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28 août, 2014

La fête de ma mère, Élise MOREAU

Classé dans : — unpeudetao @ 14:53

S’il est sur cette terre Un éclair de bonheur, Un rayon salutaire Qui caresse le cœur, Une lueur amie Dans l’ombre de nos jours, Ces flots de poésie Qui murmurent toujours ; S’il est des églantines Qui ne se fanent pas, Des roses sans épines Aux buissons d’ici-bas ; Dans notre coupe amère S’il est un peu de miel ; Si l’eau qui désaltère Pour nous tombe du ciel ; Je crois que les prières Qui nous valent ces biens Sont celles de nos mères, Ces bons anges gardiens !.. Je crois que leur voix sainte Monte au plus haut des cieux, Comme une chaste plainte, Comme un encens pieux. Si notre frêle enfance Ignore les douleurs, Si la douce espérance La couvre de ses fleurs, Ce sont toujours nos mères Qui font nos fronts sereins, Nos larmes éphémères, Nos heures sans chagrins. Ah ! que notre tendresse S’accroisse chaque jour ! Chérissons-les sans cesse, Entourons-les d’amour ! Puis, lorsque de leur fête Vient le mois adoré, Si notre âme est poète, Prenons le luth doré, Et disons-leur : Ma mère, Le bonheur sur ton sein N’est point la fleur légère Qui meurt dès le matin ; C’est hi divine flamme, Le soleil bienfaisant Qu’au vrai cœur de la femme À mis le Tout-Puissant ! Sur ce triste rivage Tout est faux, rien n’est pur ; Toujours quelque nuage Du ciel corrompt l’azur ; Sous nos pas tout s’efface, Comme un vain bruit d’écho, Comme le flot qui passe, Remplacé par le flot ! Un gracieux sourire Cache un piège trompeur, La candeur qu’on admire Une âme sans pudeur ; Qui tout haut nous caresse, Veut nous trahir tout bas ; Ô mère ! ta tendresse Seule ne trompe pas.. Sur elle je m’appuie Comme un lis attristé Qui, demandant la pluie Durant un jour d’été, S’appuie au tronc du chêne Dont le feuillage ami La dérobe à l’haleine Des vents chauds du midi.. Ah ! lorsque la tempête Du séjour éthéré Grondera sur ma tête, Calme, je reviendrai, Comme dans mon enfance, Le front sur tes genoux, Invoquer l’espérance Et ses rêves si doux. Des peines de la vie Tu me consoleras, Tu berceras, amie, Mon sommeil dans tes bras ; Et moi, sur ta vieillesse Je sèmerai des fleurs, Des heures d’allégresse Et des jours sans douleurs..

 

Élise MOREAU (XIXe siècle).

 

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