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10 juin, 2015

La chrysalide et le papillon, Henrico BARDI

Classé dans : — unpeudetao @ 16:35

Je ne pleure plus, je ne pleure pas. Je regarde ta forme immobile, tes lèvres fermées, violâtres, tes yeux pleins d’une ombre étrange, tes mains blanches en croix sur ta poitrine, la pâleur froide de ton visage. Je regarde ton corps de marbre. Ce n’est plus toi ! Ce n’est pas toi ! Mais où es-tu mon joli trésor ? Où es-tu, ma joyeuse amie ? Je ne pleure plus, mais toute mon âme frappe à la porte muette du mystère. Je veux savoir, Je veux savoir où es-tu !.. Et voilà : la porte s’ouvre ! Je regarde toujours.. Je vois, je vois ! Oh, ma petite, ma douce créature ! Le papillon frétille dans l’enveloppe glacée. L’une après l’autre toutes les cellules rendent au cerveau les énergies qu’elles ont reçues : le sang se fige, les muscles se raidissent, les souvenirs, étincelles de la pensée, rendent leurs dernières bluettes. C’est une formidable force que le cerveau reprend. Cette âme, cette énergie intelligente du corps se concentre, et, d’un dernier effort elle brise la prison inerte. Le mystère de la chrysalide s’accomplit Le papillon aux couleurs rayonnantes sort de sa gaine et s’échappe dans l’azur vers sa vie lumineuse. Te voilà, ma bien-aimée, souriante comme toujours, dans l’éblouissante splendeur de l’éternel bonheur ! Ton enveloppe éphémère à la terre, ton âme immortelle à Dieu.

 

Henrico BARDI (XXe siècle).

 

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