienne un discours moralisateur. Mais il n’est pas un moraliste.
Il sert la Vérité : il n’exauce pas les voeux pieux.

 

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Une réponse à “L’homme qui se mettait facilement en colère (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    On dit que le maître derviche de l’histoire n’est autre que Najmudin Kubra. Il fonda l’Ordre kubravi (la « grande Confrérie »). Il y a des ressemblances entre l’Ordre fondé par Najmudin et celui que créa, plus tard, saint François. Comme le saint d’Assise, Najmudin passait pour exercer un étrange pouvoir sur les animaux.
    Najmudin Kubra était au nombre des six cent mille personnes qui périrent quand Khwarizm (Asie centrale) fut détruite, en 1221. Il est écrit que le grand Mongol, Genghis Khan, connaissant sa réputation, offrit de l’épargner s’il se rendait ; mais Najmudin resta avec les défenseurs de la ville, et son corps fut par la suite identifié parmi les victimes.
    Ayant prévu la catastrophe, il avait envoyé ses disciples en lieu sûr quelque temps avant l’arrivée des hordes mongoles.

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