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8 mai, 2012

La guerre contre l’ego (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 19:04

     
      Un soufi nommé Ayazi disait :
      J’ai participé à quatre-vingt-dix guerres, le corps nu, sans protection aucune. J’ai reçu ainsi de multiples blessures, coups de lance ou coups d’épée, espérant goûter la mort des martyrs mais aucune flèche ne m’a touché à un endroit vital. Ceci n’est qu’une question de chance et mon effort était vain. N’ayant pu goûter le bonheur du martyre, je me suis retiré dans une cellule. Or, un jour, j’entendis le bruit des tambours et compris alors que les soldats repartaient en guerre. J’ai senti comme une lamentation de tout mon être qui disait :
      « Voici venu le moment de combattre. Lève-toi et réalise tes voeux dans la guerre ! »
      Je lui répondis :
      « O ! maudit inconstant ! Dis-moi la vérité. Que caches-tu derrière cette fourberie ? Je sais bien qu’en toi, il n’y a aucun penchant pour le combat. Si tu ne me réponds pas pour de bon, je te ferai subir les affres de l’ascétisme ! »
      Et mon ego de répondre :
      « En ces lieux, il n’est de jour où tu ne me martyrises. Mon état est pire que celui de tes ennemis et nul n’en a connaissance ! Tu me tues par le manque de repos et de nourriture. Si je meurs au combat, alors au moins le peuple verra qui je suis !
      – Pauvre ego ! lui répondis-je. Tu n’es qu’un hypocrite. Tu n’es que vanité. Non seulement tu vis dans la calomnie, mais encore tu veux mourir dans la calomnie. »
      Et c’est ainsi que je me suis promis de ne plus jamais quitter cette cellule. Car tout ce que fait l’ego en pareille circonstance ne peut être qu’apparat. Pareil combat est le seul vrai combat. L’autre sorte n’est qu’un petit combat. Ce n’est certes pas là l’affaire de qui s’effraie d’une souris ! Notre homme était un soufi ainsi que celui de l’histoire précédente. Mais l’un meurt d’un coup d’épingle alors qu’aucune épée ne résiste à l’autre. Le premier a l’apparence d’un soufi mais il n’en a pas l’âme. C’est cette espèce-là qui ternit la réputation des soufis.

 

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L’histoire précédente ici :
http://unpeudetao.unblog.fr/contes-soufis/le-prisonnier/

 

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