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24 août, 2012

La fin du monde (Poésie grecque), Auteur anonyme (ORACLE SIBYLLIN)

Classé dans : — unpeudetao @ 15:44

Lorsque le Signe apparaîtra au-dessus de la création,
Lorsque les enfants avec des cheveux blancs naîtront,
Les hommes seront accablés sous la peste, la famine et la guerre,
Les sorts changeants, les destins où les larmes coulèrent.
Hélas ! que d’enfants pleureront à travers les nations,
Pleureront abandonnés par les leurs, et dans des manteaux les enseveliront,
Les coucheront au sein de la terre mère des races,
Tout mêlés de poussière et de sang, ô temps de disgrâce !

 

Hommes des derniers âges, ô malfaisants, ô violents,
Ô stupides, ô vous qui ne saurez pas, lorsque sera venu le temps
Où les femmes n’enfanteront plus, que ce sera l’été de la moisson terrestre.
Et la fin sera proche, lorsque viendront certains faux prophètes
Et qu’ils répandront leurs mensonges à travers les humains..
Malheur à vous, ô vous qui serez surpris ce jour-là le ventre plein,
À vous qui serez en train d’allaiter les petits enfants,
À vous qui serez sur mer à bord de vos bâtiments !
Malheur à vous qui contemplerez cette journée-là !
Car une immense nuit l’espace infini recouvrira,
Du levant du soleil au couchant et du midi au nord.
Et un immense fleuve de feu brûlant encore
S’écroulera des hauteurs du ciel et dévastera tous les lieux,
Et la terre, et l’immense océan, et la mer bleue,
Et les lacs, et les fleuves, et les sources, et le sombre pays des morts,
Et le pôle céleste. Et dans le ciel les astres encore
Se rejoindront, et s’uniront dans l’immense forme vide de l’éther.
Partout du ciel des étoiles tomberont dans la mer,
Et toutes les races humaines claqueront des dents.
Elles brûleront dans le fleuve, et dans le soufre, et dans le feu plein d’élan
Qui fera flamber sous eux le sol, et la cendre recouvrira l’univers.
Alors gésiront dans le vide les éléments de l’univers,
L’air, la terre, la mer, la lumière, les jours et les nuits, et le pôle.
L’air ne soutiendra plus les ailes des oiseaux dans leur vol.
Les poissons nageurs ne flotteront plus à travers les mers,
Les bâtiments chargés ne navigueront plus sur les mers,
Les bœufs ne traceront plus leurs sillons droits à travers les terres,
Le vent ne frémira plus à travers les arbres, mais tout l’univers créé
Se fondra en un, et se dissoudra dans la pureté.

 

Alors apparaîtront les immortels ministres du Dieu éternel,
Michel, Gabriel, Raphaël et Uriel.

 

Poésie grecque traduit par Robert BRASILLACH,
dans Anthologie de la poésie grecque.

 

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Une réponse à “La fin du monde (Poésie grecque), Auteur anonyme (ORACLE SIBYLLIN)”

  1. unpeudetao dit :

    Explications de Jean-Yves LELOUP du logion 111 des Évangiles de Thomas.

    Pour certains commentateurs, ce logion 111 serait le dernier. Il y est question de fin du monde (Apocalypse et Parousie) et de la connaissance de soi qui nous gai de libres, “sans crainte”, devant ce qui arrive ou doit arriver. Il est intéressant de tenir ensemble ces trois termes grecs : apocalypsis, parousia et gnosis, dans leur sens profond.

    Apocalypsis veut dire : révélation, dévoilement. Le jour de l’Apocalypse, c’est le jour de la Révélation et du Dévoilement de ce qui Est. Dans ce sens, nous avons tous des moments d’apocalypse, agréables ou désagréables, et ce terme n’est pas réservé à la fin du monde telle qu’on peut se l’imaginer. Il s’agit bien pourtant de la fin d’un monde, celui de nos représentations et de nos constructions mentales. Nous voyons les choses telles qu’elles sont, non telles que nous les imaginons ou les pensons. “Notre petit monde que nous nous sommes créé, s’écroule ; nous entrons dans le monde Réel.”
    “Les hommes endormis vivent chacun dans “leur” monde. Les Éveillés vivent ensemble dans le même monde.”
    Le Jour de l’Apocalypse, c’est aussi le jour où Dieu se révèle à nous tel qu’il Est.
    “Alors nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il Est”, nous dit la première Épître de saint Jean, pas tel que nous l’avons pensé ou imaginé, mais “tel qu’il Est”.
    Jour terrible ou jour de joie ? Nous verrons l’Amour et nous verrons combien nous avons peu aimé. Nous verrons que nous étions des vivants, issus du Vivant, et nous verrons combien nous avons peu joui de notre filiation divine. Nous verrons que nous étions lumière, issus de la Lumière et nous verrons tout ce temps perdu, passé à jouer avec les ombres.

    Le Jour de l’Apocalypse, du Dévoilement, c’est aussi le jour de la Parousie.
    Parousia, en grec, veut dire : Présence. Et ce terme ne doit pas non plus être réservé au “retour du Christ à la fin des temps” parce que déjà nous pouvons connaître des moments de parousie, des moments où Sa Présence se fait totale en nous. “Il remplit tout, ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi”, disait saint Paul.
    Un être saint, c’est quelqu’un qui est rempli de “l’Esprit”, qui est totalement habité par la Présence de l’Amour. Il incarne la fin du monde et la fin de l’homme, c’est-à-dire sa finalité, la Plénitude de Présence à laquelle nous sommes appelés.

    La gnose ou la connaissance de soi, c’est ce qui va permettre la Réalisation de l’Apocalypse et de la parousia. La connaissance de soi est, en effet, un processus de dévoilement, ou “d’apocalypse en apocalypse”, nous nous découvrons nous-mêmes tels que nous sommes.
    Dans cette nudité, la Présence, la parousia de l’Être peut alors se manifester. “Quand notre coupe est vidée de toutes ses immondices, elle peut alors être remplie de vin nouveau.”

    Apocalypsis, parousia et gnosis : cette triple démarche de transformation personnelle, c’est ce qui va permettre la transformation du monde. Hâter le “retour ou la manifestation du Christ, l’Avènement de Son Royaume”. C’est là une attitude réaliste : pour transformer le monde, il faut commencer par le seul lieu où notre action peut être réellement efficace, c’est-à-dire : nous-mêmes !
    On connaît à ce sujet l’histoire de cet homme qui, une nuit, rêva que Dieu lui demandait de sauver le monde. “Très bien, Seigneur”, répondit-il. Et le matin même, il décida de se mettre au travail. Il dut alors se poser la question : Par où vais-je commencer à sauver le monde ? Par mon pays, bien sûr. Mais par où vais-je commencer dans mon pays ? Dans ma propre ville, bien sûr. Mais dans la ville, par où vais-je commencer ? Dans ma propre maison, bien sûr. Et dans ma propre maison, par où vais-je commencer… par moi-même !
    L’articulation entre les trois termes, apocalypsis parousia et gnosis, est également bien montrée dans la première Épître de saint Jean : “Bien-aimés, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu (gnosis), et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation (parousia-apocalypsis), nous Lui serons semblables (gnosis-parousia) parce que nous Le verrons tel qu’IL EST (apocalypsis).

    Quiconque a cette Espérance en Lui se rend pur, comme celui-là est pur (gnosis)” (cf. I Jn 3/2-3).

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