7 mai, 2011

La flûte, Jean RICHEPIN

Classé dans : — unpeudetao @ 3:39

Je n’étais qu’une plante inutile, un roseau.
Aussi je végétais, si frêle, qu’un oiseau
En se posant sur moi pouvait briser ma vie.
Maintenant je suis flûte et l’on me porte envie.
Car un vieux vagabond, voyant que je pleurais,
Un matin en passant m’arracha du marais,
De mon coeur, qu’il vida, fit un tuyau sonore,
Le mit sécher un an, puis, le perçant encore,
Il y fixa la gamme avec huit trous égaux ;
Et depuis, quand sa lèvre aux souffles musicaux
Éveille les chansons au creux de mon silence,
Je tressaille, je vibre, et la note s’élance ;
Le chapelet des sons va s’égrenant dans l’air ;
On dirait le babil d’une source au flot clair ;
Et dans ce flot chantant qu’un vague écho répète
Je sais noyer le coeur de l’homme et de la bête.

 

Jean RICHEPIN (1849-1926).
Recueil : La chanson des gueux.

 

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Une réponse à “La flûte, Jean RICHEPIN”

  1. jean-guy barkan dit :

    j’ai mis en musique ce texte parmi 15 autres dans un album sorti en 76 chez RCA et un digipack CDSITE qu’on peut se procurer sur ébay (12eu franco )ou a mon adresse mail
    les arrangements /réalisation sont de JC.Dequeant
    egalement une mise en image de » la chanson des gueux  »
    que j’ai produite pour FR3 ( 52mn )

    « le poéte est le roi des gueux »

    j-guy BARKAN

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